‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 61 sur 124 · PR · texte numérisé non relu

PR

Neuilly, et dirigera directement les opérations sur la rive.

droite.

Le général La Cécilia dirigera les opérations entre la Seine et la rive gauche de la Bièvre. Il prendra le titre de général commandant le centre.

Le général Wrobleski conservera le commandement de“

laile gauche.

Le général Bergeret commandera la première brigade

de réserve.

Le général Eudes commandera la deuxième brigade active de réserve.

Chacun des généraux ci-dessus désignés conservera un quartier à l’intérieur de la ville, ainsi qu'il suit :

4° Le général Dombrowski, à la place Vendôme;

90 Le général La Cécilia, à l’École militaire ;

30 Le général Wrobleski, à l'Élysée;

4 Le général Bergeret, au Corps-Législatif;

5° Le général Eudes, à la Légion-d’Honneur.

Un ordre ultérieur déterminera les troupes que le mi-.

nistère de la guerre mettra à leur disposition.

I semblait qu'après une telle réorganisation, l’ensemble et l'ordre étaient revenus dans l’administralon militaire. Il n’en était rien : tout était aussi dé- Organisé que la veille, et le gâchis devait durer usqu'à la fin. Le gouvernement communal a-été plus [ue tous les autres le gouvernement des ambitions rsonnelles. Trop de gens se partageaient le pouoir, et chacun d'eux n'avait qu'un désir : entraver on voisin ef accaparer les commandements.

Les iconoclustes de Paris. — Nôn contents d'avoir donné la démolition de la colonne Vendôme et de église Bréa, la Commune ordonne encore la desruction de la chapelle explatoire :

Le Comité de salut public,

Considérant que l'immeuble connu sous le nom de chaelle expiatoire de Louis XVI est une insulte pérmanente

la première révolution et une protestation perpétuelle de 1 réaction contre la justice du peuple,

Arrête :

Ann Aer, — La chapelle dite expiatoire de Louis XVI era détruite.

ART. 2. — Les matériaux en seront vendus aux enhères publiques, au profit de l'administration des domaines.

ART. 3. — Le directeur des domaines fera procéder, ans les huit jours, à l'exécution du présent arrêté.

Paris, le 16 floréal an 79. :

Le Comité de salut public :

Ant. ARNAUD, Ch. GÉRARDIN, Léo MEILLET, Félix PyaT, RANVIER.

— 250 — CR ERA à L'histoire doit conserver, pour les flétrir, le non de ces hommes, qui n’ont eu aucun respect pour lé choses les plus sacrées, qui n’ont reculé devant a cune profanation, aucun sacrilége, qui ont transformi les autels et les chaires en tribunes révolutionnaire! où l’on décrétait la mort, et qui ont détruit ce qu rappelait aux générations futures les gloires des gé& nérations passées.

Les employés de chemin de fer. — Ils sont pet nombreux, ceux qui ont le privilége d’être officielles ment exemptés de la garde nationale. Cependant, les employés et agents de chemins de fer sont de ct nombre; mais il faut que leur présence soit reconnut indispensable aux besoins de l'exploitation et de l'ad ministration. |

Le considérant de cet arrêté dit que le service dé compagnies de chemins de fer est d'utilité publique, et qu'il importe de ne pas le désorganiser.

Ge n’est probablement pas cette dernière considé ration qui à fait agir la Commune; les chemins de fer sont imposés par elle, et s'ils ne roulent pas les fonds non plus.

Toujours les Polonais. — Le citoyen Landowski est nommé commissaire de police de la navigation . des ports, à titre provisoire.

À titre provisoire! C’est admirable de naïveté! ais

NE 61 © bou -peut bien sortir encore ce Polonais? On les royait tous généraux.

La Commune en séance. — Les quatre-vingts déigués de la garde nationale, devant former le jury accusation, sont tirés au sort.

Il est curicux de relater la proposition faite par > citoyen Miot, le membre de la Commune qui s’est 2 plus distingué par ses projets de décret :

- Arr. 1e. — L’emprisonnement cellulaire est supprimé. Ant. 2. — Les détenus seront renfermés pendant la nuit eulement.

ART. 3. — En cas d'emprisonnement préventif, le secret e pourra durer plus de dix jours,

ART. 4. — À partir de la promulgation du présent dé-

ret, le temps d’ emprisonnement préventif sera déduit de

elui fixé par le jugement de condamnation.

