CAVALIERS ARABES A LA FONTAINE
luANDiiUR uu peu factice peut-être, et parfois théâtrale ; mise en scène perpétuelle ; mais entente parfaite de l'effet à produire, tels sont les traits distinctifs de la vie publique et privée des Arabes, personnages essentiellement poseurs, mais éminemment décoratifs, et faits pour être vus.
J'en parle en homme qui les a longtemps pratiqués; qui ne croit pas avoir été leur dupe, parce qu'il se trouva tout d'abord. mis en garde contre leurs agissements, et qu'il vit que leur apparente magnificence s'alliait très bien au souci de leurs intérêts.
Mais le premier aspect de ces rois du désert n'en est pas moins saisissant, et, tout prévenu que l'on soit, on n'est pas moins tenté de s'y laisser prendre.
A ceux qui ne voudraient pas me croire, je dirai :
I».A.R.lS-S.A.rjOrT
Regardez le tableau de M. Veyrassat, et convenez que le plus habile imprésario du monde n'aurait pas mieux réglé cette arrivée et cette halte à la fontaine, que l'artiste a esquissées d'après nature ; quelles johes études d'hommes et de chevaux ! quelle agréable diversité dans ces types, si bien combinés pour se faire valoir les uns par les autres ! Comparez les hommes des grandes tentes, le chef à la face basanée, par exemple, fièrement campé sur les reins de son cheval blanc, escorté par un serviteur qui marche à pied, et tête nue à ses côtés, avec ce vieux Kabyle déguenillé, assis, les jambes croisées sous lui, à l'ombre d'un platane ! N'y a-t-il ])as tout un monde entre ces deux hommes, fils de la même civilisation, et fidèles au même Dieu ?
L'artiste a parcouru dans son tableau toute la gamme qui les sépare !
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