‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 16 sur 124 · MAS · texte numérisé non relu

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inqueurs d'aujourd'hui, nous serons non seulement les iincus, mais les proscrits de demain.

« Nous sommes les maîtres de la situation ; nos adverüres, bien que décidés en apparence à la lutte, n’ont ni rganisation, ni communauté d'idées. Un seul jour de rewrd peut tout perdre. Si les maires et le gouvernement ne eulent pas accepter la date de dimanche pour les élections, ous devons rompre les négociations. »

Le citoyen Bergeret est d'avis de rompre les négociations t de se préparer à la lutte à outrance. Après quelques nots du citoyen Billioray, l'assemblée nomme deux memres qui doivent se rendre à la mairie du 2° arrondissement.

Ces délégués doivent accepter au nom du comité toutes es conditions proposées par l'amiral Saisset ; mais les sections devront être faites au jour fixé par les représenants de la garde nationale. La séance est suspendue.

A minuit, les délégués reviennent annoncer que le souvernement repousse les élections à bref délai.

Le Comité, à l'unanimité, déclare les négociations entamées nulles et non avenues.

La séance est levée aux cris de : « Vive la République! vive la Commune! »

Avec des dispositions pareilles, toute tentative honuète devait échouer. Nous verrons bien que €est ce qui arriva.

La jeunesse des Écoles s’est tenue à l'écart du mouvement insurrectionnel qui devait aboutir à la Commune de Paris, faute de mieux. C’est même un fait

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trés-Significatif et que les historiens devront me: tionner avec soin : le quartier Latin est resté muet,

Dès le premier jour, l'École polytechnique avait offer] ses services à l'amiral Saisset : l'École de médecin suivit l'exemple donné par la polytechnique. Le ven: dredi 24 mars, à deux heures de l'après-midi, une réunion de trois cents délégués a eu lieu à l’'amphithéâtre de l'École de médecine ;: le docteur Trélat y a fait un discours des plus patriotiques qui a soulevé l'unanimité des assistants, qui prirent l'initiative d’une déclaration en réponse aux menaces du Comité central.

Voici ce document :

La jeunesse des Écoles, assemblée dans l’'amphithéâtre de l'École de médecine, considérant que le Comité central a porté atteinte au suffrage universel :

Déclare qu’elle fait cause commune avec les représentants et les maires de Paris, et qu’elle est prête à futter avec eux par tous les moyens possibles contre ce Comité sans mandat populaire.

Elle affirme, en outre, qu’elle répudie toute espèce de complicité avec la réaction ; qu’elle entend repousser toute tentative de coup d'État venant du pouvoir, et veut maintenir, pleine et entière, la République une et indivisible,

Paris, le 24 mars (871. -

Et pourquoi ce mouvement spontané de tout ce qu'il y à de jeunes intelligences contre le mouvement du 18 mars? C'est que les Écoles avaient compris

2h ie importance, la nature et le but de ce mouvement. e n’était pas la hiberté qu’on leur apportait, c'était | licence ; ce n’était pas un règne de lumière, mais ñ avènement d’éteignoirs. Ceux qui savent n’ont rien wagner à être commandés par des ignorants. Ce ‘étaient pas des penseurs qui arrivalent au pouvoir, étaient des manœuvres; et s’il répugne à un homme bre d’être commandé par un ivrogne, à plus forte aison des savants. des hommes de science, devaient ejeter loin d'eux le gouvernement des fruals secs.

Un des chefs du mouvement avait dit d’ailleurs ces aroles, que l’on connaissait au quartier Latin.

On parlait de l’École polytechnique :

— À quoi cela sert-1? demanda le personnage, À onner des Mac-Mahon et des Bazaine.

— Mais il en sort des ingénieurs ! lui fut-il répondu. + Des ingénieurs! répliqua-t1l, la belle affaire ! St-ce que ce sont eux qui construisent les ponts, lèvent les digues et bâtissent les monuments ? Ce ont les ouvriers! Les ouvriers n’ont pas besoin de es. feignants | … Je crois même qu’il a dit de ces j... L..

Les Écoles se le tinrent pour dit, et protestérent ontre le règne des ignorants.

| La nuit du 24 au 25 füt orageuse; mais le 25 aù

inatin tout était arrangé. Les amis de l’ordre en avai@l assez; de guerre lasse ils abandonnaient la positiôt et les élections avaient lieu le 26 mars.

Le Comité central triomphait. Il avait les mairiés il allait avoir sa Commune, et l'amiral Saisset opéra cette belle retraite précipitée dont je vous ai déj parlé. En partant il laissait, entre autres, un papié que reproduisirent les journaux de Paris :

Copie d’un ordre du vice-amiral Saisset adressé m colonel Trève de la garde nationale, et remis M. Dupont par son aide-de-camp.