ART. 5. — Toutes dispositions contraires au précédent

écret sont abrogées. | J. Mior.

. Cette proposition est renvoyée à la commission de istice, qui la met au panier, car elle n’a pas revu le ur. |

La Commune revient à l'éternelle question du Monte-Piété. | M. Lefrançais s’est abouché avec M. André Cochut, irecteur de cet établissement, et il en a obtenu, dit- : les renseignements suivants :

En fixant jusqu'à 30 fr. le taux des dégagement oratuits, on aurait 1,200,000 articles à dégager, ré présentant une valeur d'engagement d'au moins 4% millions. On ne peut délivrer, quelque diligence qu’on y mette, que #,000 articles par jour, ce qui pour les 1,200,000 ferait un laps de temps de douze mois. À 90 francs, on aurait un million d'articles l'eprésentant 9 millions et dix mois de travail.

La majorité des membres reconnait qu'elle ses engagée dans une mauvaise route en n’écoutant que la voix du cœur, mais puisque la Commune à promus un décret sur les dégagements gratuits, elle doit tenir Sa promesse, en se imitant dans sa générosité trop légérement engagée. $

Suppression de journaux. — Les journaux le Petil Moniteur, le Petit National, le Bon Sens, la Petite Presse, le Petit Journal, la France et le Temps sont supprimés pour les raisons suivantes trouvées par le citoyen Cournet, délégué à la sûreté générale :

1° Attaques TEA contre la population de Paris et la Commune ;

29 [mmoralité publique en diffamant les défenseurs des droits de la Commune ;

3° Excitation à la guerre civile !

Les réacs! — Le 15° bataillon de la garde nati= nalé (quartier du Palais-Bourbon) est désarmé. Sur

1,900 hommes dont il se compose, huit seulement ont adhéré à la Commune.

Hôtel de M. Thiers. — On a arboré le drapeau rouge sur Phôtel de M. Thiers ; et quelques jours aprés on démolissait l’hôtel. :

Les Jacobins. — À huit heures du soir, ouverture du Cercle des Jacobins, dans le sous-sol de l’église de Vaugirard.

Pour les victimes. — Les membres de la Commune et le citoyen docteur Rousselle avaient organisé un concert au profit des blessés, des veuves et des orphelins. Ce concert eut lieu dans le palais des Tuileries, ouvert depuis deux jours au public, moyennant une rétribution de 50 centimes par personne.

Beaucoup de personnes n’ayant pu se placer et ayant refusé de reprendre leur argent, on leur a donné en compensation une cocarde rouge avec un bonnet phrygien en cuivre.

Le concert se donnait dans la salle des maréchaux. L’affluence de spectateurs était si grande, que la majeure partie n’a rien pu entendre, malgré l’heureuse idée de Mlle Agar, de réciter dans chacun des salons la Lyre d'airain, d’Aug. Barbier, et des chanteuses qui se mettaient à deux pour chanter la Marseillaise.

La recette fut de 49,000 fr.

Journée du 7 mai.

Décret sur les dégagements gratuits.

La Commune, Décrète :

ART. der. — Toute reconnaissance du Mont-de-Piété antérieure au 25 avril 1871, portant engagement d'effets d’habillement, de meubles, de linge, de livres, d'objets de literie et d'instruments de travail, ne mentionnant pas un prêt supérieur à la somme de vingt francs, pourra être dégagée gratuitement à partir du 42 mai courant.

ART. 2. — Les objets ci-dessus désignés ne pourront être . délivrés qu’au porteur, qui jusüfiera, en établissant son identité, qu’il est l’emprunteur primitif,

ART. 3. — Le délégué aux finances sera chargé de s’entendre avec l’administration du Mont-de-Piété, tant pour ce qui concerne le réglement de l’indemnité à allouer que pour l’exécution du présent décret. |

Enfin, la Commune a tenu parole, et elle à mis au monde ce décret dont l’enfantement lui a coûté tant de mal et de séances.

Mais, pour bien des gens, il sera une mystification ou un mythe : le nombre des objets engagés jusqu'à 20 fr. est de 900,000, d’après les affirmations du directeur du Mont-de-Piété, et comme on ne peut en délivrer que 4,000 par jour, cette restitution demans dait 295 jours !

