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Arrestations. -— M, Lamontagne, notaire, rue Thérèse, », est arrêté, accusé d’être le notaire de M. le maréchal Mac-Mahon; M. Le Flem, professeur de fittérature, rue de la Faisanderie, 24, est emprisonné sous laccusation d’avoir fait des signaux au Mont- Valérien ; rue Mansart, au n° 27, un appartement loué par le maréchal Bazaine est dévalisé par des gardes nationaux.
Pauvres pêcheurs ! — La pêche, même à la ligne
: flottante, est interdite dans Paris.
La Commune, dans sa prévovance, n'oublie rien.
Défense intérieure. — Une barricade se construit sous l'Arc-de-Triomphe de l'Étoile; les fédérés enlèvent leur batterie du Trocadero, qu'ils auraient aussi bien fait de ne pas élever, puisqu'elle ne leur à été d'aucune utilité.
La Commune en séance. — Le citoyen Courbet, dit le peintre d’Ornans, veut que le délégué aux relations extérieures adresse un manifeste aux puissances européennes pour réclamer la reconnaissance des fédérés comme helligérants. À cette aberration,
le citoven Paschal Grousset répond maiestueuse-: v J!
ment : « Qui oserait nous contester la qualité de « belligérants? L'Europe est fixée maintenant, et & quoiqu'il soit peu décent de la faire intervenir
« dans nos luttes intestines, elle sait que si le carac-
«tère de belligérants pouvait être refusé à l'un des « deux partis, ce n’est pas à celui de la Commune, € qui est celui de la loyauté. »
La Commune à bien décrété que le travail de nuit est supprimé pour les boulangers. Mais décréter et exécuter sont deux, et le travail de nuit continue toujours. Aussi, graves débats à ce sujet; il semble qu’il s'agisse d’une importante question politique, et le citoyen Vermorel qui, sans doute, préfère le pain rassis au pain tendre, s'écrie qu'il serait injuste de lasser une classe intéressante de travailleurs séparée de la société au bénéfice de l'aristocratie du ventre. Devant cette suprême raison, qui fait songer aux Béotiens, la Commune maintient son décret, qui aura effet à partir du 2 mai, et le ventre verra ses aristocrates châtiés comme ils le méritent.
Les marchands de vin persécutés. — Ordre aux marchands de vin habitant Levallois, Clichy et Saint-Ouen, de fermer leurs établissements à partir de deux heures.
Faute de se conformer à cet ordre, autorité militaire se verrait dans l'obligation de sévir rigoureusement.
Journée du 29 avril.
Manifestation franc-muçonnique. — Dans cette fan-
tasmagorie révolutionnaire à laquelle Paris assiste
MT depuis déjà quarante-trois Jours, cétté manifestation n'est pas l’un des épisodes le moins curieux (1).
Ces trois mille francs-macons revêtus de leurs insignes, marchant gravement, banniéres au vent, et allant froidement, courageusement, planter leurs banniéres sur des remparts que, tout le jour, des obus et des balles mitraillent, présentent un spectacle 1mposant ; aussi, la foule qui accourt sur leur passage les acclame-t-elle par les cris de: « Vive la République! » auxquels se mêlent quelques « Vive la Commune! » Chacun a confiance dans ces hommes qui vont exposer leur vie pour essayer. d'épargner celle de leurs semblables, et on souscrit à l'espoir que la fin de la crise est prochaine. Vaine espérance, car les bannières des francs-maçons ont été, par Versailles, traitées comme le drapeau rouge de linsurrection, et il ne pouvait en être autrement.
Arrivés à la porte Maillot, ils se divisent en deux groupes dont l'un, le principal, formé de quarante franes-macons environ, s’avance par la route qui fait face au Mont-Valérien, marche jusqu'aux remparts et plante les bannières de cent mêtres en cent mètres jusqu’à la porte Maillot.
