‹ Paris-Salon (volume 5)Chapitre 41 sur 55 · LA FILEUSE · texte numérisé non relu

LA FILEUSE

"J^iLEusE qui ne file pas, où va donc ta pensée? Ali ! comme elles sont bien les mêmes ! — oui, toutes les mêmes ! — ces chères et adorables créatures, qui sentent couler dans leurs veines le sang troublé de leur g-rand'maman, Ève-la-Blonde, plus amies du rêve que de l'action, ambitieuses de l'ait delà et du par delà, dédaig-nant souvent ce qu'elles ont pour courir après ce qu'elles n'ont pas ! Qu'elles soient nées à la ville ou aux champs, entre les murs nus d'une chaumière, ou sous les lambris dorés d'un palais, leurs âmes ne sont point d'essences différentes, et le même désir inquiet fait battre leur cœur dans leur poitrine soulevée.

L'héroïne du très aimable tableau de M*"^ Lan- GLois n'est qu'une Cendriilon de villag-e, — Cendrillon, moins la pantoufle de vair, et moins le Prince-Charinant, mais elle n'en oubhe pas moins

CXXO000O0O0000O(XXKX]00OOC»0O0000000000OO(X>O0OOOO0O0O0OCCOO00000O00OO000000O000^^

PAR-IS-S^UOIT

sa tâche pour promener sa pensée à travers de doux songes d'amour. La quenouille négligée s'enchevêtre sur ses genoux; son rouet dort... et ne ronfle plus, et sa main, détournée des œuvres vives, voudrait caresser la croupe de la cl.imère ! Mais on ne lui tient pas rigueur à cette mignonne, parce qu'elle est charmante, avec ses jolis bras nus, d'un galbe si pur, et la grande coiffe qui verse sur son visage une ombre mystérieuse, et ses yeux noirs aux regards profonds. Je sais des moralistes qui aimeraient mieux partager son péché que de savoir qu'elle n'eu commettra i)as. Oh ! les hommes !

iir

■p A^i^is-s-A.L.03sr

GROLLERON

Page 1