Trop de réquisitions. — L’intendance se plaint : à chaque instant, ce sont des réquisitions d’habillement ou d'équipement ordonnées par des chefs de Fee de bataillon ou autres.

Aussi, le délégué à l’intendance interdit-il toutes opérations de ce genre.

Enseignement professionnel. — L'ouverture de la première école professionnelle est annoncée. Elle sera établie dans le local occupé précédemment par les Jésuites, rue Lhomond, 48 (5° arrondissement).

Les enfants y sont admis depuis douze ans, pour compléter l'instruction qu’ils ont reçue dans les écoles primaires ct pour y faire, en même temps, l’apprentissage de la profession qu’ils auront choisie.

Désordre et artillerie. — À chaque instant surgit un nouveau témoignage du désordre qui règne dans Padmimistration. C’est maintenant le directeur général du matériel d'artillerie qui se plaint :

De graves abus, trop souvent répétés, se sont produits dans l’armement des officiers de la garde nationale. C’est

ainsi qu'il à été distribué 50,000 révolvers sans que des états réguliers aient élé fournis. Pareil état de choses ne peut se prolonger plus longtemps. À l'avenir, il ne sera plus” délivré d'armes que sur élat nominatif fait en double expédition, dont l’une restera au bureau de la lésion.

Je rappelle aux chefs de légion que les demandes d’armes doivent être adressées aux chefs de compagnie, de ba-

taillon ou de légion, qui les transmettront chaque jour au bureau de l'armement, rue Saint-Dominique, 86.

Le directeur général du materiel de l'artillerie, AVRIAL.

Un meurtre. — Le colonel Walligrane, chef du 129 bataillon, quoique s'étant bravement conduit pendant le siége, fut révoqué après le 18 mars par le Comité central. Son bataillon protesta contre cette révocation en renommant Walligrane à la presque unanimité.

Aujourd'hui, à quatre heures du soir, place du Château-d’Eau, un commissaire de police vient arrêter le colonel attablé tranquillement dans une brasserie. Walligrane proteste, décroche son révolver ; mais le commissaire le prévient, et dans la lutte, tire trois coups de feu. On accourt, on arrête le commissaire, et le malheureux colonel est conduit à l'hôpital.

Nous ne savons ce qu'est devenu le meurtrier.

Situation militaire. — Elle ne peut être mieux dépeinte que par les rimes suivantes, qu’on se passait publiquement dans certain café du bouleyard, et qu'un journal imprima : |

Ni Wroblewski

Ni Dombrowski N’ont fait merveille.

L'un perd Issy; L'autre, Neuilly.

Les persécutés. — Cinq prêtres sont arrêtés pendant la nuit (2 arrondissement). Ils sont accusés de servir d’espions aux Versaillais et de leur indiquer le mouvement des troupes de la Commune. Des papiers compromettants, ou soi-disant tels, auraient été trouvés cachés dans les vases sacrés à Notre-Dame-des-Victoires.

On ne débarbouille pas les nègres. — Revue de la 2e légion, composée des 8e, 10e, 11e, 92e, 100°, 148e, 14%, 181e et 297€ bataillons de la garde. nationale.

Cette revue est passée sur les boulevards Montmartre et Poissonnière, par les délégués de la municipalité du 2e arrondissement. Les trois premiers bataillons défilent en criant : « Vove la République! » les autres, en acclamant «la Commune. »

Après le défilé, un journaliste de mes amis s’approche des membres de la Commune en train de serrer leur écharpe rouge, et s'adressant au citoyen Johannard, le complimente sur la tournure martiale des hommes de la légion et sur leurs acclamations républicaines et communales.

« Allons donc, répond Johannard, ce sont tous des réactionnaires.. mais, que voulez-vous? on ne débarbouille pas les nègres! »

Quelques jours après, les 8e et 11e bataillons étaient dissous et désarmés.

Les frères May. — Une note insérée à POfficiel an- 29,

AS ie nonce qu'ils ont été relichés ét qu'ils vont être le placés à l'intendance. 4

À part les décrets, lOfficiel, quand il ne donne pas “ de fausses nouvelles, passe son temps à se démentir ou à être démenti. (Voir au 3 mai.)

