EDMOND PICARD
I^s Mariniers
^^E sont des marina d'eau doace, qni n'ont ancnn trait w commun avec nos loups de mer de la Provence, de la Manche et de l'Océan ; ik ne me font pas l'effet d'avoir passé bien souvent la ligne, et le patron Ini-mâme, le maitre de la barque, après Dieu, comme disait la vieille et naïve formule, ne me semble pas avoir jamais reçu le baptême du tropique.
Mais on n'a pas besoin de cela ponr être benreux, et ces braves gens qui naissent, vivent, aiment et mearent au fil de l'eau, ne me paraissent pas plus à plaindre qne ceux dont le pied solide foule pendant trois quarts de siècles le bon plancher des vaches.
Pas monotone, cette vie là, quoique sans orages et sans tempêtes. Le long des rives changeantes, paisiblement, d'un mouvement égal et doux, la chaîne sans fin du touage les entraîne en dépit du courant ; les escales sont calculées d'avance ; on passe la nuit dans des ports de refuge ; on embarque et l'on débarque le fret, au gré des armateurs ; on descend et l'on remonte les fleuves ; les savantes écluses se font un jeu de la différence des niveaux, et les portent dans leurs berceaux liquides.
Cependant, entre le ciel et l'eau, tous les devoirs de la vie de famille s'accomplissent. Yoyez plutôt comme le père serre avec amour le bébé dans ses bras ; comme la mère soigne le repas que l'on va s'offrir sur le pont, et comme la fillette aux tresses flottantes répand autour d'elle le charme de sa jeunesse innocente.
DEBRAS
Chasse réservée
Ç^n moment même où le Parlement, moins intelligent «^qne démocratique, pins étranger qu'on ne le sapposerait — en égard an nombre de niranx qu'il comprend — aax choses de la vie des champs, vient de désorganiser la chasse chez nous, et de rendre improbable l'existence d'nn lièvre on d'nn perdreau par département, dans nne dizaine d'annéea d'ici, on ne saurait reprocher an tableau de M. Debbab de manquer d'à-propoe.
Il l'intitule : « Chasse réservée » et l'on sait qu'aujourd'hui la chasse est plus que jamais à l'ordre du jour.
Il est vrai que le gibier que l'on prend vivant sur les terres de M. Debras ne figure pas au tableau^ au retour des battues, devant le perron du château, et qu'on ne l'envoie pas à la halle le lendemain de l'hallali. On ne le sert pas au couteau; ce n'est pas avec les chiens qu'on le poursuit ; on ne relève pas ses défauts (on en profite I), et s'il arrive, par aventure, qu'on le surprenne dans les fourrés, on n'a pas eu besoin pour cela de rabatteurs. On n'est jamais fâché qu'il fasse tête ; on aime à en revoir^ et le grand veneur lui-même ne demanderait pas mieux que de savoir qu'il va tenir au ferme. Si vous ne me croyez pas, regardez-là, cette joUe fille, dans la fleur de ses vingt ans, avec son doux regard de gazelle, et ses grâces timides de biche au bois... Chasse réservée ! je vous crois, mon gaillard, et je jure bien qu'à votre place, je ne laisserais pas le braconnier aller sur mes brisées. Ni vous non plus, je pense !
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4lr PAllIfi-SALOW
les instants, aura tonjonrs snr rœnTre même dn pins habile nne inflnenoe incontestable. Tont dépend de la pose !
Elle le sait bien, cette ^igeanoe malfaisante ! Ansâ, nse-t-elle et abnse-t-elle de la âtnation ponr exercer snr rinfortnné qni ne pent point se passer d^elk, nne implacable tyrannie.
n esc bien entendn que c'est du modèle féminin, pins spécialement attaché à la f ortnne dn peintre de genre, anqnel il fait snbir, ontre ses ennnis professionnels, ses caprices de jolie femme, qne nons parlons icL
M. DijyEBaEB ne connaît pas ces misères, et ses pdits modèles, qni sont encore à Técole, marchent chez Ini an doigt et à ToeiL
Il doit bien les traiter, d^ailleurs, car ils ont Tair tont à fait chez enx an milieu des bibelots de Tatelier, qne le maître a qnitté ponr nn moment, et où, très gentiment, ils font Técole bmesonnière.
La petite scène qne nons reproduisons est fort amusante, et c'est avec nn sourire qne Ton r^arde ce gentil tableau d'intérieur d'artiste.