VAILLANT, VIARD
La commission exécutive
AL
NoTE G (p. 186).
Neuilly pendant l'armistice. |
Ce n'est qu’à neuf heures précises que les RE de Courbevoie e du Mont-Valérien ont cessé de pleuvoir sur les quartiers des Ternei et des Champs-Elysées. Un des derniers projectiles lancés tombe sut le château de l'Étoile et y met le feu. L’incendie se développe ave rapidité, La foule regarde avec tristesse ce spectacle de désolatiol Les habitants de Neuilly sont là en nombre; ils attendent l'ouv ertuit des portes pour faire une dernière visite à leurs maisons dévastées brûlées, détruites. L'annonce de la suspension d'armes, le beau sole qui brille au ciel, la rencontre faite de voisins et d'amis quumi même espérance réunit — c'est ainsi que le Jowrnal de Paris ra conte sa visite à Neuilly — avaient jeté quelque consolation da cette foule où la gaité était presque revenue; l'incendie allumé 4
cet obus malencontreux ramène la tristesse dans toutes les âmes. se presse vers les portes pour sortir plus tôt. Neuf heures sonnent les portes restent closes. R
Vainement essaie-t-on de parlementer; les gardes nationaux 4 inflexibles : on ne passe pas. L'armistice existe bien cependant ; mé si l'on permet aux habitants restés à Neuilly de venir se réfugie Paris, on ne permet pas aux Parisiens de sortir.
Les malheureux habitants restés depuis trois semaines dans
caves des maisons bombardées sont pour la plupart des êtres faibles : des vieillards, des malades, des femmes, des enfants. Les hommes valides se sont échappés au milieu des balles et sont en sûreté depuis longtemps. Il faut aux faibles créatures encore emprisonnées un secours étranger pour pouvoir profiter du répit qui leur est accordé. Ce secours leur est refusé : chacun doit se suffire à soi-même. Malgré les refus inexorables qu'on oppose à toutes les prières, le plus grand nombre reste dans le voisinage des portes. Repoussé à la porte des Ternes, repoussé à la porte de Villers, on passe enfin par la porte Bineau. Hors des murs, la foule est peu considérable. Ce côté a peu souffert. Les maisons de l'avenue Borghèse sont presque toutes entières, et les fédérés y ont établi leurs ambulances. La dévastation devient à chaque pas plus complète. Ici, une maison a perdu son toit;
là, tout un pau de muraille s'est écroulé. Partout, l'incendie et la ruine.
La foule est devenue plus nombreuse, On sort maintenant par la porte des Ternes. Des Messieurs portant une carte rouge au chapeau, tout comme aux courses, dans l'enceinte du pesage, se proménent d'un air important.
La porte Maillot est impraticable. Le bombarment l'a entièrement détruite. On travaille avec ardeur à la réparer, ce qui est peut-être - peu d'accord avec les conditions d'un armistice.
M. Xavier Eyma, ainsi que le dessinateur M. Hadol, purent sortir de leurs caves.
| N'importe ! Cette journée était triste, quoique la plupart des spec- * tateurs de ces ruines et de ces misères ohéissaient plus à la curiosité | qu'à un sentiment de pitié.
NoTE H (p. 186).
La législation communale,
Sur la proposition du citoyen Protot, délégué à la justice, . -La Commune de Paris,
Considérant que si les nécessités de salut publie commandent Pinstitution de juridictions spéciales, elles permettent aux partisans du droit d'affirmer les principes d'intérêt social et d'équité, qui sont supérieurs à tous les événements :
— 106 — - ea . . L'eM Le jugement par les pairs; À L'élection des magistrats; La liberté de la défense, | % ET Décrète : | | Arr. de. — Les jurés seront pris parmi les délégués de la garde“
nationale élus à la date de la promulgation du décret de la Com- |
mune de Paris, qui institue le jury d'accusation.
ART. 2. — Le jury d'accusation se composera de quatre sections,” comprenant chacune douze jurés tirés au sort, en séance publique « de la Commune de Paris, convoquée à cet effet. Les douze premiers noms sortis de l’urne composeront la première section du jury. ILM sera tiré en outre, pour cette section, huit noms de jurés Supplé>" mentaires, et ainsi de suite pour les autres sections. L'accusé et la