‹ Paris-Salon (volume 5)Chapitre 21 sur 55 · L'APOSTILLE · texte numérisé non relu

L'APOSTILLE

jOus plaît-il de jeter un coup d'œil sur les dessous de cette vie sacerdotale, faite de grandeur et de misère, pleine de contrastes, et rapprochant parfois ces princes superbes de l'Église, qui marchent les égaux des princes de la terre, des humbles desservants, aussi pauvres que les paysans au milieu desquels s'écoule leur existence modeste, ignorée et méritante, prenez pour guide M. Debras. Il la connaît, et il vous la fera bien connaître.

Je n'en voudrais d'autre preuve que cette petite toile intitulée 1' Apostille, si justement remarquée pour ses qualités d'observation minutieuse et de fidélité exacte.

Nous sommes ^dans le cabinet de travail d'un prélat, style sévère et sobre, mais non sans grandeur. Les armoiries que je remarque sur la pente de velours descendant à plis droits de la table qui

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lui sert de bureau, et timbrées des neuf perles

héraldiques de la couronne comtale, indiquent

^ très clairement que l'homme d'église est aussi un

I homme de cour. Il est assis sur une chaise, à la-

8 quelle son dossier de grandes proportions donne

I quelque chose de monumental. Grave, attentif,

ï faisant bien ce qu'il fait, il écrit, sans trop prendre

I garde au personnage qui se tient debout devant

^ lui, le corps en avant, dans l'attitude d'une attente

I respectueuse. Celui-ci est un pauvre curé de vil-

I lage, vêtu de gros drap, chaussé de gros sou-

^ hers, les bras croisés derrière le dos, tenant d'une

I main son tricorne râpé, et de l'autre, son parapluie,

I inséparable ami ! Il regarde les mots qui tombent

de cette plume, arbitre de sa destinée. A eux seuls

les deux personnages font tableau.

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