‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 42 sur 45 · DEUX VOISINES · texte numérisé non relu

DEUX VOISINES

ADAME Juliette PEYROL-BoNHEURjUièce de la g-ranclc Rosa, est devenue peintre — ou peintresse — d'animaux i)ai' droit de naissance. Elle est d'une famille où tout le monde cultive ce g-enre avec des succès, divers sans doute, mais avec le même entrain , le même goût et la même passion

La plus illustre du groupe, celle qui a fait un nom glorieux de ce qui n'était d'abord qu'un nom d'heureux augure, Rosa Bonheur, dédaigneuse aujourd'hui d'une publicité dont elle n'a pas besoin, ne figure plus dans nos expositions, dont sa fortune et sa célébrité lui permettent de se passer.

80 M^'E JULIETTE PEYROL-BONHELU

Auguste, son frère, n'a pas tardé à prendre rang- parmi nos sculpteurs animaliers les plus en vogue. Il vise à la succession des Mène et des Barye.

Mais, comme si tout cela ne suffisait pas encore à la gloire d'une seule tamille, voici qu'à son tour la nièce de Rosa, et la fille d'Auguste, Madame Peykol, née Bonheur, s'empare du pinceau de sa tante, comme d'un talisman invincible, et paraît aussi dans la carrière, où je la vois déjà figurer avec honneur.

C'est vraiment un joli tableau, celui qu'elle intitule Deux Voisines. Ces voisines, ce sont deux: belles vaches normandes, de notre grande race cotentine, à la robe soyeuse et tachetée, à la corne mince et fine, que l'artiste a placées dans un plantureux paysage, bordé d'une rangée de grands arbres. Mais, oublieuses de l'herbe tendre, les deux amies se rejoignent, autant que la chose leur est ])Ossible, et, par-dessus la barrière (pii les sépare, leurs mulles s'avanrant tendrement l'un vers l'autre, toutes deux écliaugent de tendres confidences.

Toile rustique et intime !

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