‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 14 sur 124 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

La solde de la garde nationale et des services d’assik tance seront régulièrement continués par les soins des off ciers payeurs de chaque bataillon.

Les fonds publics nécessaires à cet effet sont à la disfk sition exclusive des maires issus du suffrage universel.

Le service sera provisoirement établi dès demain à palais de la Bourse, pour les bataillons dépendant d MAIRIES ENVAHIES.

Il sera repris dans ces dernières aussitôt que les maire et adjoints y seront réinstallés.

Pour les maires et adjoints de Paris :

Les délégués, TiRARD, DUBAIL, HÉLIGON..

Le tour était bon; mais l'argent n’a pas manqu au Comité, et il fut inutile.

Néanmoins, des gardes dissidents du Comité» 5 réunissaient dans les 9 et 10e arrondissements. Qué ils furent un peu nombreux, ils rejoignirent les force

: Ja place de la Bourse, où ils passèrent la nuit, IL avait des vivres : la municipalité nourrit ses troupes, Quelle nuit nous passâmes!

Vers quatre heures du matin, on appelle les gardes 1 9 arrondissement, et on nous forme en colonne zrée. Notre mairie est libre; nous allons la prendre. èlle est la confidence que nous fait un officier. C'est 1 effet vers la rue Drouot que nous nous acheminons , que nous prenons position. Là, nous apprenons ue le 1e arrondissement a repris également sa mai- 6, et déjà on pouvait espérer que notre attitude alit modifier les conditions qui nous étaient faites. Nous avons été joués. Nos chefs, les chefs de ordre, étaient plus préoccupés de questions personalles et d’ambition que du bien général. Tous vouent se faire remarquer et commander en chef, ce ai, vingt fois, faillit amener des accidents. Il n’y ait pas d'unité de commandement. Les uns preaient leurs ordres à la mairie du 2 arrondissement ; s autres les prenaient au Grand-Hôtel, où M. Saistb était censé résider. Aussi cela a-t1l fini par réaire à rien la bonne volonté de ceux qui étaient nus prêter la main à M. Saisset. On nous a leurrés 2 contes bleus. On nous disait: «IL y a dans les hamps-Élysées dix mille marins et vingt mitrailuses. » Ou bien on nous apprenait en grande conflence que le. 16° arrondissement, qui tenait pour brdre, était maitre de trois portes de Paris : Passy,

Versailles et la Muctte, par lesquelles entreraient | troupes qui devaient appuyer, mais non commen( le mouvement dans Paris. |

Si J'insiste sur ces faits, c’est pour préciser la tuation et montrer que le gouvernement, en quitté Paris et en ne faisant rien, est cause que la guel civile a ensanglanté nos murs si longtemps. On po vait moins attendre, et on a trop attendu.

Enfin le jour se lève, n apportant rien de nouve à notre situation. L'Hôtel-de-Ville est plus formidab ment gardé que de coutume; la place est un vrai pe d’arüllerie. Les curieux ont de la besogne pour te voir. La ligne des boulevards est garnie de factice naires depuis la Madeleine jusqu’au Château-d'Ea chaque quartier se garde, et les aboutissants des ru sont hérissés de baïonnettes. Il y a de la guerre civ dans Pair, et un vieillard, assis sur un banc dev: la rue du Sentier, s’écrie :

— (à me rappelle 48!

Et 11 est de fait que la collision a été imminer un moment entre un bataillon de Belleville et] troupes massées dans la rue Drouot.

IL est trois heures de l'après-midi lorsqu'un gra mouvement se produit sur le boulevard Montmart Des femmes, des hommes, en courant, passent deva nous, campés dans la rue Drouot, en nous disan

— On vient vous attaquer! Ils ont des canons!

A tout hasard, notre commandant nous fait prend

ul S armes. Au mème instant un colonel d'état-major : la garde nationale arrive à nous tout effaré :

—— Tenez bon! L'amiral est dans le 2€ arrondisseent, prêt à venir à votre secours !

Nous nous regardons, chacun glisse une cartouche ins son fusil. On se serre la main, et on se met enligne. Un cordon de tirailleurs, qui précédait ce bataillon, arrête à notre vue et hésite. La troupe qui arrivait mne le : halte-là! Nous ne bougeons pas. Le comandant bellevillois donne quelques ordres. Des arleurs avinés essaient de sonner le: en batterie! Hs aient six canons; mais leur sonnerie est coupée ar celle du bataillon ordonnant : en avant! Et le mmandant, se retournant sur son cheval, commande ses hommes :

— Portez armes!

On nous rendait les honneurs, nous étions isolés ; otre commandant nous fit également porter les rmes.

Ils ont crié en passant: Vive la République! et lusieurs d’entre nous ont fait chorus.

Aussi, après ce brillant exploit, plusieurs gardes uittérent-ils les rangs! Ou les gens qui passaient faient des assassins, et nous ne devions leur rendre ucun honneur, ou si nous leur rendions les honeurs, nous ne valions pas mieux qu'eux. C'était une osition fausse que la plupart tranchérent en se reant,

eue

Quant à l'amiral Saisset et au colonel d'état-major nous n’en avons plus eu de nouvelles.

Une heure après cette alerte, M. Desmarest, mair élu du 9 arrondissement, venait pour reprendre pos session de sa mairie. Il se disait porteur de pro messes de Versailles, et la conciliation débordait dan ses discours, |

Le fait est que, peu aprés ses paroles, on pouvai lire la proclamation suivante :

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