UN AGNEAU PARMI LES LOUPS
OSÉ FRAPPA occupe dans la Peintura une situation qui n'est pas sans analogie avec celle de M. Ferdinand Fabro dans la Littérature. Il s'est fait une spécialité du monde clérical dans toutes ses variétés, et il lui reste fidèle comme s'il avait prononcé ses vœux. Il ne tient pas le moindre compte des décrets d'expulsion, et son plus grand bonheur est toujours de mettre dans ses tableaux des moines et des curés.
VojTez plutôt la piquante fantaisie que reproduit notre Paris-Salon.
JOSi: FHAPPA
C'est une scène rie jeu, dans laquelle on voit un jeune pigeon, à peine échappé du colombier paternel, et qui vient se faire plumer par des ruffians, à la table d'un lansquenet suspect. Vous vous demandez, sans doute, ce que les moines peuvent bien avoir à faire dans ce mauvais monde, où ils ne sont pas absolument à leur place.
M. Frappa, ni vous, ni moi, n'en savons rien. En voici deux, pourtant, que j'aperçois dans son tableau i l'un qui prend au coup de partie un intérêt beaucoup trop vif; l'autre qui ne se détourne des cartes que pour jeter une œillade assassine à la jolie fille qui sort par la porte du fond, et s'avance crânement vers le spectateur. Décidément, M. Frappa est destiné à mourir dans l'impénitence finale.
Beaucoup d'esprit, d'ailleurs, dans ces amusantes drôleries, traitées avec une verve malicieuse, et qui font sourire comme un fabliau du moyen âge , mais dont la malice est sans danger, et qui n'exciteront jamais Jacques Bonhomme à courir sus au froc ou à la soutane. Ces tableaux-là sont moins perfides, <e vous en donne mon billet, qu'un pamphlet de l'acre Paul-Louis Courier, ou qu'une chanson cauteleuse dece faux bonhomme qui s'appelait Béranger.
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