‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 15 sur 124 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

Chers concitoyens,

Je m'empresse de porter à votre connaissance que, d’ac cord avec les députés de la Seine et les maires élus de Paris, nous avons obtenu du gouvernement de l’Assemblée ut LE

1° La reconnaissance complète de vos FRANCHISES MU= NICIPALES ;

2° L'élection de tous les officiers de la garde nationale, y compris le général en chef ;

30 Des modifications à la loi sur les échéances ;

4° Un projet de loi sur les loyers, favorable aux Jocataires, jusques et y compris les loyers de 4,200 fr,

En attendant que vous confirmiez ma nomination ou que vous m’ayez remplacé, je resterai à mon poste d’honneur pour veiller à l'exécution des lois de conciliation que nous avons réussi à obtenir, et contribuer ainsi à l’affer= missement de la Républithe:

Paris, 23 mars 1871.

Le vice-amiral, commandant en chef provisoire, SAISSET,

EAN + ee

Cette proclamation avait le tort de limiter les fa- Eurs à accorder aux locataires à 1,200 fr.; car ce ue Versailles devait chercher à s’attirer, c’étaient # boutiquiers; tous ayant des loyers supérieurs, lersailles continuait à se les aliéner.

Cette proclamation ne fit aucun effet. Saisset devint populaire, et le nombre des gardes nationaux amis le l’ordre diminua.

Pendant ce temps-là, que fait le Comité central? 1 fait savoir que lui aussi s’occupe des loyers, et, dans 4 séance de ce jour 23 mars, il décide le dégrèvement, mais en remet la décision au Conseil municisal élu qui prendra les affaires dès après les élecions.

La journée s’est terminée bizarrement.

Deux fourgons d'artillerie, chargés de fusils et de munitions, s’aventurent rue de Valois et sont entourés par des gardes du 2° arrondissement, lesquels font une trentaine de prisonniers, désarment environ cinquante hommes et confisquent les fourgons, qui sont amenés dans l’intérieur de la Banque, que l'on a déjà commencé à créneler et à fortifier.

Que faire de ces prisonniers?

L'idée vient de les diriger sur Versailles.

On les mêne à la gare Saint-Lazare, occupée par l'ordre ; on les met en wagon, escortés par vingtcinq gardes nationaux.

Tout va pour le mieux; mais à Asnières Île train

=: fee s'arrête. Des gardes nationaux fouillent le train : { sont des fédérés qui délivrent leurs amis et arrête ceux qui les conduisaient à Versailles.

Ce petit tour de passe-passe a amusé Paris pendai vingt-quatre heures.

Le 2%, nous sommes encore sur le terrain de | résistance armée et des tentatives de négociation. L place de la Bourse tient toujours garnison ; l’'amirs Saisset est toujours à son quartier-général du Grand Hôtel. La séance du Comité central est surtout im portante dans la partie dite séance secrète. Ces séances que le Paris-Journal publiait avec beaucoup de crâ nerie, lui étaient vendues par un membre de la Con mune. Le journal l’a dit lui-même. Quand le Comit reçut les délégués de la mairie du 2e arrondissement, il se forma en comité secret, et voici ce qui 4 passa : k

Le citoyen Assi prend la parole: « Citoyens, dans les circonstances actuelles, la guerre civile peut être un crime civique; elle est nécessairement une nécessité que nous pouvons dire fatale. Voici les conditions que nous offre le gouvernement. (Suit la lecture des propositions.) Certes, je suis prêt à vous proposer de les accepter; mais en présence du retard demandé pour les élections et de l'attitude douteuse de l’Assemblée, je crois qu'il est sage de les re- Jeter. L

« Si nous retardons les élections, le pouvoir, qui est le SYnonyme de la réaction, viendra peser de tout son poids sur les électeurs. I] dirigera le vote de telle façon que nous, les

Page 1