‹ Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitie du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 11 sur 16 · DIRECTION GÉNÉRALE DES POSTES — BUREAU DE LA CORRESPONDANCE INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DIRECTION GÉNÉRALE DES POSTES — BUREAU DE LA CORRESPONDANCE INTÉRIEURE

Ordre concernant U saisie d'une lettre antofraphiée.

Paris, le 24 janvier 1867.

L'administration a reçu l'ordre, M..., d'empêcher pour ce qui la concerne l'introduction en France et la distribution d'une lettre autographiée adressée au général de Saint-Priest par H. le comte de Chambord. Cet écrit est expédié sous enveloppe, dans les formes d'une lettre ordinaire, soit de l'étranger, soit des bureaux de l'intérieur.

Je vous invite en conséquence à surveiller avec le plus grand soin toutes les correspondances qui parviendront directement ou indirectement à votre bureau, afin de découvrir les exemplaires de la lettre dont il s'agit qui pourraient faire partie des correspondances et qui se trouveraient placés, soit sous bandes isolément ou avec d'autres publications, soit sous des enveloppes closes. Vous surveillerez aussi dans le même but, non-seulèment les correspondances mises à la poste dans votre localité, mais encore celles qui vous parviendraient des bureaux français avec lesquels vous êtes en relations ; car il ne serait pas impossible que des exemplaires de ladite lettre fussent déposés dans les boîtes aux lettres après avoir été introduits en France par une voie étrangère à la poste. ;

Vous formerez un paquet spécial de tous les exemplaires, soit sous bandes, soit sous enveloppes, que vous aurez été à même de reconnaître et de retenir, et vous adresserez ce paquet au receveur principal des postes à Paris, sous étiquette portant, indépendamment de l'adresse, les mots :

Lettre saisie en vertu de V ordre 4e V administration du 24 janvier 1867,

et au-dessous l'indication du nombre des objets expédiés.

Je vous recommande, monsieur, la plus grande vigilance et la plus grande circonspection pour l'exécution de la mesure dont il s'agit, et je vous prie d'accuser réception de la présente lettre au directeur des postes de votre département.

Veuillez agréer, etc.

Le Directeur général,' VAKDAL

HUMEHO 5

TraJnetioa 4a procèa-varbal à— miaistras pléatpoUntiaira» 4 fcastatft, nr 1— ère— mania «m t «t 10 floréal an VU (M at tt avril 17»»).

Le plénipotentiaire impérial étant rappelé de Rastadt, et ayant quitté cette ville le 13 du mois dernier, la députation de l'empire déclara, dans sa séance du 23, qu'elle était suspendue, et notifia à la légation française les motifs de cette déclaration. Les ministres de France déclarèrent aussi, le 25, qu'ils allaient se retirer dans trois jours.

Dans la soirée du même jour, le courrier de la légation française, muni d'un passe-port et de sa plaque, chargé de dépêches pour Strasbourg, fut arrêté sur sa route à Seltz, entre le village de Plittesdorf et Rastadt, par des hussards autrichiens, et conduit au quartier général du colonel impérial Barbatzy, à Gernsbach, après voir été dépouillé de ses papiers. Sur la réquisition de la légation française, l'envoyé directorial de Mayence, au nom de tous les membres de la députation, interposa ses bons offices, de même que la légation prussienne, « pour que, suivant les principes universels du droit des gens, le courrier arrêté fût relâché avec ses dépêches, et que la sûreté de la correspondance de la mission française, dans le court espace de trois jours fixé pour son départ, ne fût point troublée. »

La lettre du ministre mayençais fut envoyée encore dans la nuit à Gernsbach par un courrier, qui revint avec une courte réponse du colonel Barbatzy, portant qu'il avait rendu compte à ses supérieurs de l 'arrestation du courrier, et qu'il ne pouvait se prêter aux vœux de la députation qu'après avoir reçu des ordres La lettre de la légation prussienne fut envoyée, le 25, à cinq heures du matin, par M. le comte de Bernstorf, conseiller de la légation, avec l'injonction d'en appuyer verbalement le contenu. La légation française s'étant d'ailleurs adressée particulièrement au baron d'Edelsheim, ministre d'État de Bade, pour réclamer la protection du margrave, ce ministre jugea convenable d'accompagner M. de Bernstorf, et de faire, près du colonel Barbatzy, toutes les représentations analogues aux circonstances. La réponse verbale du colonel fut qu'il transmettrait ces représentations à ses supérieurs, de même que la lettre de la légation pruwsienne, et qu'il ferait connaître le résultat le plus tôt possible; mais que jusque-là il ne pouvait s'expliquer en aucune

manière. La relation écrite de la mission du comte de Bernstorf prouve combien ce refus de s'expliquer a été positif.