La réunion de l’Alcazar. — Les représentants de l'Alliance républicaine des départements, de Y'Union républicaine centrale et du Gomité des vingt arrondissements sont réunis, mais en petit nombre, à l’Alca- * zar. Le citoyen Bayeux-Dumesnil, délégué au 9 arrondissement, préside la séance, assisté de MM. Ulysse Parent et Dujardin.

L'objet de la réunion est de statuer sur ce que pensent les électeurs parisiens de la conduite des députés de Paris qui continuent, dans la situation actuelle, a siéger à l’Assemblée de Versailles, et s’il y a lieu pour la réunion d'affirmer son adhésion à la Commune.

Le résultat de la discussion est la déclaration comme traîtres de tous les députés de Paris, et l’adhésion, à la Commune des membres présents.

Ce résultat était prévu d'avance. Toutes les réunions de ce genre n'avaient chance de succès qu’autant qu’elles votaient les propositions les plus absurdes et les plus violentes. ;

Les clubs de femmes. — Pendant que les hommes

font le coup de fusil aux remparts, les femmes, qui . nont rien de mieux à faire, s’occupent de politique, et à leur tour organisent des clubs. Et quels clubs!

Les citoyennes du 1% arrondissement se donnent rendez-vous dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, et la résolution finale qu’elles adoptent est le rétablissement du divorce.

Dans l’église Saint-Ambroise, autre réunion. Le Comité de salut public avait prévenu la mairie du Me arrondissement de s’y opposer; mais ce que flemme veut...

Ici, ce n’est plus le divorce qu’on réclame, mais Parresiation de tous les prêtres.

Üne femme est cependant montée à la tribune et veu l’äudace de prendre éloquemment la défense de a religion. Quand elle a eu fini, elle a été arrêtée et ‘onduite au poste.

LA

Journée du 8 mai.

Justice. — Le Comité de salut public arrête :

Le citoyen président chargé des référés pourra donner iainlevée de toutes oppositions faites sans titre ni permision de juge.

- I] donnera mainlevée de toutes celles qui auront été pra- | quées en vertu de jugements rendus en violation des dérets, arrêtés ou décisions quelconques promulgués depuis

D dratee Sie

2 De

le 48 mars dernier, notamment en matière de loyers

d'effets de commerce. |

Rapports militaires. — T1 semble que l'Officiel ré dite les rapports qu'il a déjà donnés 1l y a quat jours : :

Vanves et Issy. — Nuit assez calme ; journée de mêm

Bicêtre. — Journée entièrement cie |

Montrouge. — Versaillais réduits au silence.

Asnières. — Matinée calme.

Neuilly. — Nuit très-calme; soirée calme sur HUIES ligne.

Mesure de prudence. — Le fort d’Issy tient encon malgré son état de délabrement; :l est toujours ©: cupé par le capitaine Dumont, du 404€ bataillon, le citoyen Rist, ingénieur, répare les avaries avec ur grande activité; c’est, du moins, cé qu'annonce délégué à la guerre qui, pour éviter une surpris dans le genre de celle du Moulin-Saquet, ordonne :

Il est interdit d'admettre plus de deux hommes à la fo dans l’enceinte des forts et redoutes, entre le coucher et lever du soleil, à moins que ce ne soit une troupe annonct et attendue; encore doit-elle être soigneusement reconnt et tenue à distance jusqu’au moment où on lui accorde l’a cès du fort. |

Le comité central des femmes. — Non contentes d pérorer dans les clubs, les citoyennes de Paris va

ent encore aller aux barricades et sur les remparts, i la réaction forçait les portes. Elles s'organisent en omités formant à leur tour un comité central.

Elles ont des écharpes rouges autour de la taille { publient des manifestes.

Pour elles, qui parle de conciliation est un traitre, qui refuse son concours à la Commune est un traitre.

Ce ne sont plus des femmes, ce sont des Euméiides.

Postes. — Jusqu'à présent, sans doute, les lettres onfiées à l'administration des postes étaient bien avenurées ; mais, à partir d'aujourd'hui, cet établissement appelle au public qu'il a pris des mesures pour asurer le départ journalier des lettres non chargées à destination des départements et de l'étranger. Ces ettres peuvent donc — toujours d’après le délégué aux postes — en toute confiance être déposées dans les boîtes.

