‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 9 sur 45 · JOB · texte numérisé non relu

JOB

^ E Paris-Salox, et c'est un de ses re-

oSp^ o'rets, n'a que trop rarement l'occa- 1^ sion de reproduire un tableau de

LÉox BoNNAT. Donnât est une victime de la vogue, qui Ta pris sur ses ailes et qui l'emporte. Obligé de se partager entre les princes, les chefs d'État, les grands seigneurs, les grandes dames et les grandes artistes, Léon Donnât, qui ne s'appartient plus, trouve à peine le loisir nécessaire pour peindre de temps en temps un petit morceau exquis, comme cette ravissante fillette italienne consolant son petit frère : Nonj^ianf/ere ! « Il ne faut

pas pleurer»; ou comme cette toile, effrayante d'énergie et de vérité, qui s'appelle Jo^, et que nous avons la Ijonne fortune d'offrir aujourd'hui à nos lecteurs.

Joh est un des trois termes de la grande trilogie sacrée que renferme l'œuvre de Bonnat, et dont les deux autres sont la Lutte de Jacoh avec l'ange, et le Christ en croix, de la cour d'assises du Palais de Justice de Paris.

L'exécution, dans le tableau de JOh, atteint aux dernières limites matérielles de l'art de peindre. Le corps du vieux patriarche semble hors de la toile, tant il s'en détache par la puissance merveilleuse de son relief. C'est une académie que l'on peut mettre à côté des morceaux les mieux réussis de Ribeira et de Rembrandt. Sur le visage du saint homme, si ennuyé parsafemme, il y a une expression extatique pleiue de foi, de confiance et d'amour pour son Créateur, (jui opr-n' une véritable transfiguration de ce vieux visage IhHri et sillonné de rides. Tout à coup il éclaire, il rayonne, il illuniintv II y a de la magie dans le ])inc(nui de Bonnat.

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