LE CERF FORCÉ
A peinture, comme toutes les productions du génie humain, subit, elle aussi, les caprices de la mode, et le public, ce grand enfant, s'attache tantôt à une chose, tantôt à une autre, sans être bien capable de donner la raison de ses préférences, qui sont trop souvent des engouements.
A l'heure où nous écrivons, il est certain que les peintres qui se vouent à la peinture des animaux sont très bien vus par les hommes. Jamais nous n'avions rencontré tant de bêtes au Salon.
DE GESNE
M. de Gesne est un des membres les plus éminents de la Société des animaliers français. C'est
qu'en effet M. de Gesne connaît mieux que pas un, es personnages dont il s'est fait le peintre ordinaire. Je le soupçonne d'avoir quelque grand veneur dans sa lignée ascendante, tant il fait preuve de certitude et de savoir dans tout ce qui touche les nobles déduits de la chasse.
Voyez plutôt le tableau que reproduit le Paris- Salon, et que l'artiste intitule le Cerf forcé.
L'animal est aux abois, épuisé, haletant, vanné, n'en pouvant plus; il s'approche d'un étang; il va baiser /'eaw,comme disent les disciples du grand saint Hubert dans leur langue imagée : mais l'eau, en ce moment, c'est sa mort; la meute aux instincts cruels le devine; elle est là, ardente sur la piste, attendant l'heure de la curée chaude. Tout cela est juste, bien vu, bien rendu.
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