‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 16 sur 45 · SAINT CUTHBERT · texte numérisé non relu

SAINT CUTHBERT

UEZ, qui s'est fait si rapidement un nom au milieu de la jeune g-énération à laquelle il appartient, a une note d'art très charmante, très vive et très poétique. Il possède au plus haut degré une qualité que l'on désigne par un mot nouveau, — mais qui a du moins le mérite de bien faire comprendre ce qu'il veut dire, — le sentiment de la modernité. Il se rattache par là au petit groupe si vivant des Stevens, des Tissot, et des plus célèbres peintres de l'école anglaise. J'ajoute que personne ne reçoit plus vivement que lui l'impression des choses, et ne rend cette impression avec une fran-

cliise plus spontanée ni plus soudaine. >solis connaissons de lui quelques tètes de femmes d'un charme inoubliable, d'un accent très juste, et d'une rare élégance d'exécution. — Paysagiste à ses heures, mais discrètement, et sans oublier jamais que chez lui le paysage n'est qu'un accessoire, Duez sait trouver de délicieux fonds de verdures, tour à tour intenses et délicates, sur lesquels se détachent les gracieuses silhouettes qu'il aime à nous montrer. Mais ce peintre ordinaire de s jolies femmes de 1883, qui sait habiller ses modèles avec un goût dont s'étonnent Wortli et Laferrière, sait aussi, (pumd il le faut, s'élever aux grandeurs sévères de la peinture d'histoire.

Je n'en voudrais d'autre preuve que la belle page intitulée Saint CalJthert, que reproduit notre Paris-Salon. Nous sommes aux premiers siècles de l'Église, en Irlande, alors que l'Irlande, siège de nombreux monastères, s'ap])('lait fTlcdcsSainls.

Cutlibert,un pieux évè(|ue, se promène dansun site désert et sauvage, la ('happ(^ aux épaules, la crosse en main, la mitre (mi tète. Iinitossible de mettre en doute s;i dii^'iiité épiscupaie... Nhiis ilest l'heure du diucr, et, tout saint qu'il soit, le

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