LES PAMPRES DE MARIANDB
^ULLE PART peut-être vous ne rencontrerez de plus beaux arbres que dans les tableaux de M. Lansyer. M. Lansyer est un sylvain amoureux des grands bois; il n'est point, sous nos climats, une essence forestière qui ne lui soit connue; il vit dans l'intime familiarité des chênes et des bouleaux, des pins et des peupliers, et il sait, comme le plus expérimenté des pépiniéristes, que les épicéas sont noirs, et les laryx argentés. S'il n'était pas convaincu qu'un véritable artiste doit toujours faire poser ses modèles, même quand ce sont des gens du monde... végétal, il pourrait peindre de chic ses frênes, ses hêtres ou ses ormeaux, sans jamais se tromper sur le grain d'une ccorce, la forme d'un rameau, ou le ton d'un feuillage.
J'ajouterai qu'à l'exemple de ces peintres difficiles, parce qu'ils ont le droit de choisir.
I>A.T^IS-SA.IjOKr
M. Lansjer ne peint pas les premiers arbres venus : il veut que ses modèles lui plaisent, parce qu'il est certain que, dans de telles conditions, ils plairont aussi à son public. Il est le Chaplin et le Cabanel du paysage, et, comme ces maîtres de la grâce et de l'élégance, il ne se fourvoie jamais dans le trivial et le commun. Ses bouleaux sont distingués, et ses mélèzes ont l'air comme il faut.
Regardez plutôt la jolie page que nous reproduisons ici, et dites si vous connaissez beaucoup de silhouettes d'arbres s'enlevant sur le ciel avec plus de souplesse et de désinvolture. Si j'avais un parc — moi qui n'ai pas même, hélas ! un jardin de curé — je prierais M. Lansyer de le peupler avec les Pampres d3 Mariaxde ! Je vivrais à leur ombre, oubliant le monde, et oublié de lui.
I> A.R.IS- s A-IjOIT
VEYRASSAÏ