NAISSANCE DE VÉNUS
ouGUEREAU (William) est à coup sûi' uii despeintreslespliis célèbres de l'école française contemporaine. Il en est sans doute qui ont autant de notoriété que lui en France et en Europe ; mais les plus g-lorieux mêmes sont obligés de lui céder le pas dès qu'ils ont franchi l'Atlantique. Il n'en est point qui exporte davantage. Les galeries publiques et les collections particulières du Nouveau-Monde sont remplies de ses œuvres. Parmi les artistes vivants, je n'en connais point qui aient produit plus queBouguereau,
Mais cette fécondité, vraiment extraordinaire, ne
nuit eu rieu aux mérites d'une exécution soignée parfois jusqu'à la minutie ; car Bouguereau n'est pas homme à se contenter d'un à peu près, et la moindre toile sortie de ses mains a été poussée jusqu'au degré de perfection qu'il est cajmble de lui donner. Il ne lui a i)as moins fallu que cette remarquable facilité de travail, et cette apj^lication journalière et constante pour (ju'il ait pu produire tant de belles pages, également remarquables par l'élégance des formes, la correction d'an dessin toujours exact et savant, aussi bien que par la grâce sympathique des plus attrayantes physionomies. — Très éclectique inir nature, avec une intelligence largement ouverte, et qui voudrait eçibrasser le monde entier, William Bouguereau a traité un peu tous les genres, et il passe, avec une facilité sans égale, du ciel des chrétiens à l'Olympe des Grecs; il aime également la BihJe et Yllidde. Le même souple pinceau peint t(mr à tour et la Vierge et Vénus; l'Amour et rEufaut Jésus; une Nymphe et une Pieta; une Ame au ciel et Klore et Zéphyr dans l(>s bois. Le motif lui importe peu jxjurvu (pi'il lui founiissc l'occasicm de nous montrer les beaux tyi)es cpi'il
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ainio à peindre, et cjue ])ei'soiiiie ne peint mieux que lui.
La Naissance de Vémis, que reproduit aujourd'iiui notre Paris-Salon, est à coup sûr une des plus belles pages du maître, et il pourrait la montrer également à ses amis et à ses ennemis — si cet homme aimable ])eut en avoir.
La composition est pleine de verve et d'éclat. Vénus, qui en occupe le centre, et qui attire tout d'abord le regard, est un morceau achevé, corps superbe et tête enchanteresse ; et les Tritons, les Néréides et les Amours qui lui font cortège ont des poses, des attitudes et des formes dont la beauté plastique est encore rehaussée par la grâce des plus charmants visages. Voilà donc une peinture que l'on aime à voir et à revoir : elle suffirait à rillustration d'un livre.
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