En attendant, les ministres français étaient résolus de partir pour ' t Seltz le troisième jour, 28, à huit heures du matin. Tous les préparatifs étaient faits; les voitures chargées se trouvaient déjà dans la cour du château ; mais, vu les circonstances, les patrouilles de hussards croisant particulièrement sur la route de Rastadt à Seltz, et ayant déjà arrêté, le 19, plusieurs ministres allemands, et entre autres celui de Wurzbourg, dont elles avaient pris et gardé les papiers, d'ailleurs les déclarations du colonel Barbatzy, tant sur cet incident que sur l'arrestation du courrier français, n'étant aucunement rassurantes pour le voyage de la légation française, on ne pouvait s'empêcher d'avoir des inquiétudes; car il paraissait au moins possible que les ministres fussent arrêtés par méprise, et qu'il en résultât de très-grands inconvénients. C'est pourquoi toutes les personnes diplomatiques qui étaient encore en relation avec les * ministres français leur conseillèrent de différer leur voyage de quelques heures ou jusqu'au lendemain, la réponse du colonel Barbatzy aux représentants des ministres prussiens, mayençais et de Bade étant attendue à chaque moment. Les ministres français cédèrent à ces instances, particulièrement sur l'observation qu'il était convenable d'attendre le résultat des démarches faites par les autres ministres, dont ils se montraient très-reconnaissants. Comme à onze heures du matin il n'y avait encore aucune réponse, le ministre mayençais, baron d'Albini, écrivit de nouveau au colonel Barbatzy, et lui demanda une réponse catégorique sur la question < si les ministres français, prêts à partir, et munis de passeports du baron d'Albini, étaient dans le cas de rencontrer aucun obstacle ».

On espérait que l'ordonnance de Bade, envoyée avec cette lettre, serait de retour vers trois ou quatre heures après-midi, avec une réponse; mais on se trompa. Le soir, entre sept et huit heures, il arriva un officier de hussards avec quelques soldats; l'officier se rendit sur-le-champ au château, près des ministres français et de Mayence, et suivant le témoignage des ministres soussignés, comte de Goërtz, de Dohm et de Solms, qui étaient présents, il les pria d'excuser le colonel Barbatzy, trop occupé pour répondre par écrit ; mais il déclara, en son nom, que les ministres français pouvaient voyager en toute sûreté, et que, pour cet effet, il leur était même fixé un terme de vingt-quatre heures. Quant à la légation prussienne, elle ne reçut à sa lettre au colonel Barbatzy aucune réponse ni écrite ni verbale.

L'officier impérial remit aux ministres français une lettre ; M. de Dohm est le seul qui l'ait vue par hasard, et il garantit qu'elle renfermait à peu près les lignes suivantes :

36* PIÈCES JCSIffKUUlS.

ûgmfer ée guetter * Genuberg, le 28 amL

Les ministre* frjrypiîs résolurent de purent en être i^orvi qu'ils ne sauraient la nuit, et que le pacage do fleuve poorrait être partirent en effet, le 38. nne denû-heure après la lettre ci desèiu, avec boit Toitures, dont la plupart, de les cbevaui, appartenaient an margrave. Jser teffcicr apjtorté la lettre, il était arrivé cinquante hmssmré» de Saeftiers 91a fêtaient posté* à la porte aTEttUngen, et aweâemt faU de mhnc le* autre* poète*. On apprit bientôt que l'ordre était ée ne laisser entrer ni sortir aucune personne appartenant mn Congre*, et que le capitaine des hussards axait signifie an major Barrant, commandanl les troupes de Bade, qu'il exigeait que ses soldats restassent aux porte* pour faire connaître aux Autriekîem le* personnes appartenant au Congrès; on ne permit à p qa uun e de passer même le pont de communication entre la Tille et le faubourg. Le commandant de la ville lui-même ne put obtenir la permission de sortir, quoiqu'il l'eût demandée avec instance lorsqu'il fut instruit des événements subséquents. Le ministre danois avait lise son départ au même jour, et n'avait attendu que le résultat des démarches faites par la députation touchant les ministres français. Après avoir pris connaissance de la réponse, faite par le colonel Barbatzy, il se retira chez lui pour faire les préparatifs de son voyage; mais sur l'information qu'il reçut en passant près la porte, que personne n'avait la permission de sortir, il traversa le jardin du château vers la chaussée où était posté le capitaine de hussards, et lui demanda s'il ne pouvait pas partir ce soir.

