IV. — LB8 AUXILIAIRES
Sapeurs-pompiers. — Capucins. — Dumouriei'-Duperrier. — Origine. — La garde des pompes du roy. — 160 pompiers. — Service et outillage actuels. — Nombre des incendies et des leux de cheminée. — Postes et casernes. — Les avis superflus. — Londres et Paris. — Opinion des Anglais. — Organisation défectueuse. — Pompier ou soldat? — Temps «Je service insuffisant. — Le pompier doit être assimilé au gendarme ou au gardien de la paix. — Les soldats du guet. — Force dérisoire. —La garde de Paris. — Notre garde urbaine. — Les révolutions. — Augmentation du contingent. — Décret du 4 octobre 1875. — La mission de la garde républicaine. — Trés-respectée de la bonne population. — La véritable dénomination est: garde' municipale. — L'impôt. — Prime d'assurance. — La prime eM proporlionnelle aux besoins. — La part de Paris. — Impossibilité de la déterminer. — Douanes, contributions indirectes, timbre et enregistrement. — Contributions directes. — Quand Paris est heureux, la France est prospère.
Une ville comme Paris, aussi dense et aussi peuplée, où les maisons, soudées les unes aux autres, forment une ligne ininterrompue dont les points de contact sont innombrables, une ville où toute industrie s*exerce,. où des milliers de becs de gaz et des milliers de foyers ardents sont une cause de dangers perpétuels, exige, au point de vue des incendies possibles, une surveillance incessante ; pour les prévenir, on est obligé de s'en rapporter aux soins, presque toujours illusoires, de la population la plus insouciante qui existe ; pour les combattre, la ville de Paris possède, entretient, exerce un corps spécial dont le dévouement et Tintelligcnce sont célèbres : c'est celui des sapeurs-pompiers. Depuis le dix-huitième siècle, ils ont remplacé 1^ ca-pucins, qui jadis étaient chargés d'éteindre les feux, de porter secours aux blessés et de garder les objets enl^r vés des maisons en fiammest
Ce fut un sieur Dumourier-Duperrier qui, frappé de
rutililé des pompes qu'il avait vues fonctionner en Hollande et en Angleterre, obtint, en 1699, du roi Louis XIV le droit privilégié d'en fabriquer et d'en vendre exclusivement pendant trois ans. Le roi en acheta douze de ses deniers et en fit cadeau à la ville de Paris. Ce fut là l'origine de nos pompiers, qui se sont naturellement substitués aux capucins, comme depuis longtemps les architectes et les ingénieurs s'étaient substitués aux frères pontifes dans la construction des ponts. La création réelle, ou, pour mieux dire, l'organisation « de la garde des pompes du roy », date du 23 février 1716 ; Sartines éleva le nombre des pompiers au chiffre de \ 60, et l'on crut alors avoir atteint une perfection qui ne serait jamais dépassée. Nous sommes loin de là aujourd'hui, car le corps des sapeurs-pompiers de la Ville est actuellement composé de 1,548 officiers, sous-officiers, soldats, et outillé de 239 pompes * ; il occupe, dans les divers quartiers de Paris, 9 casernes et 75 postes, dont 51 ne sont pas encore pourvus d'appareils télégraphiques*. 1,500 hommes pour tout Paris, ce n'est pas trop, si l'on songe que, bon an mal an, ils ont 600 incendies à combattre et 1,100 feux de cheminée à éteindre. Ils sont de service régulièrement dans tous les endroits qui offrent aux flammes un aliment facile ; derrière les coulisses des théâtres, ils sont toujours sur le qui-vive ; ils sont répandus par escouades dans les couloirs des bals officiels pour lesquels de légères constructions en bois ont été dressées ; ils ont des postes fixes à nos bibliothèques, aux Archives, aux ministères, à la Banque, à l'hôtel des Postes ; je les cherche en vain près de nos musées, je ne les y trouve pas.
' Dont 3 pompes à vapeur et 14 pompes d'école pouvant être utilisées dans un cas urgent.
* Voir Pièces justificativet, K.