L'ADORATION DES MAGES
^ouR William Bouguereau il n'y a point de frontière. Ni le temps, ni l'espace, n'ont jamais pu arrêter son essor. Il va oi^i il veut, à travers le monde devenu son empire, évoquant à son gré les belles images des civilisations déjà disparues, ou florissantes encore, et des diverses religions qui ont tour à tour conduit et dominé l'âme des hommes. Souriant avec la mythologie grecque ; sévère et grandiose avec les récits bibliques; plein de grâce touchante et d'émotion pathétique, quand il a voulu traduire et commenter les Evangélistes avec son pinceau, il ne cesse jamais d'être souverainement intéressant.
C'est aux premiers jours du Christianisme naissant qu'il nous ramène aujourd'hui avec ce tableau si remarqué qui s'appelle V Adoration des Mages .
Le sujet n'est pas nouveau; mais il est toujours
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neuf, et bien qu'à toutes les époques il ait tenté les artistes, croyants ou non, mais capables de se laisser fasciner et séduire par une légende d'une incontestable poésie, qui leur donnait le prétexte d'un heureux développement pour toutes les magnificences pittoresques qu'ils trouvaient dans leur imagination ou sur leur palette, il est aujourd'hui encore plein de ressources inépuisées. Le peintre de génie n'a-t-il point d'ailleurs le droit de s'approprier tout ce qu'il touche, s'il sait, même après ses devanciers, lui donner le caractère de son originalité, et son cachet personnel? M. Bougaereau s'est surtout attaché à mettre en lumière la figure de la Vierge, dont il a fait un type adorable de pureté, de suavité et de grâce. On est tenté de se mettre à genoux devant elle, et de lui dire avec
Gabriel :
• Ave, Maria, gratiâ plena ! »
et de réciter pieusement V Angélus!
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LHERMTTTE