UN CONVOI DANS LES MARAIS DE QUIBÉRON
'kst la première fois que le Pan's- Siilon reproduit une œuvre de M. GuiGNARD. Nous espéfoiis bien Cjue ce ne sera point la dernière. Le jeune artiste, qni marche un peu dans les mômes sentiers que M. Julien Leblant, aime à reproduire les faits de guerre dont la Vendée et la Bretagne ont été le sanglant théâtre, et qui eurent pour acteurs les Bleuii, ces soldats de la Répnblique, et les Chouans, ces soldats du roy... et de Dieu. — Mais ces héros en veste, en sabots et en chapeaux à larges bords viennent d'être vaincus ; nous sommes au lendemain de cette folle équipée qui s'appellera dans l'histoire le massacre de Quibéron. — Les vainqueurs font une razzia, qui
devance celles des moblots, des zouaves, des spahis et des turcos autour des douars infidèles ou soulevés, et les fournisseurs des armées régulières, sous la protection des hussards qui les escortent, sabre au poing-, emmènent au camp
— ou plutôt conduisent à l'abattoir — les bœufs, les vaches et les moutons des pauvres paysans réquisitionnés! fructus hclU !
Les animaux tiennent plus de i)lace que les humains dans la composition de M. Guig-nard. Je me hâte d'ajouter qu'ils sont fort bien peints. Du reste, l'œuvre tout entière est dans un sentiment pittoresque excehent. Les hussards, très bien campés sur leurs chevaux, donnent une note mililitaii'c très juste et pleine d'accent, qui contraste avec la tenue des Bretons eng-agésnon volontairi^s
— qui, en chassant leurs Ixi'ufs vers k"* (piartier euiu'iiii, ainirraient mieux ■ cela se voit — leur fain; l'airiî volte-face, et les ramener à Tétable ])atcrnclle.
I/(>\r('uti()ii matèri(>l](^ de M. (Iiiiu'uard est fort boiiiic ; tous SCS personnages sont l)i(Mi dans l'atmosphère ; l'aii' circuli' li!)r(Mn(Mit autour d'eux, ctilss'ollVcnl à nous avec un relief superbe.
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