GRANDE MARÉE DOCTOBRE EN CORNWALL
Ku d'hommes connaissent mieux la mer que M. Emile Vernier, et j'en sais peu qui l'aiment davantage. Je n'ai jamais passé moi-même pour la détester, et quand, aux heures brûlantes de juillet, pendant que la canicule fait rage et liquéfie le bitume sur nos trottoirs calcinés, je m'échappe pour aller à mon tourlutiner la vague, je rencontre mon peintre sac-au-dos sur tous les rivages. Tantôt c'est au Pornic, et tantôt à Concarneau ; aujourd'hui à Trouville, et demain à ille de Wight; mais toujours prêt à esquisser les études vives et vraies qu'il convertiia plus tard en tableaux, dans le silence inspirateur et le recueillement fécond de l'ateHer.
L'an dernier, c'est dans la vieille Angleterre sur ces côtes de CornwaU, fertiles en naufrages, que ses errantes destinées avaient conduit M. Emile Vernier.
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FA-R-IS-SA-LiOIT
Il y a vu la Grande marée d'octobre, et il en a rapporté la belle toile que tout le monde a remarquée au Salon de 1885.
La composition est des plus simples — mais la simplicité n'est-elle pas toujours une des conditions de la grandeur!
Sur la gauche du spectateur des maisons de marins, si solides et si robustes qu'on les dirait creusées dans le roc même; au premier plan, de'ix gars robustes attelés au câble d'un navire, qui lutte « au péril de la mer » comme disaient nos poétiques aïeux. Au loin, partout, l'Océan, l'Océan immense, furieux, démonté, berçant comme des coquilles de noix, les coques des navires sur son vaste sein soulevé.
C'est tout ! mais ne croyez-vous point que ce soit assez pour faire un beau tableau ? Le tableau est fait — et il est beau !
i»A.R.is-s.A.rjOnr