Trois délégués seulement ont permission de passer les lignes versaillaises, où ils sont reçus parle
(4) Voir à la note 1 le récit publié par l'Officiel'sur l'arrivée à l'Hôtel-de-Ville de la manifestation, et sur son départ pour la porte Maillot,
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général Leclere, qui les conduit au général Montau-
don (F.7.). Deux de ces délégués partent pour Versalles; le troisième revient à Paris, porteur de la planche suivante :
Courbevoie, 29 avril 1871.
MM... Fr.
M. le lieutenant-général nous envoie auprès de M. le chef du pouvoir exécutif, à Versailles. Jusqu'à ce que notre mission soit remplie, et jusqu’à notre retour, vous voudrez bien prévenir les citoyens membres de Ja Commune que l'autorité militaire entend qu’aucuns travaux ne soient exécutés du côté de Paris, comme aussi qu’on fasse bien attention de ne point ouvrir le feu, parce que, de son côté, elle ferait immédiatement tirer à son tour.
Les parlementaires délégués, J'ABREGUETTE, TÉRIFOCQ, LEVACQUE.
Contre-partie. — Pendant ce temps, la lutte est.
fortement engagée entre Issy, Vanves et Montrouge pour les fédérés, et Meudon et Châtillon pour les Versaillais; de chaque côté, les morts et les blessés augmentent, Cest le seul résultat obtenu de part et d'autre.
iéformes. — L'intendance générale est supprimée: mais conne la Commune à beaucoup d'amis à satisfure, cette intendance sera remplacée par :
Un payeur général pour le service de la solde, un directeur de la Manutention pour le service des vivres, un directeur de Phabillement, un directeur du cam-
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pement, un directeur des lits nultaires, un directeur des hôpitaux, un directeur des approvisionne= ments. Un inspecteur général veillera à Ja prompte exécution des ordres.
Et fidèle à son système de dé iance, la Commune nomme en plus une commission de contrôle.
Comme jusqu’à présent, sans doute, le système de la défense allait comme il voulait, sans règle comme sans ordre, le délégué à la guerre répartit les forces de la Commune en divisions et subdivisions, sous le commandement des deux Polonais généraux Dombrowski et Wrobleski.
. Frère contre frère. — On arrète un Jeune homme de vingt-six ans: on Aie au fort d’Issv, malgré ses supplications pour aller auparavant prévenir et embrasser sa mère, et surtout malgré ses réclamations, "son frère étant actuellement soldat dans l'arnée de Versailles.
Les sauvages sont moins féroces.
Neuilly n'avait pas encore assez souffert! Le maire a reçu l'avis suivant :
PLACE DE NEUILLY. Neuilly, 29 avril 1871.
État-Major. QUARTIER GÉNÉRAL.
Au citoyen maire de Neuilly.
| Citoyen, Veuillez avoir l’obligeance d'annoncer aux habitants de
votre commune d'évacuer Neuilly dans les vingt-quatre heures.
Veuillez en même temps les prévenir que, faute par eux de se conformer à cette prescription, je me verrai forcé d'employer les moyens de rigueur.
Le général en chef, PoupROWsKT.
Journée du 30 avril.
Le fort d'Issy. — Enfin, un pas en avant est fait par les défenseurs du droit. Le fort d’Issy, bombardé à outrance les jours précédents, est évacué par les fédérés. Ceux-ci avaient essayé la veille de se fortilier un peu à l'abri de ce qui restait du rempart de cette forteresse; ils avaient placé une énorme piéce de marine entre les deux casernes. Mais ces ouvrages ne purent tenir sous les feux croisés des batteries de Châtillon, Meudon, Fleury et Clamart, auxquels répondaient en vain le Point-du-Jour et les bastions de Vaugirard.
Après un combat de deux heures, les fédérés se replient en désordre, laissant un grand nombre de morts; le 161c bataillon, de Ménilmontant, est écrasé. Cependant, les Versaillais n'occupent encore que les Moulineaux. Le feu continue, mais avec lenteur. Le commandant du fort disparait; les fédérés sans chef se désespérent. Quelques officiers essaient de prendre le commandement : ils ne sont pas écoutés. Des alters
cations s'élèvent : les uns veulent rester, les autres parur. On tient conseil, et il est décidé que les trois cents fédérés qui occupent le fort rentreront dans Paris. Ce qui fut fait. Quelques entêtés -— l’entêtement, dans ces Cas, devient de l’'héroïsme! —- restent néanmoins à leur poste, décidés à mourir plutôt que de fuir ou de se rendre. Mais, par on ne sait quelle cause, les Versaillais n’occupent pas encore le fort d'Issy abandonné par sa garnison.
