HENRI DE BEAULIEU
empêché par le soin extrême qu'il apporte au détail du morceau, et qui le détournerait quelque peu d'un autre but. C'est donc dans des études détachées, et visant ce que l'on appelait autrefois l'art pour l'art, qu'il faut chercher ce tenant obstiné d'une école qui n'a plus parmi nous que des représentants assez rares. C'estlà, et là seulement, que vous le trouverez lui-même et tout entier.
C'est donc à dessein que le Paris-Salon a choisi pour la reproduire cette figure isolée de la Dame de trèfle, la brune et fière Argine, qui symbolise l'argent dans la langue nécromancienne des tireuses de cartes. L'ensemble du personnage, sa toilette de Bohémienne, le petit masque qui couvre le haut de son visage, ne laissant passer que la flamme de ses
yeux; ces accessoires étranges, le réchaud d'où le feu jaillit en langues ardentes et contournées; le sphinx, armé d'an glaive dans sa dextre, qui propose ses énigmes aux Œdipes du tapis vert, tout cela impressionne le spectateur naïf, qui veut revoir ce type singulier, allongé comme une figure du Primatice, mais avec un modèle ferm ï et des colorations vigoureuses.
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