CHARRIER
Le ^Premier sillon
qPmEhaehier, Chakbub I Ne tronvez-vous pas qu'il y a ■^dea noms prédestinés ? En pareil cas, je sais bien que le hasard est le souverain maître des choses ; mais il faut convenir qu'il les fait parfois assez bien.
Quoiqu'il en soit, le tableau de M. Chabbieb nous reporte aux premiers jours du monde, au sein d'une nature bouleversée encore par les récentes révolutions de ce Chaos, dont notre globe est sorti, La porte du ParadU Terrestre vient de se refermer sur le couple prévaricateur ; l'archange qui en garde le seuil n'a pas encore remis au f onrreau l'épée fiambopute, qui en éloignera pour toujours a jardiniers qui ont voulu goûter au fruit de
l'arbre de la Science, avant qu'il ne fût mûr, et récho répète encore les terribles paroles de Téternelle malédiction :
« Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ! »
Le père du genre humain n'est plus assis à ce banquet de la Nature, où, dans la tiède atmosphère du Jardin des délices, les fleurs naissaient sous ses pas, et les fruits s'offraient d'eux-mêmes à ses lèvres. La terre inculte ne produit plus que des ronces et des épines, et il faut déchirer son sein pour en arracher une misérable et insuffisante pâture.
C'est un sentiment d'une poignante angoisse qui se dégage de ce tableau, où nous voyons les premiers-nés de la race humaine, attelés comme des bêtes à la charrue de bois qui trace ce Premier Sillon, dans lequel va tomber l'amère rosée de la sueur et des larmes.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on peine et que l'on souffre dans ce bas monde. Le tableau de M. Charrier nous le fait bien voir : il est pathétique au premier chef.
BUSSON
L'Hallali du Sanglier
^^A bc-lle chasse héroïqne, chez nons, c'est ]a chasso au ^ sanglier — parce qu'elle a pour elle le danger, qui la relève et l'ennoblit. Le vieux solitaire est brutal, et il reçoit mal l'imprudent, qui vient troubler les méditations auxquelles il se livre au fond de sa bauge.
Terrible au ferme, quand il tient tête aux chiens, il en
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