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Paris a fait un pacte avec la mort. Derrière ses forts, il a ses murs; derrière ses murs, ses barricades; derrière”
ses barricades, ses maisons, qu’il faudrait lui arracher une » > q
à une, et qu'il ferait sauter, au besoin, plutôt que de ses rendre à merci.
Grandes villes de France, assisterez-vous immobiles et impassibles à ce duel à mort de l’avenir contre le passé, de là République contre la monarchie?
Ou verrez-vous enfin que Paris est le champion de la «
France et du monde, et que ne pas l’aider, c’est le trahir ?
Vous voulez la République, ou vos votes n’ont aucun sens ; vous voulez la Commune, car la repousser, ce serait abdiquer votre part de souveraineté nationale; vous voulez la liberté politique et l'égalité sociale, puisque vous l’écrivez sur vos programmes ; vous voyez clairement que l’armée de Versailles est l’armée du bonapartisme, du centralisme monarchique, du despotisme et du privilége, car vous con: naissez ses chefs, et vous vous rappelez leur passé.
Qu’attendez-vous donc pour vous lever? Qu’attendezvous pour chasser de votre sein les infâmes agents de ce gouvernement de capitulation et de honte qui mendie et achète, à cette heure même, de l’armée prussienne, les moyens de bombarder Paris par tous les côtés à la fois?
Attendez-vous que les soldats du droit soient tombés jusqu’au dernier sous les balles empoisonnées de Versailles ?
Attendez-vous que Paris soit transformé en cimetière et chacune de ses maisons en tombeau ?
Grandes villes, vous lui avez envoyé votre adhésion fra ternelle; vous lui avez dit : « De cœur, je suis avec toi! »
Grandes villes, le temps n’est plus aux manifestes : le
temps est aux actes, quand la parole est au canon.
Assez de sympathies platoniques. Vous avez des fusils et des munitions : Aux armes ! Debout les villes de France!
Paris vous regarde, Paris attend que votre cercle se serre autour de ses lâches bombardeurs et les empèche-d’échapper au châtiment qu'il leur réserve.
Paris fera son devoir et le fera jusqu'au bout.
Mais ne l’oubliez pas, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nantes, Bordeaux et les autres. .….
Si Paris succombait pour la liberté du monde, l’histoire vengeresse aurait le droit de dire que Paris a été écorgé parce que vous avez laissé s’accomplir l'assassinat.
Le délégué de la Commune aux relations extérieures, Paschal GROUSSET.
Une démission. — Le bataillon des barricadiers que commandait Gaillard père est dissous, et les hommes mis à la disposition du directeur du génie militaire.
Les chasseurs d'hommes. — 11 y a une chose qui prime le commandement chez les officiers: c’est le plaisir de tirer sur les Versaillais. Nous n’inventons rien, et le citoyen Delescluze racontera lui-même ce que nous avançons :
Il est interdit aux officiers de. tout grade de paraitre à leurs bataillons avec des fusils.
Pour le plaisir de tirer sur les Versaillais, ces citoyens négligent d'exercer sur les hommes qu'ils dnmands l'action que leur réserve leur grade.
De là vient un défaut de direction regrettable pendant le
combat. Abandonnés à eux-mêmes, les gardes nationaux se battent à l'aventure. |
Le délégué civil à la guerre rappelle aux généraux, colonels et chefs de bataillon de tenir la main à ce que le présent ordre soit scrupuleusement exécuté. Ils auront aussi à prendre les mesures nécessaires à l'effet de mettre à la disposition du ministère de la guerre les armes abusivement employées par les officiers, et qui, pour la plupart, sont des armes à tir rapide, dont nous avons si grand besoin pour les compagnies de marche.
Paris, le 15 mai 1871.
Le délégué civil à la querre, DELESCLUZE.
Un mal nécessaire. — Certaines maisons, que je ne veux pas qualifier, sont fermées par ordonnance de la délégation communale dans le 2e arrondissement, ainsi que dans le 40e.--Les femmes qui $’y trouvent en ce moment feront comme elles pourront pour vivre, tout en tenant une conduite très-réservée, faute de quoi elles seront emprisonnées.
La propriélé de M. Thiers. — L'Hôtel-de-Ville dispose ainsi de ce qui à coûté à un homme tant de soins, tant d'intelligentes recherches, tant de sérieuses études :
ART. 1er, — Tout le linge provenant de la maison Thiers sera mis à la disposition des ambulances.
ART. 2. — Les objets d’art et livres précieux seront envoyés aux bibliothèques et musées nationaux.
