LA FILLE DE JEPHTÉ
fEST avec un véritable bonheur que nous reproduisons chaque année une nouvelle œuvre (I'Alexandiie Cabanel.
Cabanel a un grand mérite à nos yeux. Il tient son drapeau d'une main haute et ferme, et, au milieu de tant de désertions misérables et de lâches abandons, il conserve, comme une tradition pieuse, le respect de son art et le culte sacré de la beauté humaine. Qu'il fasse le portrait d'une grande dame du noble faubourg, ou qu'il aborde la peinture d'histoire, nous retrouverons toujours chez lui la môme recherche du style et la même aspiration à un idéal qui, dans sa carrière déjà longue et si bien remplie, n'a cessé, comme un flambeau, d'éclairer et de guider l'artiste célèbre.
M. Cabanel ne sait boire qu'aux sources pures. Homère, Virgile, les tragiques grecs et la Bible
FA-K-IS-SA-IjOIT
lui ont donné jusqu'ici ses plus heureuses et ses plus belles inspii-ations .
Les lecteurs du Paris -Salon n'ont oublié ni Phèdre, lamentable victime de Vénus, ni Thamar, :rop aimée d'un frère coupable. Aujourd'hui, sous ce titre : la Fille deJephté, l'artiste nous montre iiQ admirable g-roupe déjeunes et belles Israélites, pleurant avec leur compagne, condamnée par un père aussi stupide que barbare à mourir vierge, quand elle se sentait des dispositions à devenir mère. Il y a là de belles larmes, des attitudes pathétiques, et des douleurs que l'on voudrait consoler, et qui nous font maudire ce vieux soudard par lequel vont périr tant de charmes désormais inutiles.
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