LE COMITÉ CENTRAL
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté, Égalité, Fraternité.
COMMUNE DE PARIS
Le peuple de Paris aux soldats de Versailles.
Frères !
L'heure du grand combat des peuples contre leurs oppresseurs est arrivée |
N'abandonnez pas la cause des travailleurs !
Faites comme vos frères du 18 mars.
Unissez-vous au peuple dont vous faites partie!
Laissez les aristocrates, les privilégiés, les bourreaux de l'humanité se défendre eux-mêmes, et le règne de la justice sera facile à établir.
Quittez vos rangs!
Entrez dans nos demeures!
Venez à nous, au milieu de nos familles. Vous serez accueillis fraternellement et avec joie. |
Le peuple de Paris a confiance dans votre patriotisme.
Vive la République !
Vive la Commune!
Le 3 prairial an 79.
La Commune de Paris.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté, Égalité, Fraternité.
COMMUNE DE PARIS
Comité de salut publie.
Le Comité de salut public arrête :
ART. 4er. — Les persiennes ou volets de toutes les fenêtres demeureront ouverts.
ART. 2. — Toute maison de laquelle partira un seul coup de fusil ou une agression quelconque contre la garde nationale sera immédiatement brûlée.
ART. 3. — La garde nationale est chargée de veiller à l'exécution stricte du présent arrêté.
Hôtel-de-Ville, le 3 prairial an 79.
Le Comité de salut public :
Ant. ARNAUD, BILLIORAY, E. EUDES, F. GAMBON, G. RANVIER.
Deux journaux seulement sont criés dans les rues le matin : le Vengeur et le Prolétaire.
Le Vengeur parait sur une seule feuille. Ce n’est pas un journal; c’est une affiche où l’on dit:
Citoyens, L’ennemi est dans nos murs!
Ils veulent vous opprimer après vous avoir vendus.
TU
Is r’échapperont pas à la colère de ce grand peuple qu'ils veulent asservir pour la seconde fois. … Déjà la généreuse population de Paris se lève indignée à leur approche; déjà la ville se hérisse de barricades ; déjà des soldats de la ligne, poussés de force contre nous, ont quitté les rangs des royalistes, leurs Oppresseurs, pour passer dans le camp des républicains, leurs libérateurs el leurs frères ; déjà les implacables ennemis du peuple reculent et se troublent devant la sublime fureur de l'héroique ‘cité, qui retrouve dans l'excès de ses maux le secret de ses victoires.
Ceux qui ont conquis trois fois la République sauront la conserver. |
Ceux qui auront fait la révolution du 18 mars sauront la défendre.
F. PyarT, A. RoGEARD, F. DECAUDIN, C. CLonox6, F. Bras.
Le Prolélaire, qui avait disparu, profite de la pénurie des journaux pour se remontrer, et insère un arucle signé David, dans lequel on lit :
Le moment est passé de monter la garde devant les comptoirs de marchand de vin.
Fermes, enfants, aux barricades, et réfractaire ou lâche que vous verrez ne rien faire, folle le; c’est votre droit et votre devoir ; agissez, agissons, etc., as
Une attaque formidable à lieu sur les buttes Montmartre ; elle a pour résultat de faire flotter le drapeau
tricolore sur la tour Malakoff et sur le Moulin-de-la à à Galette, vers deux heures de l’après-midi. 3 On avance toujours dans Paris. 4 Rue d'Hauteville, 11y à une barricade qui ne laisse pas que d’inquiéter fortement les habitants de ce quartier paisible. Dans l'après-midi on a pu avoir quelques nouvelles“ “par les intrépides, ceux qui osaient s’aventurer M cinq cents pas de chez eux.
On constate toujours la retraite des gardes natio- | naux harassés. Ti Quelques journaux paraissent le soir, et nous pou-« vons nous procurer le Tribun du Peuple, l'Avant- Garde et Paris-Libre.
Le Tribun du Peuple tint à parler en gros carac-" tères : |
Maintenant il ne s'agit pas seulement de résister, de renouveller Neuilly, qui ne pui jamais être pris, mais de” vaincre et vite.
Le plan Thiers est évidemment d'isoler les Batignolles et Montmartre, et d'occuper la butte. Delà, avec les hauteurs du Trocadéro, on tient la plus grande partie de Paris.
- Défendre la butte est élémentaire. Tout assaillant doit être non pas rejeté, mais précipité. Si l’on veille, un mou" vement tournant n’est pas possible.
(Cest précisément ce que l’on venait de faire quand paraissait ce journal.) |
On lancera probablement à l’assaut les sergents de ville
et les gendarmes. Avec un peu d'énergie, leur défaite est certaine. Reste la ligne !..
Souvenons-nous du 48 mars!
Au feu maintenant! Il ne s’agit plus de crier: Vive la République! mais de la faire vivre.