‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 19 sur 124 · EU · texte numérisé non relu

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On à cherché à arrêter plusieurs personnes ; il ÿ eu un mandat d'amener lancé contre M. Mottu. Nel trouvant pas, on prend son adjoint; le commandar Valligrane, du 129°, est arrèté également ; Chouteau le citoyen Chouteau, du Comité cent al, est aussi em prisonné. On allait bien. Vers six heures et demie deux cents hommes venant de Ja place Vendôme s'ar rêlent devant la salle des conférences du boulevar des Capucines, et demandent au concierge les nom des personnes qui ont convoqué une réunion pour @ jour, dimanche. Refus du concierge de livrer ces noms; immédiatement, l'officier commandant le déta: chement menace de livrer la maison au pillage. De: Yant celte menace, le concierge livre les noms.

M. C. Morel, qui met sur ses cartes : secrélaire di M. le duc d'Aumale, aurait été recherché également; enfin le soir, vers dix heures, la fusillade du 22 s’est renouvelée, mais en petit. heureusement.

La scène s’est passée placée du Carrousel, et voici comme la racontée un journal :

€ Hier soir, à dix heures, plusieurs détonations d’armes à feu se faisaient entendre sur la place du Carrousel, et un jeune homme de vingt-deux ans, M. Trémelot, tombait mortellement frappé d’un coup de feu dans le côté gauche. -

€ Onze personnes se trouvaient à quelques pas de la victime et n’ont pas été touchées, grâce à Ja présence d'esprit de Pune d'elles, M. Pan Ray, employé

né 280 ve

w tir du Point-du-Jour, qui avait entendu le cliuetis des fusils qu'on armait. Il cria : «€ Couchezsus! » Les assistants se jetérent à terre; seul, L» Trémelot n'entendit pas ou ne comprit pas l’appel e M. Ray.

« Cinq coups de feu ont été tirés sur Ja victime ; n seul l’a atteint : la balle a frappé la poitrine à un #mtimètre au-dessous du cœur et est sortie par le os. M. Trémelot est mort dans la matinée, à l’hosice de la Charité, où il avait été transporté d'office. « D'après la version de ceux qui ont fait feu, un iividu inconnu aurait tiré deux coups de révolver. mmédiatement, le poste situé près de la grille des uileries fit cette décharge; mais, naturellement, érsonne parmi les assistants n’a entendu les coups @ révolver. »

Toute la nuit on dépouilla le srutin. C’est au moins e que disent les journaux de la Commune ; mais il cirula en ville un quatrain que nous avons recueilli et ui explique différemment cette besogne nocturne :

Le Comité craignant — prévoyance louable — Quelque bonteux échec en ouvrant le scrutin, S’est commandé, dit-on, une urne inépuisable Comme cette bouteille en vogue chez Houdin.

Sûr du succès, le Comité central ne songea plus qu'à omber avec grâce comme un lutteur antique, et à ormer un Sous-Comité destiné à ne pas abdiquer,

— 60 — | sinon le pouvoir, du moins le contrôle. Le citoven À se chargea de le former.

Ainsi, voilà comme fonctionnent nos maitres!

théorie, ce ne sont que principes purs et condui chevaleresques; mais en pratique, ce sont des tyr: déeidés, habiles et peu serupuleux. Ah! nous étic bien tombés !

Le lendemain du 26, on continue à dépouiller votes, car ce n'est pas un imince travail, paraît-il ; tandis que les employés comptent et recomptent, Comité se réunit et se déclare en permanence jusq ce que le résultat des votes soit proclamé. M. An gnoux demande à ce que la proclamation des vol soit accompagnée d’une solennité imposante; imm diatement, on propose pour modèle la fête de Fédération de 89.

Lette idée est acceptée, et le citoyen Géresme, élu du suffrage communal, corsetier de son état, « chargé des splendeurs de la fête. Ceci fait, le gra Comité central s'occupe de choses plus sérieuses la formation de l’armée de Ja Commune. Ce ne so pas à des gens qui ont combattu PEmpire qu'il fa demander de faire autrement que lui. Sur quoi basait l'Empire? Sur sa garde; la Commune aus aura sa garde, et c’est le Sous-Comité qui la lui co fectionnera. On formera vingt-cinq bataillons de ma che avec haute paie de 2 fr. 50 par jour, vingt ba teries d'artillerie, autant de batteries de mitrailleuse.

