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L'AUTOMNE

^iDÈLE à la poétique très élevée et très noble, qu'à force de persévérance il a fini par imposer à ceux-là même qui, tout d'abord, s'étaient montrés quelque peu réfractaires, Puvis de Chavannlis monte de plus en plus ducs la sphère étliérée et sereine qu'il a choisie pour demeure, qu'il habite avec les plus chères pensées, et qu'il a peuplée de ses créations, idéales comme des rêves. Je ne reg-arde jamais ses tableaux, que je contemple pourtant bien souvent, sans me rappeler cette belle pensée d'Horace :

• Ce n'est pas assez que les poèmes soient beaux : il faut encore qu'ils soient agréables . »

Les œuvres de M. Puvis de Chavannes renferment ces deux conditions. Elles ne réveillent pas en moi seulement Vidée de beauté ; mais elles me donnent encore ces joies d'un ordre tout particuher, que j'appellerai les joies artistiques, et qui,

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pures entre toutes, me fout si bien oublier les misères du monde réel.

Ces impressions bienfaisantes, que je dois à l'un des artistes les plus sympathiques de notre temps, mes lecteurs les partageront avec moi, en face de ce joli tableau de l'Automne, qui nous transporte sous un ciel plus doux, au sein d'un climat meilleur, et dans les siècles heureux, encore voisins de l'âge d'or, où la vie était si facile et si. douce. Ces trois fif^-ures de femmes, d'un style si pur, belles comme les Muses et charmantes comme des Grâces, chastes dans leur nudité môme, ont une souplesse de lignes, une élégance de contours, et, dans leur ensemble, je ne sais quoi d'harmonieux et de rythmique, qui plaît également aux yeux et à la pensée. M. Puvis DE Chavannes est l'Orphée de la peinture, et, avec lui, le pinceau du peintre a des enchantements comme la lyre du poète.

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AIME MOROT

TORO COLANTE

IMminemment pittoresque, avec les qualités ^■^"^ d'exécution très brillantes, et le charme de coloration qui sont les notes dominantes de son talent très réel, et fort goûté des artistes comme du public, le l'oro colante de M. Aimé Morot est, à coup sûr, un des tableaux les plus remarqués du Salon de 1885.

Nous sommes en Espagne, et le peintre nous a conduit à la course des taureaux. C'est son droit; comme le nôtre serait de rester à la maison..... Mais que faire à Madrid, à Barcelone, à Burgos ou à Séville, un jour de courses, si ce n'est de suivre le monde, et d'aller où va la foule?

J'avoue, pour mon compte, que je n'ai pu partager le goût des aficionados (prononcez amateurs ou dilettantes) pour ce sport barbare éternel; je trouve que c'est là un spectacle plus digue d'être offert à MM. les membres de

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T'A.T^IS-SA.LOIT

l'utile et respectable corporation des bouchers qu'à une société polie, élég-ante et raffinée. Je n'aime pas ces immolations de pauvres animaux voués d'avance à une mort certaine, et je ne trouve aucun plaisir à voir un cheval éventré traîner ses entrailles pantelantes sur le sable rougi de son sang. Mais d'autres, paraît-il, parmi lesquels je compte des femmes charmantes, se réjouissent à ces divertissements.

Le tableau d'Aimé Morot leur fera grand ])laisir, car il rend a merveille le grouillement de la foulC; et l'enthousiasme ardent qui gonfle ces milliers de poitrines humaines.

Quant au groupe principal du taureau noir^ au miUeu du cirque, em])ortant un cheval bjjnc sur ses robustes reins, il est d'une exécution tout à •fait magistrale, et d'une tonahté harmonieuse, dans une gamme très puissante.

P.â.£t.IS-S.A.XjOX4-

DE VUILLEFROV

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