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Arr. 3. — Le mobilier sera vendu aux enchères, après exposition publique au garde-meubles.
ART. 4. — Le produit de cette vente restera uniquement affecté aux pensions et indemnités qui devront être fournies aux veuves et orphelins des victimes de la guerre infâme que nous fait l'ex-propriétaire de l'hôtel Georges.
Art. 5. — Même destination sera donnée à l'argent que rapporteront les matériaux de démolition.
Apr. 6. — Sur le terrain de l'hôtel du parricide sera établi un square public.
Paris, le 25 floréal an 79.
Le directeur général des domaines, J. FONTAINE.
Les troupes sont entrées assez à temps pour empêcher cette complète profanation: le mobilier n'a pas été vendu.
[L est resté de la maison le rez-de-chaussée et une portion du premier étage.
M. Thiers devrait ne pas toucher à ces ruines et les léguer, telles qu’elles sont, à la ville de Paris.
Démolition de la colonne Vendome. — Le Journal officiel convoque la population parisienne à assister, à deux heures, à la chute de la colonne Vendôme, Cet acte de pur vandalisme avait déjà été chaudement demandé par le Cri du Peuple, dès le 4 avril, dans un article signé Henri Verlet. he
A trois heures, un homme monte sur la colonne,
agite un drapeau tricolore, pour annoncer que la chute de ce monument entraïnera celle du drapeau.
Aussitôt, la musique du 490 bataillon exécute la Marseillaise suivie du Chant du Départ, exécuté par . la musique du 172%, pendant que quelques membres de la Commune s'installent sur le balcon du ministére de la justice, où du champagne leur est apporté.
À trois heures et demie, le clairon sonne. C’est un signal. On fait éloigner le monde. On manœuvre le cabestan; les trois câbles destinés à entraîner la colonne, sciée à la hauteur du piédestal, se tendent. Le cabestan casse, renversant les hommes attelés au moulinet, Grande émotion chez tous : un homme de tué.
À cinq heures, un nouveau cabestan est installé. Pendant ce long laps de temps, trois corps de musique charment l’impatience des spectateurs et des autorités par des fanfares et des airs tous plus patriotiques les uns que les autres.
À cinq heures et demie, un eri est poussé par toutes les personnes présentes, haletantes d'émotion. La colonne oscille un instant et tombe sur le lit de fumier qui lui est préparé, sans qu'aucune terrible secousse
n'ait fait effondrer les maisons, ni casser une seule vitre, comme 1e habitants du quartier le craignaient tant.
En prévision d’un accident de ce genre, tous avaient
07e orné leurs vitres de morceaux de papier et s'étaient ingénié à reproduire les dessins les plus pittoresques.
La colonne, en tombant, s’est brisée en plusieurs endroits; la tête de la statue est séparée du tronc, et un bras est cassé. Il s’est trouvé des hommes pour hurler : « Vive la Commune ! » D’autres cherchent à s'emparer d’un débris du monument. *
H s’est vendu de ces débris jusqu’à 100 fr. le morceau.
Les autorités discourent, et les gardes nationaux, à qui l’on à donné, vu la solennité de la circonstance, une double ration de vin, trinquent dans un répugnant épanchement.
Parmi les discours auxquels la chute de la colonne a donné lieu, nous avons recueilli ces deux extraits caractéristiques : |
Discours Miot :
Le peuple est patient ; il se résigne à supporter le joug et l’humiliation, mais sa vengeance n’en est que plus terrible le jour où elle éclate. Malheur à ceux qui le provoquent et excitent jusqu’au bout son légitime courroux !
Jusqu'ici notre colère ne s’est exercée que sur des choses matérielles, mais le jour approche où les représailles seront
terribles et atteindront cette réaction infâme qui nous mine et cherche à nous écraser.
Discours Ranvier :
La colonne Vendôme, la maison de M. Thiers, la chapelle expiatoire, ne sont que des exécutions matérielles.
Mais le tour des traîtres et des royalistes viendra inévita blement, si la Commune y est forcée !
C’est une chose bien remarquable, que toutes le fois que nos maitres parlaient, 1ls ne pouvaient laisse échapper que des paroles haineuses et menaçantes. Tel a parlé le Comité central à l’installation de L Commune, telle a parlé la Commune devant la chut. de la colonne.
Deux complaintes. — Le renversement de la co lonne a donné naissance à deux complaintes. Celle di l'Officiel, tragico-ridicule ; celle d’un chansonnier qu a gardé l’anonyme, comico-satirique.