Gt — Et voici les noms des metteurs en œuvre de ces ces :

e général Duval organisera l'artillerie.

Le général Henri organisera l'infanterie.

Le général Cluseret organisera l’administration. Et maintenant, vogue la galère! Demain on proelaera le résultat des votes.

De tout temps, Officiel à été bon à lire, et cela us tous les gouvernements. Ce jour, 27 mars, POfïel est assez intéressant, En tête de sa partie non ficielle, on lit :

Nous reproduisons l’article suivant du citoyen Ed.

üllant, article qui nous paraît répondre d’une façon sa-

faisante à une des difficultés du moment.

Le délégué, rédacteur en chef du Journal officiel, Ch. LOXGUET.

On nous assure, mais la nouvelle n’a rien d'officiel, que duc d’Aumale serait à Versailles. Si cela était vrai, c'est ie, de Bordeaux à Versailles, le duc d’Aumale n'aurait s rencontré un citoyen.

C’est par des faits semblables que lon voit combien Île ms moral et civique s’est affaissé. Dans les républiques anques, le tyrannicide était la loi. Ici, une prétendue morale ÿmme assassinat cet acte de justice et de nécessité.

Aux corrompus qui se plaisent dans la pourriture morchique, aux intrigants qui en vivent s’unit le groupe des ais sentimentaux.

Ceux-ci déclarent que ces pauvres diables de princes

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ne sont pas responsables des crimes de leurs pères, de 1 nom, de leur famille, pas plus que ne le serait le fils Tropmann.

Ils oublient que le fils du forcat n’est pas condamné f l'opinion publique s’il n’est forcat lui-même ; mais, à jui titre, la défiance s’attache à celui dont la jeunesse a ( subir l’influence de si mauvais exemples, dont l’éducati première a eu un tel directeur. |

De même un prince, fils de prince, qui continue à ‘À peler prince, et qui, comme le d’Aumale en question, à venir poser dans ja France républicaine la question mi narchique et la candidature de sa famille, excite notre ce lère et appelle notre justice. |

Et quand même ces princes, qui rêvent de nous rejetl dans l'oppression, auraient été éclairés par le génie de révolution, ils devraient alors comprendre qu'ils ne do vent pas devenir des agents de discorde et de guerres Ci viles, et ils devraient se condamner eux-mêmes à allé expier dans une contrée lointaine le malheur et la hon de leur naissance.

Car il ne suffit pas qu’ils se prétendent sans ambition; = nous nous rappelons les serments et les protestations & Bonaparte — fussent-ils sincères, leur nom, leur présence. seraient exploités par ceux que l’ambition, l'intérêt, l'in: trigue attachent à leur fortune, et, quelle que fût la volonté du prince, son influence néfaste serait la même. |

De même que, dans le cours inaltérable des choses, tou élément discordant est éliminé, et rien de ce qui est contre l’équilibre ne pourrait prévaloir, de même, dans la société, tout objet de trouble dans l’ordre moral, tout obstacle à la

réalisation de l'idéal de justice que poursuit la révolution doit être brisé.

PL Lu société n'a qu'un devoir envers les princes : LA ORT. Elle n’est tenue qu'à une formalité : la constalion d'identité. Les d'Orléans sont en France, les Bonarte veulent revenir : que les bons citoyens avisent !

On pourra se demander quel est ce Vaillant qui mseille le crime aux autres en se donnant bien de arde de mettre lui-même en pratique ses aimables éories. Nous avons voulu aussi le savoir. (C'est un omme de quarante ans, un journaliste. Il est de le et à collaboré au Propagateur de cette ville. près avoir été employé dans une manufacture de ïbac, il vint à Paris pour donner un libre cours à es inspirations. Il a collaboré dans plusieurs jouraux supprimés, et il est membre de la Commune ét un des plus acharnés.

L'article produisit un sentiment de répulsion dans e public; mais il n'eut pas le temps d'y penser eaucoup. On venait d'apprendre le nom des élus lu 26.

Premier arrondissement.

\pam (Adolphe), négociant, 50 ans. — C (1).

MÉLINE, avocat, 40 ans. — C.

2ocHARD, gérant de la Belle-Jardinière, 45 ans. — C. 2aRRÉ, marchand de tabac. — CG.

() Le C majuscule indique que, dans les circonstances, ceux levant le nom desquels se trouve cette lettre sont des Canserva-

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