‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 4 sur 45 · RÉBECCA ET ÉLIÉZER · texte numérisé non relu

RÉBECCA ET ÉLIÉZER

)xsiKi"u Cabanf.l (Alexandi'O, ne vous déplaise ! ) a trop d'esprit pour se %^| laisser gâter par le succès. Le succès ne gâte que les sots. Mais il est liomme, et il se laisse prendre trop aisément à la séduction de deux beaux yeux, et au charuie d'un doux regard. 11 n'a pas encore trouvé le moyen de résister à la prière d'une jolie bouche, lui demandant, avec un sourire, de faire un })orti'ait sympathique. Et, connne il est souvent prié, il l'ait beaucoup de portraits, ce qui l'empôche de Tain» autant de tal)l(MU\ i|Ui' nous 1(^ voudriou^^ ]iour noire plaisir et pour sa glnirc

Ceci ne veut point dire que je n'estime pas à sa juste valeur un peintre de portraits comme M. Cabanel. Je pense, au contraire, que l'interprétation intelligente du visag-e humain est un des plus nobles buts que puisse se proposer l'art du peintre, et ce but, M. Cabanel l'a plus d'une fois atteint. On ferait une galerie bien intéressante avec les contemporains, et surtout avec les contemporaines qui ont posé devant lui. Il a été — il est encore — le peintre de toutes les aristocraties : aristocraties de la naissance, de l'esprit, de la grâce et de la beauté. Il a su mettre à leur service un pinceau très fin, suffisamment idéaliste, et dont la distinction a toujours été singulièrement prisée parla clientèle de choix quia fait sa fortune.

Cela suffit, sans doute, à l'honneur d'une vie d'artiste. Aussi ce n'est pas M. Cabanel que je plains, c'est nous-mêmes, en pensant à tous les tableaux qu'il aurait pu faire, si tant de ravissantes créatures ne s'étaient ainsi partagé les plus belles heures de sa vie.

C'est fête au Salon quand j\I. Cabanel a le loisir d'y exposer un tableau, (^ui ne se souvient de la

Xaisstuicc de Vémis, de l'liè:hv, de Tluandr et de Franccsca da Rîmini? Daute, Homère, Euripide, la Bible, voilà les sources où l'artiste aime à puiser ses hautes inspirations.

C'est encore la Bible qui lui donne aujourd'hui celte grande et belle figure de fiété-cm, reproduite par notre Paris- Salon, et qui nous renvoie conune nn reflet, fidèle et pur, de cette vie patriarcale dans laquelle l'homme était si près de son berceau que la terre se souvenait encore du ciel !

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