Cet officier répondit qu'il avait Tordre de ne laisser sortir personne ; mais lorsqu'il lui répliqua que les ministres français avaient été sommés de partir par le colonel, son chef, et qu'ils sortaient dans le moment par la porte de Rheinau, le capitaine repartit qu'il n'avait point l'ordre d'empêcher le départ de la légation française. Le ministre de Sa Majesté danoise lui ayant demandé ensuite s'il lui donnerait une escorte, il dit qu'il n'avait point ordre pour cela, et lorsqu'on lui représenta avec force combien l'honneur de

sûreté, ajoutant aussi la remarque que le plénipotentiaire impérial était déjà parti depuis assez longtemps pour que tous les envoyés allemands aient le temps de partir aussi.

Lorsque la légation française se présenta à la porte de la Tille, on lui annonça qu'elle ne pouvait pas sortir. Les trois ministres descendirent sur-le-champ, et laissant là leurs voitures avec leurs familles et leur suite, ils se rendirent au château chez le ministre de Mayence. Personne ne pouvait concevoir cette contradiction de l'ordre de partir sous les vingt-quatre heures avec l'obstacle mis à ce départ aux portes de la ville. L'envoyé de Sa Majesté danoise qui, aussitôt après ce nouvel incident, s'était rendu, avec plusieurs autres, chez le ministre de Mayence, en donna , après sa conversation avec le capitaine, une explication qui fut bientôt officiellement confirmée par M. de Munch, secrétaire de la légation, envoyé à cet officier par M. d'Albini. Il annonça qu'on- avait oublié, lorsqu'on avait pris possession des portes de la ville et donné Tordre de ne laisser sortir personne, d? excepter de cet ordre les ministres français, M. de Munch ajouta que cet oubli était réparé, et que les ministres pouvaient sortir sans obstacle. Ceux-ci pensèrent alors qu'il était nécessaire, pour ne pas être arrêtés par les patrouilles qui pouvaient se trouver sur le chemin jusqu'à Plittersdorf, de demander une escorte militaire. Le secrétaire de la légation de Mayence se chargea d'en faire la demande au capitaine, et les envoyés de France allèrent, dans une voiture du margrave, rejoindre les leurs à la porte. Là, ils furent obligés d'attendre longtemps la réponse, qui fut apportée par M. de Harrant, major au service du margrave de Bade. Elle portait que : « Le capitaine ne pouvait point donner d'escorte, parce qu'il n'avait point d 1 ordre pour cela; mais que les ministres français ne trouveraient aucun obstacle sur leur roule. » A la demande du major de Harrant, si l'on devait entendre par là que les ministres français pouvaient passer de l'autre côté du Rhin en toute sûreté, et si lui, Harrant, pouvait les en assurer, le capitaine avait répondu que oui. Les envoyés français préférèrent donc, après quelques réflexions, partir de suite sans escorte, que retourner au château pour y attendre le point du jour, parti que plusieurs conseillaient de prendre et que les femmes désiraient. Entre neui et dix heures, les ministres français sortirent enfin de la ville; la nuit était très-sombre, et l'on portait une torche devant leurs voitures.

A peu près un quart d'heure s'était écoulé lorsque, de divers côtés, arriva la nouvelle que les voitures de la légation française avaient été arrêtées avec violence par des hussards autrichiens, qui avaient donné des coups de sabre aux cochers et au porte-flambeau* La plupart des membres du corps diplomatique se trouvaient, dans ce moment, rassemblés dans un casino. L'envoyé ligurien, Boccardi et son frère, qui étaient dans la dernière voiture et qui s'étaient échappés, y apportèrent la première nouvelle, On décida unanime-

ment qu'on se rendrait ensemble près du capitaine pour lui demander une explication» et, avant tout, les secours les plus prompts.