On ne se fie guère à cet avis si engageant, et chaun continue à s'adresser, pour le transport de sa correspondance, aux diverses agences établies et qui, moyennant prime, vont mettre les lettres à Versailles, Vincennes et Saint-Denis, et rapportent des réponses et dés dépêches.

La Commune en séance. — Les discussions relatives . aux faits et gestes du Comité de salut public seront-

elles ou ne seront-elles pas publiées? Les membre! de l'Hôtel-de-Ville, qui aiment le mystère, votent non

L'ordre du jour cREeLS

1° Le rapport de la commission chargée de trouver ui local pour les séances de la Commune ; |

2° Une proposition d’Andrieu :

30 La question Cluseret.

Mais, comme à son ordinaire, l’Assemblée s ’égare et discute le nombre de séances que la Commune doit tenir par semaine, la publicité intégrale de ces séances, à propos d’un différend survenu entre le délégué des finances et l'administration de la guerre pour un bon émanant du comité central.

On prévoit un orage au sein de la Commune, dont les membres se séparent sans avoir rien conclu et, sans s'être souvenus de l’ordre du jour pour qu ils étaient rassemblés. |

Les caveaux de l’église Saint-Laurent. — Ici, la découverte est plus... horrible qu’au couvent de Picpus” d’après les journaux de la Commune. Seize cadavres ont été trouvés enfouis dans la crypte de l’église Saint Laurent, située sous l’œutel privilégié ! Seize cadavres 1 ieize de femmes et trois d'hommes, dont la mort re monte au plus à quinze années, au dire des médecins} | appelés à les examiner. |

A cette découverte, on a rappelé le fait d’un Lo

| — 263 — jui, S’étant endormi dans la même église, y passa la uit et entendit des plaintes poussées par une voix de éune fille. Ce fait, toujours d’après les journaux de a Commune, se serait passé il v a dix ans. Ces plaintes Mt-elles été proférées par un des cadavres qui sont à ?.. On ne sait que répondre. L’instruction, commencée par la Commune, ne repose sur aucune base érieuse ; mais les délégués à la mairie du 11° arronhissement ont, dans tous les cas, profité du scandale ixcité par cette découverte.

Journée du 9 mai.

… Le citoyen Melliet à Bicêtre. — Par arrêté du comité le salut publie, le citoyen Léo Melliet, membre du même somaité, est nommé gouverneur du fort de Bicêtre, et @ citoyen Thaller est nommé sous-gouverneur.

. Étudier le droit et devenir homme de guerre, après avoir été un homme politique, voilà ce qui peut s’appeler être bon à tout faire.

Prise du fort d'Issy. — À deux heures du soir, on lisait sur les murs de Paris les dépèches suivantes :

COMMUNE DE PARIS

Prec Midi 1/2.

Le drapeau tricolore flotte sur le fort d’Issy, abandonné

hier au soir par la garnison. | Le déléqué à la guerre, ROossEL.

1 heure.

Le général Brunel, commandant au village d'Issy, es! chargé d'occuper les positions du Lycée, en les ralliant at fort de Vanves.

Le délégué à la guerre, ROSSEL.

Malgré les bulletins de victoire, malgré le feu éteint des Versaillis, malgré toutes les pertes subies par leurs ennemis, il est donc bien constaté encore cette fois que les fédérés sont battus.

En même temps qu’il faisait afficher cette nouvelle, Rossel envoyait sa démission à la Commune en de= mandant une cellule à Mazas (1).

Craignait-1l qu’à son tour on l’accusät de trahison, après ce nouvel échec des fédérés ? ou Rossel se démettait-il de ses fonctions par suite des difficultés qu'il éprouvait à les remplir, difficultés suscitées par les trois pouvoirs en compétition et cherchant chacun à commander de son côté ?

Rossel est-il réellement traître à la Commune, comme on l’a dit ? ,

La fuite de Rossel (voir au 10 mai) n’indique peutêtre pas une conscience bien tranquille.

Mais ce n’est pas de si tôt que nous saurons l4 vérité. Il faut attendre avant de juger. |

(1) Voir à la note M la lettre de démission de Rossel, qui jette. quelque jour sur tous les événements auxquels il a été mêlé.

Réquisihon de chevaux. — La Commune trouvant qu'il n’est pas possiblé de former de la cavalerie sans chevaux, et trouvant également qu'il est fort coûteux dacheter des chevaux, emploie le moyen plus écono- Mique de la réquisition.

