JEUNES FILLES AU BORD DE LA MER
[ M. Pivis DE CiiAVANNi'S ii'uvait point ti'(Mivc dans ses souvenirs de famille un motlo pour son blason, je me charg'erais hiiMi d(^ lui fournir une devise. Klle ne se composerait ipu^ d'un mot — mais (rini mot ([iii dirait touto sa vi(\ Voliil!
J'til voulu!
Il lui a fallu, en effet, une singulière constance et une étrange force d(^ voloiiti'^ pour ijnjioser à SCS contemporains, le resp(>ct d'alxii'd, puis l'admi-
ratiiiu — car nous en sunuues la aujoiu'il liui
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])Oui" un genre de peinture en si flagrante opposition avec celui qui possède, depuis longtemps déjà, la faveur du public.
Je me rappelle encore l'ctonnement — j'allais dire l'effarement — causé par l'apparition dans nos Salons, de ces toiles si fièrement dédaigneuses des artifices et des petits moyens auxquels tant d'artistes doivent leurs succès.
Ici, au contraire, tout était simple, — presque naïf, — tout était consciencieux; tout annonçait une visée au grand art, que le peintre voulait atteindre sans faire le sacrifice d'une seule de ses convictions, et en restant fidèle à son audacieux parii pris. Ces tonalités pâles, ces colorations volontairement effacées, — se rapprochant des cartons plus que des tableaux, — ces grandes lignes sobres, ces attitudes calmes, ces gestes rares, — voisins du repos, môme dans l'action, — surprirent la critique, un moment dépaysée. Beaucoup, pour s'y faire, eurent besoin du temps et de l'accoutumance. Mais « continuer fait ^-ao-ner ! » dit le proverl)e. M. Puvis de Chavannes continua et gagna .
Le « Tjidus pro patriœ If o:i l-à Lutte an ja"cIof
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desjeimes Picards, fut un triomphe pour l'artiste, qui passa dès lors au rang des maîtres. Il y restera toujours, parce qu'il y est à sa place.
Les Femmas au bord de la mer, reproduites par le Paris-Salon, appartiennent au môme ordrj d'idées, et comme composition et comme exécution.
L'œuvre tout entière est empreinte d'une sérénité auguste, je dirais volontiers d'une mnjjsté pleine de grandeur et de poésie. Ces trois femmes ainsi aperçues, l'une de face, l'autre de dos, et la troisième montrant à demi son prolU perdu, semblent des apparitions d'un uiondc supérieur, qui ne pouvaient être conçues (pie par un artiste épris d'idéal, et capable de transporter cet idéal de son àme profonde sur sa toile vivante.
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