‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 68 sur 124 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Enfin ibfaut qu'il succombe A cinq heures trente-cinq..….

Quel exempl pour Henri Cinq!

La colonn’ s'incline et tombe... Et Napoléon Premier S’abime dans le fumier.

XX: | XXI, La foule se précipite Mais lorsque l’on examine Pour ramasser les débris .Cett’ colonne de canons, De ce monstre qui l’a mis EIl n’était fait’ que d’moellons..., Dans un état si critique; C'monument n’payait que d’'mine. Chacun, en signe d'espoir, D'hronze il n’y avait pas beaucoup : Agite en l'air son mouchoir! Ù On nous avait monté l’coup! Les élrangers. — Pour donner un aperçu de la

façon d’agir de ces Messieurs de la Commune, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire la lettre

écrite aux journaux par le correspondant du Morning Advertiser, retenu illégalement pendant quelques heures :

Monsieur le rédacteur,

Revenant hier soir du Gymnase, trois de mes amis et moi, nous nous sommes arrêtés au premier café encore ouvert.

À peine installés, — il était 11 heures 20 minutes, — nous, ainsi que toutes les personnes se trouvant à cette heure sur cette portion du boulevard, nous fûmes cernés par une troupe de cent à cent cinquante gardes nationaux.

Enfin, un garde me permit de monter l'escalier, ce qui me fournit l'occasion de voir des Messieurs avec des écharpes rouges auæ franges d’or, soupant dans un cabinet avec plusieurs dames.

Je demandai s'il nous serait bientôt permis*de partir.

€ Attendez, me fut-il répondu. Les citoyens sont en train de souper. »

Vers trois heures et demie, on nous ordonne de sortir. Un membre dela Commune Lo autour de nous, disant : € Si quelqu'un, homme ou femme, cherche à dôteaire ou

PA: Lae à laisser tomber un papier quelconque, ou à s'échapper, fusillez-le immédiatement : vous avez mes ordres. »

On nous conduisit à l'Hôtel-de-Ville ; vers cinq heures, nous demandons humblement quand on nous mettrait en hberté. — « Ces Messieurs les citoyens sont à déjeüner. » Je ne pus m'empêcher de faire cette réflexion, que l’appétit des citoyens était des plus satisfaisants, puisque, venant de souper, ils déjeünaient déjà. On m’imposa silence.

Vers six heures, nous entendimes : « Les étrangers ! » Le consul russe sort, accompagné du correspondant du Times, M. Dallas : nous les suivons de près. Je fais voir mon passseport. Un jeune monsieur me reçoit avec une écharpe rouge et un révolver. Il me demande de quel droit moi et mes c...……. de compatriotes venons en France encourager la débauche.

Je répondis que je fumais tranquillement mon cigare avec trois de mes amis ; il n’y avait pas même une seule femme auprès de nous.

Je ne pus pas m'empêcher de lui faire observer que j'avais eu l'honneur de le voir, quelques heures auparavant, soupant avec des femmes dans un cabinet. Il me répondit brusquement « que ça ne me regardait pas, que je méritais de f..... le camp dans mon sale pays, et de ne plus remettre le pied en France. »

On ne répond pas à un homme qui, après avoir si bien soupé et déjeûné, a un révolver à ses côtés. Je me retirai. Au même moment où je passais sous les fourches caudines à la porte, et que je franchissais la grille, non sans un cerlain soulagement, un garde s’écria que s’il avait dépendu de lui, il m'aurait fusillé,

Enfin, entre six et sept heures, je fus libre, tout à fait libre.

Evylott Bower, .

Correspondant du Morning Advertiser

L'Ae

Réforme. —— Le Journal officiel ajoute en tête de“ son numéro d'aujourd'hui : Liberté, Égalité, Fruternité, avec la date empruntée au calendrier républicain : 26 floréal un 79. |

Le vrai courage. — Le Journal de Paris venait d'être supprimé; il reparaît presque immédiatement, sous le titre l'Écho de Paris, sans rien changer à sa disposition typographique, à sa rédaction, à son format. Sauf le mot Echo qui remplace le mot Journal, il y avait à se méprendre. |

On doit rendre un hommage réel à la courageuse direction que M. Édouard Hervé sut donner à son journal. M. Henri Vrignault et lui ont certainement relevé le rôle de Journaliste.