Peu de minutes après arriva la nouvelle atterrante qu'un, que deux, que tous les trois ministres français avaient été assassinés par les soldats de l 'empereur, La raison se refusait à trouver ce crime vraisemblable, le cœur ne le trouvait pas possible. — Non, non, c'est faux! fut le cri universel. Cependant le désir de (aire cesser le plus tôt possible un malheureux malentendu fit hâter les pas vers l'officier commandant. Il avait son quartier à peu près à vingt pas de la porte d'Ettlingen, à l'auberge dite la Lanterne. La garde de la porte s'opposa au passage de la société, quoiqu'elle s'annonçât comme composée d'envoyés de cours royales et princier es. Ce ne fut qu'avec la plus grande peine qu'on obtint qu'un bas officier nous annonçât. On demanda encore une fois quels envoyés nous étions, et on déclara avec une exactitude inquiète que seulement trois, quatre, six ministres pouvaient aller près du capitaine. Cet officier parut enfin. L'envoyé de Sa Majesté prussienne, comte de Goertz, aussi soussigné, lui fit, au nom de tous, cette courte exposition : nous voudrions savoir quelles mesures il avait prises au bruit de l'affreuse nouvelle qui lui avait sans doute été portée. Il répondit qu'à la demande du ministre de Mayence, qui avait déjà été chez lui, il avait envoyé un officier avec deux hussards. Nous pensâmes que ce n'était pas suffisant, et nous l'engageâmes, au nom de tous les- sentiments de l'humanité, au nom du bien de toute .l'Europe, de V honneur de la nation allemande, prêt à être taché par un crime sans exemple dans les annales des peuples civilisés, au nom de l honneur de son auguste monarque, de l'honneur du service de Sa Majesté Impériale, de son propre honneur, au nom de sa vie, de faire, au plus vite, tout son possible pour sauver ce qui pourrait être encore à sauver. Le capitaine répondit que c'était un malheureux malentendu; que, sans contredit, les patrouilles rôdaient aux environs pendant Ja nuit, et qu'un pareil malheur pouvait facilement arriver; que les ministres français n'auraient pas dû partir la nuit. On lui rappela qu'il avait refusé une escorte et dit au major de Harrant qu'il n'y avait rien à craindre pour la légation française. Il répliqua qu'il n'avait point eu ordre de donner une escorte, qu'on aurait dû la demander au commandant. Le conseiller de légation de Prusse, comte de Bernstorff, dit qu'il avait demandé lui-même au colonel, lorsqu'il avait été envoyé vers lui, s'il donnerait une escorte. Vous l'a— t— il accordée ?... fut la réponse du capitaine. L'envoyé de Danemark, soussigné, lui ayant ensuite rappelé la conversation qu'il avait eue avec lui, et dont nous avons parlé ci-dessus : Voulez-vous, dit-il, établir ici contre moi une inquisition? Enfin, lorsque passant sur toutes les considérations qui devaient nous.frapper après le traitement que nous étions obli-

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gés de souffrir, nous le pressâmes, le priâmes, le suppliâmes, de ne pas perdre un instant pour sauver peut-être encore la vie de quel* ques hommes et l'honneur de son service, il nous demanda où donc étaient les voitures des ministres, et d'autres explications, à nous que ses ordres retenaient prisonniers en ville, â nous qui venions â lui pour savoir quelle nouvelle il avait, quelles mesures il avait prises pour empêcher, s'il était possible encore, pn crime qui touche de si près son honneur et celui de son souverain. Enfin nous exigeâmes de lui la promesse de détacher un officier et six hussards pour accompagner le major Harrant et deux hussards de Bade sur le grand chemin de Plittersdorff. En attendant, il était arrivé plusieurs fuyards échappés du champ de carnage, qui confirmèrent , qu'en effet les trois ministres français avaient été assassinés par les hussards de Szeklers. Le meurtre de Bonnier fut rapporté par un témoin oculaire, savoir par le porteur du flambeau. Cependant le major Harrant, de Bade, auquel il ne fut donné qu'un maréchal-deslogis pour l'accompagner, au lieu d'un officier qui lui avait été promis, trouva les voitures sur la place même où cette scène d'horreur s'était passée; elles étaient entourées d'environ cinquante hommes de hussards de Szeklers, munis de flambeaux (parmi lesquels il ne put néanmoins découvrir d'officiers), et occupés à conduire autour de la ville les Voitures, ainsi que les infortunés qui s'y trouvaient, et dont la plupart étaient encore dans une profonde stupeur.

