‹ Paris-Salon (volume 5)Chapitre 36 sur 55 · LA VENTE DES POULAINS · texte numérisé non relu

LA VENTE DES POULAINS

jUiLLEFROY Gst-il fîls (l'éleveuF, et, dans sa prime jeunesse, avant d'être absorbé par les travaux auxquels il doit aujourd'hui sa juste renommée, a-t-il longtemps fréquenté la tribu mêlée des maquignons?

Je ne sais ! — Tout ce que je puis dire c'est que jamais artiste n'a connu mieux que celui-ci les bêtes et les gens dont il avait à s'occuper.

La Vente des poulains, que reproduit avec une grande fidélité notre Paris-Salon, prendra place, j'en suis sûr, parmi ses meilleurs tableaux, et, comme oa dit au Palais, « ce sera justice! »

Nous voici au bord d'un paddock, dans les plaines marécageuses de la basse Normandie. Un groupe de sept ou huit chevaux, mal nourris, au poil rude, à l'œil sauvage, se sont approchés des balises qui leur servent d'enclos, et, curieux, mais non farouches, regardent les acheteurs et les

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vendeurs qui vont bientôt trafiquer de leur peau .

Ce ne sont point des thoroughbred, et nous trouverons des yearlings plus près du sang à Dangu, à diamant et à la Morlaye. Mais, tout rustiques qu'ils soient dans leur espèce roturière, ils n'en ont pas moins, individuellement, beaucoup d'accent, et d'originalité. L'artiste a fait de chacun d'eax un véritable portrait qu'il a eu, j'en suis sûr, grand plaisir à peindre.

Quant au groupe des maquignons, on peut le regarder à la loupe, et Ton ne se lassera point de le voir et de le revoir. Les gestes, les attitudes, la finesse du regard, l'expression des physionomies, la ruse des lèvres minces, font de ce tableau , digne d'un pinceau hollandais , une petite merveille d'observation et de vérité.

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