‹ Paris-salonChapitre 20 sur 27 · f j • :a.'.', i;L que · texte numérisé non relu

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DASTUGUE

Anniversaire

»S(fL n'est pas d'une gaieté folle, cet .4nnï)iersai>e plein ^^ de larmes. Mais c'est le propre de l'art d'interpréter également tons les sentiments de l'âme humaine, et de savoir prêter des plenrs à la doulenr et des sonrires à la joie. C'est le clavier nniversel, qui, sous des mains habiles, trouve la note juste et vibrante par laquelle se révèlent an dehors toutes nos émoUone.

Nous sommes dans une église aux boiseries sombres ; l'ombre descend des grandes voûtes. C'est l'heure crépusculaire et mélancolique, propice aux recueillements profonds, pendant lesquels nos cœurs, pareils à des vases de parfums, s'épanchent an pied des autels. Tonte nne famille.

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groupe désolé de six personnes, que les jours, succédant aux jours pendant la longue année, n'ont pas eu le pouvoir de consoler, se réunissent une fois encore dans la communauté du même deuil. Nous avons devant nous, toute la gamme des regrets, et l'artiste a su la rendre avec autant de justesse que de variété.

Les deux vieux, le père et la mère, sans doute, sont assis et comme accablés sous le poids d'un chagrin qui ne finira qu'avec leur vie. Les sœurs sont belles et touchantes : l'une médite ; l'autre lit un livre de piété, et des lèvres entr'ouvertes de la troisième, s'exhale une prière ardente.

J'ai rarement mieux compris qu'en regardant le tableau de M. Dastugue ce que l'âme humaine — même au plus fort de la douleur — peut trouver de consolation, de calme et de paix dans un intime commerce avec son Dieu.

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