Lorsque N. de Harrant déclara aux hussards que les carrosses devaient être reconduits à la ville, ils ne voulurent pas d'abord s'y prêter, soutenant que ces carrosses étaient leur butin. Ce ne fut que moyennant les plus fortes menaces, et après que M . de Harrant leur eût déclaré qu'en sa qualité d officier le commandement et Ja disposition des voitures lui appartenaient exclusivement, qu'il parvint à les faire désister de leur projet. H. de Harrant trouva les cadavres de Bonnier et de Roberjot par terre, horriblement maltraités; ne trouvant pas le corps (Je Jean Debry, il se donna toutes les peines imaginables pour le découvrir ; il proposa même de faire des recherches dans le bois, et demanda pour cet effet une escorte de quelques hussards autrichiens qui se joindraient à lui et aux deux hussards dont il était accompagné ; mais cette escorte lui fut refusée, sous prétexte que l'on pourrait aisément rencontrer d'autres patrouilles autrichiennes, et que, dans l'obscurité de la nuit, on courait risque d'en être attaqué. M. de Harrant fut donc obligé de remettre l'exécution de son dessein jusqu'au jour, et ramena, en attendant, les carrosses dans la ville. Les épouses de Jean Debry et de Roberjot, les filles du premier, les secrétaires et les domestiques s'y trouvaient; aucun d'eux n'était blessé, plusieurs avaient été dépouillés cependant de leur argent, montres, etc., etc.; n n'y aval eu que les trois ministres qui eussent été attaqués par les m

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as* sTspemawr les mta n tsais qm de» mmh ; mais am écmrtm tas* le les sto» tamtAérè* des mïtxXxf* n'étant eréseirt. il faOaK auparavant

Enfin on "Uint 4e ponioâr porter dai Jacriû, aséniHre 4i roî de Prusse, demi morte 6» b toiture qui ni*tre. Madame Bebrv, ainsi que sa deux descendre de leur voiîure dans la rue, parce que, lut permettre que les carrosses entrassent dans les « cetfK* furent conduits a la porte <TEtilîngen. On t sut de la cour pour les conduire le \ em\emm a fut eontremandé cependant le matin même. Les dames forent doite* à pied dans leur ancienne demeure an château membres da corps diplomatique ; mais elles forent bientôt transportées dans b maison du soussigné ministre de Bra ndehu n ig, aftn d'être plus a portée de leur donner des secours. On apprit les débits de Tattassinat de Roberjot par son valet de chambre, «ni avait été dans b même Toiture. H déposa que c des hussards s'étalent présentés a b portière, qu'ils en avaient brisé les glaces et demandé le ministre Roberjot. Sur quoi celui-ci avait répondu en français : oui, en produisant en même temps le passe-port de l'envoyé directorial de Mayence ; que les hussards avaient décavé a passe-port; qu'ils avaient fait sortir de force le ministre de sa voiture, et lui avaient porté plusieurs coups très-violents; que l'infortuné ayant donné cependant encore quelques signes de vie, et sa femme ayant crié : Oh! sauvez! sauvez! les hussards avaient redoublé leurs coups; que madame Roberjot alors s'était élancée sur le corps de son mari, mais que lui (valet de chambre) l'avait saisie fortement dans ses bras, lui bouchant les oreilles, et empêchant qu'elle n'entendit les cruels gémissements du mourant ; que lui, valet de chambre, avait été jeté hors de la voiture par un hussard qui lui avait demandé : domestique f et ayant répondu affirmativement, le hussard lui avait donné à entendre, par signes, qu'il n'avait rien à craindre; que néanmoins il s'était saisi de sa montre et de sa bourse ; que la même chose était arrivée à madame Roberjot. »

Cependant plusieurs d'entre nous ont remarqué que la voiture n'avait pas été pillée entièrement, mais qu'on y avait laissé de l'argent et da effets précieux. Lorsque madame Roberjot quitta sa voiture, elle tomba de défaillance en défaillance, s* écriant à plusieurs reprises, avec une voix déchirante : On Va hac/ié devant mes youxl #

