‹ Paris-Salon (volume 3)Chapitre 14 sur 59 · LA CIGALE · texte numérisé non relu

LA CIGALE

âmes BERTRAND est un délicat, dont je cherche les œuvres à toutes les expositions avec un véritable empressement. Comme tous les délicats, il a le sentiment, le goût et le culte de la femme ; mais il l'aime surtout au printemps de la vie, et dans la prime fleur de ses belles années. Je comprends cela. Nous lui devons des types de jeune fille véritablement exquis, et je ne pense point que nos lecteurs aient oublié ni sa Marguerite, dans la prison où elle attend la mort, ni la pure et chaste Virginie,

James bertuand

roulée par la vague marine, jusqu'au rivage où l'attend l'amour.

C'est une sœur de ces charmantes que nous donnons aujourd'hui à nos lecteurs, dans la personne de cette jolie créature, véritable cigale sans ai)es, mais non pas sans chansons, que le peintre, avec une fantaisie digne d'un poète, nous montre perchée dans un arbre, sa guitare à la main, prête à donner une sérénade aux rossignols. Le type est bizarre, à coup sûr, et cette piquante physionomie, qui fait songer à une chèvre changée en femme, et se souvenant de son premier état, curieuse comme une fille d'Eve, coureuse d'aventures comme une joueuse de flûte échappée de la troupe d'un théâtre antique, vous captive et vous surprend, et, tout en vous séduisant, vous inquiète. On ne l'épousera qu'après le rétablissement du divorce!

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