‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 81 sur 124 · LISSAGARAY · texte numérisé non relu

LISSAGARAY

Paris-Libre excite de toutes ses forces à la guerre civile et à l’extermination. Il termine son article-affiche de tête par ces lignes impudentes et mensongères :

Déjà les soldats, nos frères, reculent devant le crime qu'on veut leur faire commettre.

Un grand nombre d’entre eux sont passés dans nos

rangs.

Leurs camarades vont suivre en foule leur exemple.

Ces différents extraits des derniers journaux de la Commune, et qui sont comme le râle de la presse communaliste, donnent une idée de la tactique des chefs envers les fédérés. Ils leur disaient : « La ligne est avec nous. Tous ceux qui feront feu sur vous, ce sont des sergents de ville déguisés. Or, il n’y a que six mille sergents de ville, vous en viendrez à bout trés-facilement. »

Ils ont ainsi poussé à des massacres inutiles, sachant bien que l’armée de la France ne pouvait pactiser avec les bandits de Paris.

Car ils commencaient à se montrer dans toute leu“ ignominie, eux qui osaient appeler des honnètes gen“

leurs frères, et qui n'étaient que de miséräbles incendiaires.

Nous nous attendions bien à un désastre, mais*

non à une pareille catastrophe. La fin a été, on peut

le dire, plus terrible encore qu’on n’avait pu le pré-

Voir.

Dombrowski commande les forts de Belleville; les“ forts du sud sont sous l'autorité de Wrobleski; La

Cécilia refuse de marcher contre Saint-Augustin, 0c=

cupé par les Versailluis; Lisbonne le suit.

Dans la nuit du 22 au 23, la troupe se reposa ;" cle avait bien mérité son repos, mais il fut fatal &

Paris. Sentant que la victoire n’était pas pour elle, la Commune résolut de se venger. |

Le pétrole devint son agent le plus actif; partout les fuséens en apportèrent, enduisant les maisons,

jetant des matières explosibles dans les caves, don-

nant aux habitants, pour se reth'er, moins de temps qu'il n'en fallait pour descendre des étages élevés.

Là, le drame est dans toute son horreur.

Paris brüle. Ge sont les Tuileries, le Palais-Royal, le ministère des finances, celui de la justice. La poudrière du Luxembourg saute, et si tout Paris n’a pas été incendié par les bandes de la Commune, la faute n'en est pas aux fédérés, et l'honneur en revient à l’armée qui, dans sa rapide marche en avant, a pré-

servé des richesses artistiques et nationales que ne pouvaient apprécier les brutes françaises et cosmopohites qui tenaient le pouvoir dans Paris.

Le lendemain, la marche des troupes dans Paris s’accentue, et l’on commence à savoir où l’on en est. Dans les quartiers occupés, on se prépare à reprendre la vie habituelle ; mais dans ceux qui sont à prendre, plus la lutte se prolonge, plus la situation devient critique.

Ce jour-là, le 24, je dus rester chez moi : on se battait dans la rue et jusque dans la maison que j'habite. La maison fut tour à tour occupée par les fédérés et par la ligne. Les fédérés avaient voulu me faire marcher avec eux; la ligne, à son tour, me fit subir un interrogatoire pour savoir si je n'avais pas... 47ché, et je puis dire que ce fut une journée d'émotion qui ne me laissa pas un instant pour suivre la marche victorieuse des troupes et la retraite constante des fédérés. |

Un officier d'état-major m’apprit le résultat des combats : le général de Cissey s'était emparé du Panthéon ; à la mème heure, l'Hôtel-de-Ville est enlevé par la brigade Daguerre ; le général de Ladmirault, après s'être avancé jusqu'à la barricade de la porte Saint-Martin, s'empare des gares du Nord et de PEst.

De son côté, le général Douai occupe le Louvre.

Cest ce jour-là qu'aurait paru le dernier numéro

Ge REA à de lOfficiel de la Commune dont le Figaro à reproduit le contenu. &

Voici les deux dernières affiches de l'autorité pari=. sienne. La première, placardée le matin dans ce qui restait de Paris en la possession des insurgés, et la seconde dont nous n’avons rencontré qu'un seul exem=. plaire contre les murs de la caserne du Château-d'Eau

(Prince-Eugène) :

Ne

N° 397. REPUBLIQUE FRANC AISÉE Liberté, — Egalité, — Fraternité.

FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE. Comité central.

Au moment où les deux camps se recueillent, s'observent et prennent leurs positions stratégiques ;

À cet instant suprême, où tout une population, arrivée au paroxysme de l’exaspération, est décidée à vaincre ou à mourir pour le maintien de ses droits, |

Le Comité central veut faire entendre sa voix. :

Nous n’avons lutté que contre un ennemi : la guerre civile. Conséquents avec nous-mêmes, soit lorsque nous étions une administration provisoire, soit depuis que nous sommes entièrement éloignés des affaires, nous avons pensé, parlé, agi en ce sens.

Aujourd’hui et pour une dernière fois, en présence des malheurs qui pourraient fondre sur tous, |

Nous proposons à l'héroïque peuple armé qui nous a nommés, nous proposons aux hommes égarés qui nous attaquent la seule solution capable d'arrêter l’effusion du

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