J'ai l'honneur d'informer MM. les chefs de corps, officiers, sous-officiers et gardes nationaux de la Seine, que jé les autorise à rentrer dans leurs foyers, à dater du sa: medi 25, sept heures du soir.

Le vice-amiral commandant en chef garde nationale de la Seine,

Signé : SAISSET.

M. Saisset chargea M. Tirard de transmettre és remerciments de M. Thiers aux bataillons réunis 4h Bourse, et rien n’empêcha plus la comédie sinistre du Comité central de se jouer en toute liberté.

A mesure que le parti de l'ordre perdait du 16 rain, Où mieux qu'il cédait du terrain, les insurgés consolidaient le leur.

DU

Considérant que la situation réclne des mesures raides 5

Que de tous côtés des commandements supérieurs, couinuant les errements du passé, ont, par leur inaction, mené l'état de choses actuel; que la réaction monarhique a empêché jusqu'ici, par l’émeute et le mensonge, es élections qui auraient constitué le seul pouvoir légal de MES ;

En conséquence, le Comité arrête :

Les pouvoirs militaires de Paris sont remis aux délégués 3runel, Eudes, Duval.

Ils ont le titre de généraux et agiront de concert, en atendant l’arrivée du général Garibaldi, acclamé comme rénéral en chef.

Du courage encore et toujours, et les traitres seront déoués.

Vive la République !

Paris, le 24 mars 1871.

Le Comilé central de la gurde nationale.

Voila comment on prend le peuple ! IE a cru que Garibaldi était du Comité, et il a voté pour le Comité. Garibaldi n’est pas venu; mais qu'est-ce que cela peut faire à ceux qui ont métier de leurrer de pauvres gens? Ces trois généraux nommés font leur proclamation AUSSI :

Citoyens, Appelés par le Comité central au posle grand ei périlleux

de commander provisoirement la garde nationale républicaine, nous jurons de remplir énergiquement cette mission,

afin d'assurer le rétablissement de l'entente sociale entr tous les citoyens. |

Nous voulons l’ordre... mais non celui que patronnen les régimes déchus, en assassinant les factionnaires paisibles et en autorisant tous les abus.

Ceux qui provoquent à l’émeute n’hésitent pas, pour af! river à leur but de restaurations monarchiques, à se servi de moyens infâmes ; ils n’hésitent pas à affamer Ja gard nationale en séquestrant la Banque et la Manutention.

Le temps n'est plus au parlementarisme : il faut agir, € punir sévèrement les ennemis de la République.

Tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous.

Paris veut être libre. La contre-révolution ne l’effraie pas ; mais la grande cité ne permet pas qu’on trouble im punément l’ordre public.

Vive la République !

Les généraux commandant, BRUNEL, E. DuvaL, E. EuDEs.

Le 24, les Écoles avaient protesté. Voici ce qui arriva le lendemain. Deux jeunes élèves de l'École polytechnis que, revôtus de leur uniforme, se trouvaient dans les environs de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ils remat> quérent qu'on les filuit. Quatre hommes, en effet, dé mine assez rébarbative, quatre gardes nationaux, lék suivaient. Arrivés à la hauteur de la rue Descartes un élève s'arrête devant une porte ; aussitôt les quatre hommes mettent le couteau à la main. Devant cette agression, 18 tirent leurs épées, appellent au secours!

=D — t ne lardent pas, autant par leur courage que par ur tapage, à contraindre les assassins à s'enfuir. es élèves, à la suite de ce fait et de quelques autres e même nature, furent remis à leur famille,

Le Comité ne fut jamais ennemi de l'esprit français: t tandis que le Journal officiel changeait presque tous es jours de rédacteur en chef, le Petit Officiel du oir pétillait de toute la verve des gens d'esprit de es Messieurs : on y lisait sous la rubrique Cà et là les traits d’une finesse de goût et d’un atticisme!.….. ugez plutôt!

Dans le Français, une ânerie tellement impériale, qu'il

st impossible de la passer sous silence :

Le fait suivant nous est raconté par une personne digne

le foi (?) :

Il y a quinze jours, à Bruxelles, un étranger racontait jun Francais — actuellement à Paris — qu’il venait de

voir la princesse Mathilde.

| Celle-ci se promenait comme une lionne dans son appartement, en disant : « Les malheureux! ils ne savent bas que mon cousin Napoléon IT a en main Montmartre et Belleville! »

| Qu’en pensent les indigènes des localités citées ?

| La descendante de l'aigle impériale (je parle au point de rue de lard), cette vieille fille-insoumise à la préfecture — qui se promène comme une lionne!

| Ses feux sont passés, que diable !

Et l’étranger de bonne foi (badaud, va!) qui prétend

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