LA MÈRE DES GRACQUES
gouLANGER (Gus^rtfe pouF les dames!) restera^ '^'^ parmi nous comme un des peintres les plus éclairés, les plus érudits et les plus exacts qui aient initié le monde moderne à la vie antique, et surtout à la vie romaine. Doué d'autant de conscience que de talent, il tient avant tout à rester dans la gamme sévère de la vérité absolue ; historien autant que peintre, il ne voudrait point sacrifier le document sincère à l'effet pittoresque.
C'est là ce qui constitue aux yeux de beaucoup de gens un des plus sérieux mérites de ses tableaux .
Tout en nous charmant par le choix heureux des détails, par l'ingéniosité de la composition, et une exécution toujours sûre d'eUe-même, il nous intéresse par la fidélité des traits typiques qu'il emprunte à l'histoire grandiose ou familière de la Ville Éternelle. Quelle belle ihustration (c'est le mot à la mode) un artiste tel que lui pourrait
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nous donner de Tite-Live, de Saétone ou de Tacite !
Le tableau que nous reproduisons ici — la Mère des Gracqnes, — se rapporte précisément à ce type d'œuvres délicates et consciencieuses, auxquelles le public a pris si promptement et si facilemant l'habitude de faire un succès à tous nos salons. L'artiste a su rendre touchante, en la laissant noble et digne, cette grande figure de Cornélie^ une des plus illustres de ces matrones romaines^ qui furent l'honneur du vieux monde. Appuyée sur ses deux fils, Tibérius et Caïus, elle sort de l'aU-ium, et s'avance vers le spectateur, avec une majesté que lui envieront plus tard les Impératrices et les Reines.
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