» Le pain. — La Commune de Paris arrête que le prix du kilogramme de pain sera maintenu à 50 centimes.

Loi sompiuaire. — La commission de la guerre arrête :

Les officiers ne recevront plus désormais que l’habillement des gardes, plus un képi et les galons de leur grade.

Le galon d’argent est uniquement attribué aux officiers de la garde nationale et de légion.

Le galon d’or est exclusivement réservé à l'état-major des généraux et du ministère de la guerre.

Les membres de la cominission de la guerre, ARNOLD, AVRIAL, DELESCLUZE, TRIDON, VARLIN.

Mystérieuse affaire. — Me Grillet, avocat, était depuis le 18 mars employé au ministère de l’intérieur, par la protection du citoyen Cournet. Il était intimement lié avee M. Félix Bellv, ancien rédacteur de la Presse, qui pendant le siége de Paris s'était fait une sorte de célébrité amusante en voulant former le corps ‘des amazones de la Seine. Or, M. Belly aurait eu la facilité de connaître des pièces compromettantes pour

— 966 — | les hommes du gouvernement du #4 septembre, el aurait commis Pimprudence d'en emporter quelques= unes HOUR les montrer à diverses personnes, entre autres à Me Grillet. i

Or, Me Grillet est appelé, il y a quelques jours, at dehors par une lettre urgente; il sort, et au bout dé quelques instants une dame vient prévenir sa fillé qu'il est indisposé. On va dans un hôtel, rue Mont: martre, et là on trouve Me Grillet mort, et à côté dé lui un étranger. Celui-ci est arrêté, et laffaire em reste là. Il faut constater aussi que M. Belly, l'ami de Me Grillet, a disparu depuis la mort de l'avocat.

C'est ce qu’a raconté le journal la Justice, et personne ne l’a démenti. |

Proclamation de M. Thiers. — La proclamation de M. Thiers faisant appel aux hommes d'ordre pour lu“ livrer Paris, afin d'éviter la prolongation de la guerré civile, produit fort peu d’effet : on est trop abattu, el les fuyards sont nombreux. La Commune seule en profite pour surenchérir sur les mjures qu’elle publien journellement contre le chef du pouvoir exécutif, ses ministres et ses soldats. 5

La Commune en séance. — Après le discours di citoyen Delescluze, dont nous donnons ici quelques” curieux fragments, les membres demandent le comité secret. 6

Le citoyen DeLescLuze. — Vous discutez quand on vient d'afficher que le drapeau tricolore flotte sur le fort d'Issy. Citoyens, il faut aviser sans retard.

Je suis allé aujourd’hui à la guerre; j’ai vu le désespoir de Rossel.

Diposez rt hui thutés vos haines.

Il faut que nous sauvions le pays. Le Comité de salut public n’a pas répondu à ce que l’on attendait de lui, Il a été un obstacle au lieu d’être un stimulant. Je dis qu'il doit disparaître. Il faut prendre des mesures immédiates, décisives.

La France nou tend les bras ; nous avons des subsisfances :-faisons encore huit jours d'efforts pour chasser ces bandits de Versailles. La France s’agite ; elle nous apporte un concours moral qui se traduira par un concours actif. L'administration pure et simple de la guerre a été confiée au Comité central. Qu'en a-t-il fait? Je n’en sais rien. Mais, enfin, si le Comité central, acceptant la situation qu'on Jui a faite, veut aider le travail qui doit se faire maintenant pour réunir les éléments épars de la défense de Paris, que Je Comité central soit le bienvenu. Votre Comité de ent public est annihilé, écrasé sous le poids des souvenirs dont on le charge, et il ne fait même pas ce que pourrait faire une simple commission exécutive.

Voici encore un membre du pouvoir qui constate le manque d'unité qui règne au sein du gouvernement communal, et qui se leurre en comptant sur le concours actif de la province.

Journée du 40 mai.

Arrestation et évasion de Rossel. — (C'était inévitas ble : Rossel est déclaré traitre à la République et renvoyé devant la cour martiale, que la Commune rétas blit. À midi, Rossel est arrêté par les ordres du Comité de salut public et enfermé à la questure, où il est confié à la garde du citoyen Gérardin, du 17e arrons dissement, membre de la Commune et du Comité de salut publie. À cinq heures et demie, le prisonnier et son gardien ont disparu, et toutes les recherches pour les retrouver sont vaines, maloré le zèle que déploie le citoyen Bergeret. 3

La Commune n'a jamais fait le procès de Rossel; elle a déclaré à satiété qu’il était un traitre, vendu aux Versaillais ; ses journaux l'ont répété sur tous les tons, mais de preuves et de jugement, point.

