L'ÉTANG DU HUELGOAT
Allongé est le roi du fusain, et, quand même il l'aurait inventé, il lui serait difficile de s'en mieux servir. Il fait grande et belle figure dans cette exposition de Noir et Blanc, dont la courageuse tentative sera un titre d'honneur pour M. Bernard, qui a déjà rendu plus d'un sérieux service dans sa méritante et laborieuse carrière.
Mais, si habile que soit Al. Allongé dans l'emploi de cet instrument si fécond eu ressources que l'on appelle le fusain, également propre à rendre et les délicatesses et la graudeur du paysage, il tient à nous prouver qu'il se sert également bien de la palette et du piuceau.
La belle page que reproduit ici notre Paris- Salon, et qui s'aj)pclle VlLLaiiy du lluelyout, est à coup sûr un des plus brillants tableaux de l'Kxposition de 1885.
Il en est bien peu parmi nos artistes, et je parle
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des meilleurs, qui comprennent mieux que M. Allongé, le caractère du paysage breton, si poétique dans sa sauvagerie fière. On sent qu'il aime la vieille terre du granit et du chêne ; où les druidesses cueillaient le gui sacré ; où fleurit l'ajonc d'or et la bruyère rose ; où les étangs, grands comme des lacs, reflètent les nuages qui passent dans le miroir de leurs eaux endormies. Le sentiment de la nature éclate dans les plus petits détails de cette composition magistrale.
Le village lointain, et l'église, avec la tine silhouette de sa tour, jalonnent heureusement l'es- | pace, et contribuent à nous donner une saisis- s santé impression de l'infini. S
FA.'R.IS-SA.TjOIST
GABANEL