Arrestation de Cluseret. — Depuis le combat: de Wissembourg, les Français n'ont pas pu subir un échec sans crier à la trahison. Les fédérés ayant quitté Jeur poste à Issy, rentrent dans Paris en disant :
— Nous sommes trahis! nous sommes trahis!
A six heures du soir, le délégué à la guerre, le général Cluseret, est arrêté, accusé de connivence avec Versailles, et emprisonné à Mazas, dans la même cellule occupée par Bergeret lui-même, ainsi que nous lavons déjà dit.
Résultat de la manifestation franc-maçonnique. —— À dix heures du matin, les francs-maçons sont réunis dans la salle Dourlans, boulevard de Wagram, pour entendre le rapport des deux délégués revenus de Versailles. Ce rapport est loin de présenter les conclusions que tout le monde en espérait : M. Thiers a déclaré aux délégués qu’il n'avait rien à ajouter à la réponse
qu'il avait déjà faite à la précédente délégation franc-
maconnique. Done, la lutte va recommencer plus ardente que jamais. Aussi, à cinq heures du soir, Paris est
épouvanté par l'horrible canonnade qu'il entend : ca-
nons, chassepots, mitrailleuses font vibrer Pair de leurs
mortelles détonations. Jamais les Versaillais n’ont mis
plus d’acharnement dans l'attaque’; jamais les fédérés
n’ont mis plus de rage dans la défense. À neuf heures,
le combat est à son apogée, et les habitants, terrifiés
par le bruit du bombardement, contemplent avec stu-" peur le ciel teint d’une sinistre lueur rougeâtre. Des
obus versaillais ont mis le feu en différents endroits :
aux Ternes, rue des Acacias, derrière la rue de
Presbourg, dans uné carrosserié et à la barrière de
l'Étoile. Vers minuit, le calme se fait un peu; fédérés et
Versaillais s'arrêtent fatigués, et, comme de coutume,
chacun est au même point qu'avant le combat.
Grand meeting. — Après la manifestation francmaçonnique, celle de l'Alliance républicaine des déparlements, qui à convié à un grand meeting les ci-« toyens des départements actuellement à Paris. À deux heures, trois mille personnes sont rassemblées dans la cour carrée du Louvre (pavillon de Sully). Une estrade ornée de draperies rouges est placée au milieu de la cour, destinée aux membres du bureau de l'Alliance républicaine. Après la lecture du manifeste de la ligue départementale, et quelques discours dans
ons
lesquels on entend les mots de Liberté, Fépublique, Commune, M. Millière, président, donne connaissance d’un document par lequel lAUiunce républicaine adhère à la Commune. L'on décide ensuite que cette résolution sera portée immédiatement à l'Hoôtelde-Ville. Le cortège se met en marche, drapeaux rouges en tête; les manifestants avaient le nom de leurs départements soit à leur casquette, soit au bout dun parapluie (il pleuvait), et vont, en cet équipage, porter à la Connnune le résultat, préparé d'avance, de la délibération.
Fédération artistique. — Après la fédération des artistes peintres, graveurs, dessinateurs, inventée par le citoyen G. Courbet, qui s’est nommé à la majorité absolue président des artistes, vient Ja fédération des artistes des théâtres et des concerts, dont le but est de donner des représentations au bénéfice des blessés, veuves et orphelins de la garde nationale. Six cents personnes font partie de ce bataillon qui sert la cause de la charité, tout en offrant un refuge contreles compagnies de marche à ceux qui préférent le commerce des muses aux drames de la tranchée et du champ de bataille,
La Commune dans le sel.
Le délégué au ministère de l’agriculture et du commerce donne avis aux houlangers qu'il tient à leur disposition, au