Le secrétaire de légation Rosenstiél, qui se trouvait dans une des dernièros voitures, et par conséquent prés de la ville, s'est vraisem-

blablement sauvé par les jardins dès le commencement de l'affaire. On le trouva dans le logement du ministre de Bade, dans un état de délire. Toutes les autres personnes attachées à la légation française arrivèrent successivement, soit en fuyant, soit avec les voitures. Le ministre Jean Debry manquait encore; sa mort n'avait point été constatée par des témoins oculaires ; on regarda donc comme absolument essentiel de tout tenter pour le sauver. Quelques-uns d'entre nous se rendirent auprès du capitaine des hussards autrichiens pour le solliciter d'accorder une escorte au major de Harrant qui, accompagné de quelques hussards de Bade, voulait aller à la recherche de Jean Debry. Le soussigné comte de Solms de Laubach s'offrit de l'accompagner, afin d'appeler le ministre français, qui connaissait sa voix, par son nom. Le capitaine accorda l'escorte, et à la pointe du jour, vers quatre heures du matin, le comte de Solms, le major Harrant et deux hussards de Bade, sous l'escorte d'un caporal et de quatre hussards impériaux, montèrent à chenal pour parcourir ces environs, et notamment le bois de Steinmaner et de Plittersdorff . Ils n'eurent pas la satisfaction de trouver le ministre Jean Debry, mais ils apprirent quelques circonstances absolument nécessaires à l'éclaircissement du fait; les voici : Le major Harrant . s'étant adressé au bailli de Rheinau pour obtenir des renseignements sur le compte du ministre absent, le bailli lui apprit que des hussards impériaux avaient déjà fait des perquisitions relativement à un Français blessé et fuyant, et dont la découverte Mur importait infiniment; qu'ils avaient fortement recommandé qu'au cas que l'on trouvât un Français ressemblant au signalement qu'ils en donnèrent, de bien se donner de garde de le reconduire à Rastadt, et de le faire passer en dehors de la ville, et de le leur mener à Muckensturm par un chemin désigné, ou bien qu'on devait simplement le garder soigneusement et leur en donner connaissance.

On avait tout fait jusqu'ici pour adoucir, autant que les circonstances pouvaient le permettre, cet horrible état de choses. Il s'agissait actuellement de pourvoir à la sûreté des membres du corps diplomatique et de leurs familles, ainsi qu'au trajet des personnes sauvées des missions française et ligurienne. Les soussignés s'adressèrent en conséquence au colonel Barbatzy par une lettre (n° 5) dont fut chargé le secrétaire de légation de Prusse, Jordan, qui fut dépêché, le 29, à quatre heures du matin, accompagné d'une ordonnance impériale. À sept heures du matin, le ministre Jean Debry se rendit dans la maison du ministre prussien de Goërtz. Son apparition causa autrfnt de joie à ceux qui se trouvèrent présents que l'état dans lequel il se trouvait leur inspirait d'intérêt. Ils furent > témoins des premiers épanchements de sa joie et de sa reconnaissance envers Dieu lorsqu'il apprit que sa femme et ses enfants étaient encore en vie. Ses habits 'étaient déchirés; il était blessé au

bras gauche, à l'épaule et au nez ; sa perruque et son chapeau lavaient garanti d'un coup de sabre sur la tête, de manière qu'il n'en avait qu'une contusion. On lui administra tout de suite les secours nécessaires; on entendit le récit touchant de la manière miraculeuse dont il avait été sauvé. « Un hussard lui avait demandé en français : Est-ce que tu es Jean Debry ? A quoi il avait répondu par l'affirmative, et en produisant son passe-port, qui fut également déchiré. Lui, ainsi que sa femme et ses filles, furent arrachés de leur voiture, et on frappa sur lui. Il fut jeté dans un fossé qui bordait le grand chemin ; il eut la présence d'esprit de contrefaire le mort, et il se laissa dépouiller : c'est ce qui le sauva. Lorsque les hussards se furent éloignés, il se leva et courut vers le bois. Ne voulant pas se jeter par terre à cause de la pluie qui tombait, il grimpa sur un arbre, malgré la forte blessure qu'il avait au bras gauche, y sommeillant de temps en temps de lassitude et d'épuisement, ej y resta jusqu'au jour, qu'il s'achemina vers Rastadt. En approchant de la ville, il se mêla à la foule qui était sortie pour voir les cadavres, et sans être remarqué y ni par les patrouilles autrichiennes, ni par le. corps de garde posté aux portes, il arriva heureusement. Le spectacle le plus déchirant pour lui fut celui de ses deux collègues, devant lesquels il était obligé de passer. »