Journée du 17 mai.

La parodie continue. — La Commune ne veut pass de dictature de soldat, « qui, dit-elle, aboutit, tôt ou lard, à l'établissement d’une dynastie. » Pour empécher cette primauté militaire, elle cherche un moyen déjà employé par les conventionnels, et nomme des commissaires civils attachés aux généraux :

ART. 4e. — Des commissaires civils, représentants de la Commune, sont délégués auprès des généraux des trois, armées de la Commune.

ART. 2. — Sont nommés commissaires civils :

4% Auprès du général Dombrowski, le citoyen Dereure ; 2» Auprès du général La Cécilia, le citoyen Johannard ; 3° Auprès du général Wrobleski, le citoyen Léo Meillet. Hôtel-de-Ville, le 26 floréal an 79.

Le Comité de salut public.

Ces commissaires n'exercérent pas longtemps leur surveillance; les Versaillais les ont promptement re-

levés de leur... faction.

Personne ne passe. — On avait, jusqu’à présent, cherché à établir Le plus d'obstacles possibles pour empêcher la sortie de Paris; aujourd’hui, le Comité de salut publie établit une active surveillance à l’en- Ho

ART. 4%. — Tous les trains, soit de voyageurs, soit de marchandises, de jour et de nuit, se dirigeant sur Paris par une ligne quelconque, devront s’arrêter hors de l’en-

ceinte, au point où est établi le dernier poste avancé de la

garde nationale.

ART, 2. — Aucun train ne pourra dépasser la limite

précitée sans avoir été préalablement visité par l’un des

commissaires de police délégués à cet effet.

ART. 3. — Les travaux nécessaires seront iimmédiatement exécutés à la hauteur de l'enceinte, pour être en mesure de détruire instantanément tout train qui essaierait de forcer la consigne.

Toujours la menace pour assurer lexécution des

mesures les plus arbitraires.

Le commencement de l’infamie. — Un arrêté dont

on ne devait comprendre malheureusement que plus

tard l’horrible portée paraît à lOfficrel :

Le membre de la Commune GES aux services publics,

Arrête :

Tous les dépositaires de pétrole ou autres huiles minérales devront, dans les quarante-huit heures, en faire la déclaration dans les bureaux de l’éclairage, situés place de l'Hôtel-de-Ville, 9.

Paris, le 16 mai 1871.

Vu et présenté par l'ingénieur chef des services publics :

Ed. CARON.

Vu et dressé par l'ingénieur chef du service de l’éclairage et des concessions :

H. PEYROUTON.

Le membre de la Commune, délégué aux services publics, Jules ANDRIEU.

Ce pétrole devait servir à incendier Paris! Et lon disait que c'était pour éclairer la ville dans le cas où le gaz manquerait!!!

Arrestation. — M. Pons, le célèbre maître d'armes, capitaine, pendant le siége, du 1% bataillon de la garde nationale, est arrêté. On arrête également le

‘ ms s r

prote et le concierge de l'imprimerie Dubuisson, ne pouvant arrêter le rédacteur du Républicain.

La Commune et les musées. — La Commune fait apposer les scellés sur tous les musées du Louvre; elle en réorganise le personnel, et fait déménager les objets d’art qui se trouvent dans le palais des Champs- Élysées, pour les transporter au musée du Louvre.

La cartoucherie Rapp. — Vers six heures, Paris est mis en émoi par une formidable explosion. Cest la

cartoucherie Rapp qui vient de sauter. Aussitôt la

Commune s'empare de ce fait, résultat d’un accident, pour en accuser Versailles.

C'est Versailles qui a envoyé des agents pour mettre le feu à cette cartoucherie; des hommes sont arrêtés qu’on dit avoir été vus s’échappant en tenant encore

à la main des mèches enflammées.

Le Comité de salut public fait afficher, le lendemain, cette proclamation :

Le gouvernement de Versailles vient de se souiller d’un nouveau crime, le plus épouvantable et le plus lâche de tous.

Ses agents ont mis le feu à la cartoucherie de l'avenue Rapp et provoqué une explosion effroyable.

On évalue à plus de cent le nombre des victimes. Des femmes, un enfant à la mamelle ont été mis en lam-

beaux.

MR ts

Quatre des coupables sont entre les mains de la sûreté

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