CHAPITRE VII
Nouveau Comité de salut publie, — Avènement de Delescluze. — Ur grand complot! — Suppression de journaux. — L'ivresse. — M. Ch! Beslay. — Mort d'Auber. — Motion Franckel. — Justice de M. Protot, — Vésinier à l’'OFFICIEL. — Un exploit de Dombrowski. — Proclamation du Dr Rousselle. — Arrestations. — Second grand complot contre! — Contradictions militaires. — Le club de la Révolution. — La flotte tombée dans l’eau. — Les citoyennes volontaires. — Les singes de 93. —| Les cartes de civisme. — Encore des journaux de tués. — Les souri.! cières : agences postales. — Paul Foucher. — Scission dans la Com-| mune.— Cri de détresse à la province. — La propriété de M. Thiers. — Démolition de la colonne Vendôme. — Les commissaires civils. —| La réquisition du pétrole. — La cartouchière Rapp. — Propositions à la Commune, — Les squelettes de Notre-Dame-des-Victoires, — Toujours des journaux supprimés. — La lutte du 19 mai. — Démolition de.
la chapelle expiatoire. — Préméditation incendiaire. — Rochefort en
fuite. — Henri 1V descendu. — Les brassards tricolores (complot). —|
Le jury d'accusation. — finis coronat opus! — Dernier mensonge de la |
Commune. — Entrée de l’armée dans Paris. |
’ AT . | Renouvellement du Comité de salut public. | Conformément à la décision de la Commune, il est procédé au renouvellement du Comité de salut publie. Sont nommés les citoyens Ranvier, Antoine Arnaud, Gabon, Eudes, Delescluze.
fa Voilà entre les mains de qui est tombé le pouvoir
dictatorial! [ls ne feront pas mieux que leurs devan- CIers.
Journée du 44 mai.
Pour les séances. — Les membres de la Commune ne peuvent être à la fois à l’Hôtel-de-Ville et à leur mairie. Aussi, pour que tout marche de front, la Commune ne se réunira-t-elle plus que trois fois par semaine en assemblée délibérante, sauf le cas d'ur-
gence.
Le Comité de salut public, sur lequel elle se repose, restera en permanence à l’'Hôtel-de-Ville.
Remplacement de Rossel. — M. Delescluze est nommé délégué civil à la guerre.
La Commune avant vu ses affaires péricliter sous les ordres de deux militaires, espère qu'elles se relèveront entre les mains d’un journaliste.
Elle ne voit donc pas que le destin a marqué le terme de Sa vie, et que ce terme approche à grands pas, maloré ses efforts désespérés pour léloigner, efforts qui naissent de l'illusion qu'elle se fait sur sa force, sa sagesse et sa raison!
Avènement de Delescluze. — Le nouveau délégué à la guerre célèbre son arrivée au ministère par deux
proclamations, l’une à la garde nationale, l’autre à la Commune.
Dans la première, il fait appel au patriotisme des gardes nationaux, pour lui rendre facile l’accomplissement de sa tâche. Cet appel est de tradition. Il ne cache pas combien l'horrible guerre leur a déjà coûté de sang, et ne leur promet pas le succès au bout de leurs efforts : |
« Lors même, dit-il, qu'il ne nous serait pas donné de récolter ce que nous avons semé, je saluerais avec enthousiasme la révolution du 18 mars, qui a ouvert à la France et à l'Europe des perspectives que nul de nous n'osait espérer il y a trois} mois. » Et pour les encourager à courir aux remparts, il ennoblit leur tâche, il exalte la cause qui les arme :
« Vous combattez pour votre liberté et pour l'égalité sociale; si vos poitrines sont exposées aux balles et aux obus des Versaillais, le prix qui vous est assuré, c’est l’affranchissement de la France et du monde, la sécurité de votre foyer et la vie de vos
femmes et de vos enfants. » |
Dans la seconde proclamation, il rassure les ci-.
toyens membres de la Commune sur la situation militre, leur annonce que la garde des remparts est suffisamment établie; que la position d’Issy n’a guère varié, et que celle du fort de Vanves a été un peu compromise; il avoue même qu’à un certain moment
ce fort était évacué; mais, à quatre heures du matin, «
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DT le général Wrobleski, à la tête des 105e et 187€ batillons, est entré dans le fort à la baïonnette, et en a délogé ceux qui l'avaient déjà occupé.
Tout semble donc aller pour le mieux, et la Commune, ainsi que ses partisans, se réjouissent d’avoir choisi un homme qui annonce des succès en compensation d’une défaite. |
Réponse à la proclamation de M. Thiers. — Le Comité de salut public veut aussi signaler son entrée
au pouvoir, et l’Officiel publie un inique arrêté, digne pendant de ceux qui ont ordonné la démolition de la
colonne, de l’église Bréa et de la chapelle expiatoire de Louis XVI :
Vu l'affiche du sieur Thiers, se disant chef du Rs
de la République française ;
Considérant que cette affiche, imprimée à Versailles, a été apposée sur les murs de Paris par les ordres dudit sieur
Thiers;
Que, dans ce document, il déclare que son armée ne bombarde pas Paris, tandis que chaque jour des femmes et des enfants sont victimes des projectiles fratricides de Versailles ;
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Qu'il y est fait un appel à la trahison pour pénétrer dans la place, sentant l'impossibilité absolue de vaincre par les armes l’héroïque population de Paris,
Arrête :
ART. 4er, — Les biens meubles des propriétés de Thiers
seront saisis par les soins de l’administrafion des domaines.