GUILLEMET
et de main, Guillemet appartient absolument à notre jeune école de paysage. Très amoureux de la nature, et très épris de la vérité, il me semble le voir errer dans la campagne, battant les guérets avec son jarret de lévrier, cherchant partout le motif qui va l'inspirer... et peut-être le tableau fait, encore plus que le tableau à faire.
C'est ainsi, j'imagine, qu'il a rencontré cet aimable paysage de Morsalines, où les éléments pittoresques s'associent de façon à produire un ensemble aussi flatteur pour l'œil que pour l'esprit. C'est dansune pâte puissante et souple que l'artiste a pétri et la courbe gracieuse de son rivage, et ses humbles maisons de pêcheurs, trapues et moussues, accotées l'une à l'autre, pour mieux résister à la tempête. Je suis un enfant de cette côte, et vous pouvez m'en croire : « C'est cela! »
Le mouvement de la vague, glauque, changeante, frangée de l'argent de son écume, est très juste aussi, et les ciels d'une belle venue, et d'une lumineuse transparence.
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