‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 8 sur 124 · A LA GARDE NATIONALE · texte numérisé non relu

A LA GARDE NATIONALE

Citoyens,

Vous nous aviez chargés d'organiser la défense de Par et de vos droits.

Nous avons la conscience d’avoir rempli cette missio] Aïdés par votre généreux courage et votre formidal} sang-froid, nous avons chassé ce gouvernement qui not trahissait.

À ce moment, notre mandat est expiré, et nous vous rapportons, car nous ne prétendons par prendre la placeë ceux que le souffle populaire vient de renverser.

Préparez donc et faites de suite vos listes d’électior communales, et donnez-nous pour récompense, la seul que nous ayons jamais espérée, celle de vous voir établir véritable République.

En attendant, nous conservons au nom du peuple l'HK tel-de-Ville,

(Suivent les signatures.)

Mais tout le monde ne voit pas la marche des évt nements d'un œil tranquille. On songe à la résistance les maires se réunissent et appellent autour d’eu les chefs de bataillons sur lesquels ils croient pouvoi compter, car ils se voient débordés par un flot popt laure venu on ne sait d’où.

Le vice-amiral Saisset, rencontré sur les boule

ards, est environné par la foule, qui veut le porter n triomphe. On le prie de prendre le commandenent de la garde nationale; il déclare ne pouvoir jen faire sans des ordres du gouvernement régulier. juatre personnes vont à Versailles pour voir M. Thiers t lui demander des instructions.

Pendant que ceci se passe boulevard des ftaliens, nn fait, au nom du Comité, une descente dans les ureaux du Figaro, rue Rossini; mais, dès la veille, es rédacteurs étaient partis. Les gardes nationaux ie trouvant personne à arrêter, déménagent les ampes de la rédaction, puis vont rue Coq-Héron, 5, jour mettre les scellés sur les presses du journal oursuivi, où mieux, supprimé arbitrairement.

Le Gaulois, qui craint un sort pareil, ne parait pas & jour-là, et la rédaction émigre pour Versailles. est, dans le personnel de la presse, comme un sauvequi-peut général. Chaque journal fait son examen de onscience, et plus d’un prend des mesures de départ, out en faisant bonne contenance.

Vers la même heure, un général est acclamé dans a rue de Rivoli; il se dirige majestueusement vers PHôtel-de-Ville : c’est le général Crémer qui se rend au sein du Comité.

Il faudra bien des belles pages dans la carrière de :e jeune officier pour faire oublier cette visite au moins inconséquente. On dit que, dépité d’être reversé de son grade de général au titre auxiliaire dans

les cadres de l’armée comme leutenant-colonel, il *: offrir son épée à la Commune naissante.

Pour nous, M. Crémer aura voulu Jouer les Bona. parte; mais nous ne sommes plus au temps où

Le premier qui fut roi fut un soldat heureux ; .

et, soit qu’il l'ait compris, soit que M. Crémer ait éprouvé quelque déboire au Comité central, il ne larda pas à faire sa soumission au pouvoir régulier que la France s’est donné, et à quitter l'Iôtel-de- Ville et ceux qui y commandaient.

Une remarque que nous avons faite, car dans ces malheureux événements nous avons beaucoup vu, c’est que le mot fraterniser était singulièrement employé. Des gardes nationaux rencontraient des lignards: ils levaient la crosse en l'air en criant: « Vive là ligne! » et la ligne leur rendait leur politesse. Les gardes nationaux s’avançaient, prenaient aux soldats leurs fusils, leurs cartouches, tout ce qu'ils avaient sur eux, et l’on appelait cela : Fraterniser ! — Drôle de fraternité qui consiste à vous dépouiller.

Encore une affiche :

RÉPUBLIQUE FRANCAISE, Liberté, Égalité, Fraternité.

Le Comité central de la garde nationale,

Considérant qu'il est de toute urgence de constituer immédiaement l'administration communale de la ville de Paris,

| Arrète :

1° Les élections du Conseil communal de la ville de Paris uront lieu mercredi prochain 22 mars.

2 Le vole se fera par scrutin de liste et par arrondisement.

Chaque arrondissement nommera un conseiller par haque vingt mille habitants ou UC excédante de plus le dix mille.

30 Le scrutin sera ouvert de huit heures du matin à six ieures du soir. Le dépouillement aura lieu immédiatenent. |

4 Les municipalités des vingt arrondissements sont hargées, en ce qui les concerne, de l'exécution du présent rrêté.

Une affiche ultérieure indiquera le nombre des conseillers à lire par arrondissement.

Hôtel-de-Ville de Paris, 19 mars 1871.

(Suivent les signatures.)

Le bruit a couru que les portes étaient fermées et que l’on allait être affamé. Immédiatement nouvelle ffiche.

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