La réponse du colonel n'était pas encore arrivée; en attendant, on désirait vivement de faire passer le Rhin aux personnes sauvées de la légation française, et de consommer cette opération avant la nuit, pour pouvoir partir à son tour et arriver en sûreté à Carlsruhe. En conséquence, MM. de Rosencrantz et Gemmingen allèrent, vers neuf heures, chez le capitaine, et lui déclarèrent qu'aussitôt que la position de Jean Debry, blessé, et de la veuve de Roberjot, assassiné, le permettrait, tous les individus sauvés seraient transportés au Rhin, avec leurs effets, sous l'escorte militaire de Rade, et accompagnés de plusieurs membres du corps diplomatique, si le capitaine voulait répondre de leur sûreté sur son honneur et sur sa vie, et leur donner une escorte d'un officier et de quelques hussards. Après avoir fait quelques difficultés, le capitaine accorda la demande, mais il exigea qu'elle lui fût présentée par écrit; c'est ce qui a été fait. Dans cet entretien, il échappa au capitaine plusieurs expressions qui méritent d'être remarquées : « C'était un malheur, mais à qui la faute ? On ne V avait pas commandé! » On lui témoigna l'effroi que l'énoncé de la possibilité seulement d'un pareil soupçon devait causer à des gens d'honneur. Il s'efforça d'atténuer l'énormité du crime en disant : « A nous aussi on a tué des généraux ! 9 Les sensations que de pareils propos devaient faire naîlie en nous de la part d un homme à qui notre sûreté était confiée ne pouvaient être calmées que par la réponse du colonel fiarbatzy, que H. de Jordan . apporta enfin à onze heures. Il n'avait pu voir le colonel lui-même, et quoiqu'il lui eût fait dire qu'il ne venait pas seulement au nom

de la légation prussienne, mais de toute la députation de l'empire, réunie à Rastadt, il avait reçu pour réponse : Que le colonel ne pouvait lui parler, quand même il viendrait au nom de. Dieu le Père et le Fils. M. de Jordan «ut même beaucoup de peine à engager le capitaine, qu'il avait rencontré à Rotenfels, à faire remettre la lettre, parce que, disait-il, le colonel avait déjà reçu assez de courriers et d'estafettes pendant la nuit. M. de Jordan fut retenu si longtemps parce qu'il s'était répandu à Gernsbach un faux bruit touchant une attaque des Français vers Rastadt. La lettre du colonel annonce un homme d'honneur et de cœur. Il promet une escorte pour les personnes de la légation française ; quant à nous, il déclare qu'il sera inutile et inconvenable de les accompagner. Toutes les mesures furent prises sur-le-champ pour le prompt départ. Le médecin et le chirurgien étaient d'avis que ce voyage serait moins dangereux pour la santé de Jean Debry que la continuation de la crise alarmante dans laquelle il se trouvait; lui et madame Roberjot désiraient également de ne pas perdre un moment. Nous partagions leurs sentiments. Le capitaine avait reçu en même temps l'ordre de les accompagner; mais il déclara qu'il lui était expressément défendu de nous laisser sortir avec eux, vu que les légations allemandes pouvaient se retirer chez elles, mais non du côté du Rhin. Quelque révoltant que fût ce traitement, nos réclamations auraient pu occasionner de nouveaux délais, et nous nous tûmes. En conséquence, le baron de Gemmingen commença à stipuler les conditions de la marche. L'escorte devait être composée du major de Harrant avec six hussards de Bade, et d'un officier impérial avec huit hussards de Szecklers. M. de Jordan, secrétaire prussien, qui, par sa mission à Gernsbach, avait fait connaissance avec les militaires, obtint seul la permission de suivre les voitures, grand motif de consolation pour les principaux personnages.

A une heure après-midi, le cortège se mit en roule pour la troisième fois. Qui pourrait s'étonner de voir ces infortunés tremblants et couverts des pâleurs de la mort, lorsqu'ils s'exposaient de nouveau aux plus grands dangers, et qu'il nous était impossible à nous tous de faire passer dans leur cœur la confiance qu'il n'y avait plus rien à craindre 1 ils faisaient semblant d'en croire nos assurances, mais entre eux et à ceux qui étaient les plus près d'eux, ils disaient tout bas : « Nous allons à la mort, nous serons assassinés. » Jean Debry prit congé, de la manière la plus touchante, de ses enfants et de sa femme, qui est presqu'à son terme. Rosensliel recommanda sa famille, qui est depuis longtemps à Strasbourg, à son beaufrère, H. Wicland, conseiller de légation de Weimar. Notre raison les blâma, mais pouvaient-ils avoir déjà perdu le souvenir de ce qui s'était passé ? Ils voyaient dans l'escorte V uniforme de leurs meurtriers. — Dieu soit loué ! ces affreuses appréhensions étaient vaines. Le voyage fut accompli sans aucune rencontre fâcheuse. —