[parut quelques jours après un document : Projeb d'acte d'accusation Rossel, signé Protot et Vermorel, que toutes les feuilles parisiennes et versaillaises res produisirent, et dans lequel on démontrait que Rossel avait reçu de l'argent de Versailles pour hivrer les forts et qu’il voulait en même temps faire un 48 bru-! maire. Le Cri du peuple déclare ce document apocryphe, en disant que ces détails paraissaient émaner. d’un agent de Versailles, qui, dans son zèle de nou

MU velliste, aurait trahi lui-même le secret de ses maitres avant que la Commune l'ait découvert !

Si la Commune ne connaissait pas les projets de Rossel, pourquoi le faisait-elle arrêter?

Autre arrestation. — Le citoyen Jules Allix, lescargot le plus sympathique de la Commune, est arrêté sans qu'on sache le motif. Relâché deux jours après, il brise les scellés apposés dans sa mairie. Réemprisonné, il demande des juges; mais on lui envoie un médecin aliémiste, ce dont il à, paraît-il, le plus grand besoin.

Décisions de la Commune. — Le résultat du comité secret de la Commune dans la séance d'hier soir est :

4o De réclamer la démission des membres actuels äu Comité de salut public et de pourvoir immédiatement à leur remplacement ;

90 De nommer un délégué civil à la guerre qui sera assisté de la commission militaire actuelle, laquelle se mettra immédiatement en permanence ;

30 De nommer une commission de trois membres, charsée de rédiger immédiatement une proclamation ;

4 De ne plus se réunir que trois fois par semaine en assemblée délibérante, sauf les réunions qui auront lieu dans le cas d'urgence, sur la proposition de cinq membres ou sur celle du Comité de salut public;

5o De se mettre en permanence dans les mairies de ses

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arrondissements respectifs, pour pourvoir souverainement aux besoins de Ja situation; ; 6" De créer une cour martiale dont les membres seront nommés immédiatement par la commission militaire ; 7 De mettre le Comité de salut public en permanence | à l’'Hôtel-de-Ville.

L'Opéra de Paris. — M. Cournet touche à l'Opéra, et c’est pour supprimer son directeur titulaire.

Arr. Aer. — Le citoyen Émile Perrin est révoqué.

ART. 2. — Le citoyen Eugène Garnier est nommé directeur du théâtre national de l'Opéra, en remplacement du citoyen Perrin, et à titre provisoire.

ART. 3. — Une commission est instituée pour veiller aux intérêts de l’art musical et des artistes ; elle se compose des citoyens Cournet, A. Regnard, LED vie Roncier, Raoul Pugno, Edmond Levraud et Solmék

Le délégué à la sûreté générale et à l'intérieur, COURNET.

On à d’abord cru que M, Garnier était Varchitecte de Opéra; mais le protégé du citoyen Cournet n’est qu'un homme de bien moins d'importance : ténor de province, entrepreneur de tournées en province quand il trouve l'occasion d'exploiter quelques aristes de Paris. Mme Ugalde aurait été sa PR naire,

Loterie du Mont-de-Piété. — L'opération du désagement gratuit des objets engagés au Mont-de-Piété

Le PR és

4 ris | étant presque inexécutable, on forme quarante-sept lots représentant chacun les objets engagés pendant une période de quinze jours. Ces lots seront tirés au sort à l’Hôtel-de-Ville (salle Saint-Jean), et les séries sortant seront annoncées par vole d'affiches.

Les dégagements se font rue des Blanes-Manteaux, ex-rue Bonaparte, actuellement rue du 31 octobre, et Tue Servan.

Fédération artistique. — L’'Officiel publie un long rapport de la commission fédérale des artistes (peintres, sculpteurs et graveurs en médailles, architectes, graveurs ct lithographes, artistes industriels) au eitoyen Vaillant, délégué à l'instruction publique, sur les réformes à apporter dans l’administration des beaux-arts.

Courbet triomphe!

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