‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 70 sur 124 · NS · texte numérisé non relu

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crimes. Répondre par la force à leurs attentats contre République, voilà le brigandage; lutter pour le triomp} des franchises communales, voilà le pillage.

Bonapartistes, orléanistes et chouänssont ligués contr vous et n'ont de lien commun que leur haine pour la révw lution. Ils rêvent de rétablir un trône qui servirait de rer part à leurs priviléges, et ils voudraient écraser la Répu blique, garantie de tous les progrès, sous l'ignorance de campagnes qu'ils égarent on corrompent.

Vous déjouerez leurs projets liberticides par votre disc pline et votre héroïsme. Leurs trahisons nous ont empê chés de sauver l'intégrité de notre patrie; mais elles n’au! ront pas la puissance de nous rejeter sous le joug, mêm passager, d’une restauration monarchique. |

Il faut que ces insurgés contre les droits du peuple e prennent leur parti: nous réaliserons le sublime programm tracé par nos pères en 92, L'ordre dans la République, 1 liberté, l'égalité, la fraternité, ne demeureront pas letitr. morte, La lutte soutenue en France depuis quatre-vingt. ans Contre le vieux monde va toucher à son dénoûment.

S1 vous remplissez vos devoirs, il n’est pas douteux : c'es Paris triomphant, ce sont les villes qui brülent de suivre votre exemple, ce sont les campagnes élevées à 14 notion de leurs droits, c’est la République devenue inébranlable e affranchissant le peuple de l'ignorance et de la misère, c'est une ère nouvelle ouverte à tous les progrès.

Si, au contraire, vous hésitiez ou vous reculiez, ce serait Paris livré aux vengeances féroces des sicaires de Versailles et noyé dans des flots de sang; ce serait la dévastation et le carnage dans toutes les rues, l’égorgement et la déportation des républicains dans toute la F rance, le deuil de la République ajouté au deuil nalional, l'esclavage du citoyen

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zrefré sur la nhte démembrée,une rétrogradation effroyable Jans toutes les orgies du royalisme.

* Gardes nationaux ! votre choix est fait : vous combattez our la République, pour votre salut, pour la plus noble les causes, et vous vaincrez !

Vive la République!

Vive la Commune !

* Paris, le 27 floréal an 79.

Le Comité de salut public.

+ Bulletin militaire. — Au moment où la Commune sst sur le point d’expirer, il est curieux de relater les apports militaires enregistrés journellement et touours mensongers. Ainsi, celui du 17 dit que le fort le Vanves n’est pas occupé par les Versaillais ! que >eux-ci. ont été repoussés à FAURE! HAE

Pas de demi-mesure. — Le colonel de la 8e légion dy va pas de main morte contre les réfractaires. II es menace de mort s'ils refusent de marcher :

Tous les citoyens de dix-neuf à quarante ans, faisant artie des 3e et 4 bataillons, qui n'auront pas rejoint im médiatement leur casernement à la caserne de la Pépière, seront arrêtés et déférés à la cour martiale. {La peine mcourue est celle de mort.)

- Trois bataillons étrangers à l’arrondissement sont mis à a disposition de la légion pour faire exécuter cet ordre.

Un F,°. M.°. tué. —AÀ l’ambulance du Grand-Orient, ue Cadet, était mort des suites de ses blessures un

digniture de la franc-maçonnerie qui avait été un des instigateurs de la manifestation du 29 avril. |

La Commune donna toute l’importarice-possible à cet enterrement, fort remarquable d’ailleurs par le nombre des maçons, l'éclat des ornements et la diver-! sité des costumes.

Faits divers. — Au concert des Tuileries, Mile Aoar a encore dit la Lyre d'airain, de Barbier.

L'église de la Trinité est fermée pour cause de déménagement des vases sacrés à la Monnaie.

Le citoven Jaussoulé (Ferdinand) est autorisé par la Commune à former un corps franc quis SPC a le corps des Lascars. |

Jugement sommaire. = Les journaux communalistes annoncent « que les criminels émissaires de Versailles qui ont mis le feu à la cartoucherie de l’ave-, nue Rapp ont été, dans la nuit du 18 mai, jugés et condamnés à mort. L’exécution doit avoir lieu dans: les vingt-quatre heures. »

’armi ces malheureux se trouve un Polonais, let comte Zamovski, un homnie du meilleur monde, dont la bourse à toujours été ouverte à ses compatriotes dans le hesoin. Dombrowski est un de ceux surtout qui ont le plus abusé de la générosité du comte.

Représentations de bienfuisance. — La Communes est pleine d'humanité à ses heures. Aujourd’hui, jour

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de l'Ascension, dés membres de la Commune ont organisé trois représentations aux Tuileries. Dans la salle des Maréchaux, à deux heures ; dans la galerie de Diane, à quatre heures ; dans la salle du Théâtre, à six heures. Partout foule nombreuse et empressée.

Journée du 19 mai.

La Commune et la presse. — Par arrêté du Conuté de salut public, dix journaux sont supprimés : la Commune, YÉcho de Paris, V Indépendance française, l'Avenir national, la Patrie, le Pirate, le Républicain, la Revue des Deux-Mondes, V'Écho de Ultramar et la Justice. Pour ne pas être obligé d'y revenir si souvent, la Commune arrête qu'aucun nouveau journal ou écrit périodique politique ne pourra paraitre avant la fin de la guerre. Afin que l’on sache à qui l'on a affaire, les articles devront être signés par leurs au-

teurs ; les attaques contre la République et la Com-

mune seront déférées à la cour martiale, naturellement.

Toujours des abus. — 1 n’y a pas que d’honnètes sens dans la garde nationale, car voici la note que le ministère des finances est forcé d'insérer dans lO/fiael, menaçant de cour martiale et encourageant la délation :

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La solde de la garde nationale a donné lieu à de ol !

leux abus. |

Le délégué aux finances a constitué un service spécial de contrôle pour arrêter les détournements qui se commettent tous les jours.

Quant aux misérables qui ont osé profiter des difficultés de la situation actuelle pour tromper indignement la Commune, le service de contrôle est appelé à faire une enquête sévère sur ces délits qui, à l’heure présente, sont des crimes. Leur culpabilité établie, ils seront déférés à la cour martiale et jugés avec toute la rigueur des lois militaires.

La direction du contrôle, siégeant à la délégation des finances, recevra avec reconnaisance tous les documents de nature à l’éclairer.

Suualion militaire. — On sentait que de jour en Jour approchait l’action définitive, et: malgré le peu de cas à faire des rapports militaires de la Commune sous les bonnes nouvelles qu’ils ne cessaient de donner, on cherchait toujours un indice de vérité.

C’est par les forts sud-ouest qu’il semble que l'armée entrera. L’Officiel dit :

Véritable bombardement toute la soirée, d'Auteuil, Passy

et Point-du-Jour par les batteries de Montretout; nous «

ripostons vigoureusement.

Définitivement, succès remporté par nos braves fédérés

dans le bois de Boulogne.

Tout va bien ! Acculés entre deux barricades, mi-

bé

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