Sur I» tonte, l'escorte des hasards impériaux s'accrvt aa de trente hommes. On ne savait pas encore si PlittersdorfT cnpé par les hussards impériaux on par les Français ; on y des impéria u x. Après cinq quarts d'heure de route, le bac fut appelé par on trompette, et tout le monde fat embarqué sur^e-etmmp. est impossible de décrire le sentiment qui se peignit sur tous les visages ; c'était la transition de la presque certitude d'une mort affreuse à l'espoir d'être sauvé. 11 n'y a pas de mots non ntus pour exprimer leurs témoignages de reconnaissance envers le major Barrant et M. de Jordan. Jean Debry remercia aussi l'officier impérial de l'escorte, en peu de mots que H. de Harrant lui traduisit ; il l'assura que, quoiqu'il soit impossible d'oublier le passé, il se souviendrait de l'escorte qu'il avait enfin obtenue, et que si jamais le sort de la guerre faisait tomber quelques hommes de son régiment entre les mains des Français, lui, Jean Debry, ferait son possible pour qu'on ne se rappelât que la dernière action, et que tout sentiment de vengeance fût étouffé. Il fit un présent à l'escorte.

En quittant Rastadt, sa femme avait remis à M. le baron d'Edebheim un rouleau de cent louis pour les pauvres de la ville. Dans une demi-heure ils avaient atteint le rivage français. Le crime horrible n'y était pas encore connu, et, suivant le rapport des cochers du margrave qui sont revenus, il parait que Jean Debry lui-même s'est efforcé d'en empêcher la publication. Les voitures les suivirent de près, et MM. de Harrant et Jordan revinrent à Rastadt, d'où les légations allemandes étaient parties à cinq heures» puisque, n'ayant aucune nouvelle des voyageurs, elles avaient tout lieu de présumer que les voitures avaient passé heureusement.

Les soussignés attestent, sur leur honneur et leur devoir, que tous les faits énoncés ci-dessus sont de la plus exacte vérité. Mous avons été témoins oculaires de la majeure partie de ces événements, et nous avons vérifié les autres avec l'attention la plus scrupuleuse, d'après l'exposé des personnes qui étaient présentes et qui y ont joué un rôle. Mous n'avons eu en vue que de constater les faits dans toute leur pureté, et de les mettre de bonne heure à Vabri de toute altération. Autant qu'il était possible, nous avons supprimé tout jugement, toute observation, tout accès de sensibilité.

Carlsruhe, le 1" mai 1799.

Signé : le comte de Goertz, le baron de Jacobi, de Dora, de Roseukrarz, de Rechberg, de Refdek, baron de Gatzert, ' comte de Solms-Laubach, Otto de Gemmingem, baron os Kreusn, comte de Taube.

(Extrait du Moniteur, 12 prairial an VII.)

-Là

Sifnaux en télégraphe aérien appliqués «a télégraphe électrique'

(système français).

Fermé Ouvert Indice Urgenee

(repos). (indice de dépêche (indice de dépêche de d'une

privée) service. dépêche

officielle).

Final. Réception. Attente. Erreur.

Indice Alinéa.

des nombres. •

Virgule. -Point.

Apostrophe. Trait Barre Clef

d'union. de du tableau, division, indicatif.

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Lorsqu'ils étaient précédés de la clef une valeur différente.

> ♦ les signaux ci-après avaient

Répétez. Je répète, l'ai reçu. J'ai Comment Je reçois Je reçois Je ne

transmis, recevez-vous? bien. mal. reçois rien.

La droite La droite La gauche La gauche Augmentes Diminues Tournes vamaL neboupe va mal. ne bouge Ja pile. la pile. pour

». wa - P»«- régler.

Oui.

Transmette!.

Transmettez Accusez Mettez le fil La ligne en lettres réception à la terre travaille.

Simples, de cette (en cas dépêche, d'oragr).

Heure

de PAltlS.

Non.

Directeur générai.

Inspecteur Directeur Inspecteur. C ef Station- Surveillant. sjènéraL principal. de station, n ire.

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