HENRI DE GUISE CHEZ HENRI III
A Fortune a traité M. Aublet comme çs^!^^ les marraines traitent leurs filleuls — quand elle*, les aiment. Elle ne lui
a ni marchandé ni fait attendre le succès, et il a pu dire, comme le premier des Césars: Ycni, vlrli\ l'ici! Il a été connu le lendemain de ses débuts, et SCS C(nips d'essai ont été regardés comme des coups de maître. On reconnut dans ce tout jeune homme un réel talent de dessinateur sûr de lui, et les dons plus rares encore peut-être d'un coloriste des plus fins.
Très chercheur et très travailleur, ]\I. Aublet pousse ses investigations dans les directions les
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plus diverses. On peut véritablement dire de lui qu'il fait « tout ce qui concerne son état » .
Après avoir exposé un Lifcricur de JioiicJtn-ie d'une vérité à faire pâmer d'aise un de ces jietits maîtres hollandais, à l'œil si perspicace et à la main si sûre, qui sortaient toujours triomphants de leur lutte avec le monde réel, nous l'avons vu peindre ou plutôt caresser, d'un pinceau plein de flatterie et de délicatesse, nos jolies contemporaines, devisant à l'aise sur les galets du Tréport, pondant que le Ûot monte et vient frang-er le bas de liMir rohe (rune bordure de blanche écume. Il \' avait dans cette iinivre gracieuse et l)i(Ui venue un sentiment si juste et en uicme temps si profond de la vie moderne, qu'il était permis de croire que M. Aublet ne (piitterait plus la voie oii il marchait si résolument.
Nous com})tions sans notre liAte !
\'()ici (ju'aiijoiird'hiii le vaillant artiste remonte le coiu's des siècles, et, avec sou ïlcuvi (Jr (hihr chez Ih'iiri Jfl, nous transporte tout de suite (Ml pl(MU<^ Uenaissanciv La voilà bien cette cour des \'alois, bi'illante et corrompue, homicide etgalante, on l'intrii^'ue alti'rne ;l^ec l'assassinat, où le velours
des manteaux et la soie des pourpoints ear-liont sous des or'peaux éclatants la bassesse des âmes et la perfidie des eneurs.
Nous sommes à Blois, dans co palais merveilleux où 1 edit royal vient de convier les États généraux et qui va bientôt voir le dénouement du sombre drame combiné par l'astuce du sombre génie italien, — car c'est Médicis qui conduit Valois !
j-îenri de Guise, le héros on plutôt la victime de la tragédie qui se prépare, occupe le milieu de la composition et attire tout de suite le regard. Il est grand, superbe et magnifique, contrastant par son air insolent et narquois avec le masque inquiet d'Henri III. — Voilà une page d"liistoire bien habilement restituée.
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PUYIS DE CHAYANNES