‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 83 sur 124 · TN TEST · texte numérisé non relu

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— oil — terrasse du cimetiére du Pêre-Lachaise des batteries qui tiraient à toute volée sur la cité.

Les obus pleuvaient, trouant les toits, frappant les monuments, écrasant, tuant, brülant n’ SpA te où, n'importe qui.

Leur rage aveugle ne leur laissait pas le loisir de

pointer leurs pièces. Ils savaient que chaque coup portait... dans le las, et tandis qu’ils couvraient Paris de fer, leurs émissaires venaient inonder les caves des maisons de matières inflammables qui devaient incendier l’immeuble et faire rôtir les habitants. Si ces dévastateurs eussent possédé Montmartre, Paris n’eût été, avant la fin de mai, qu’un immense monceau de décombres; mais la direction militaire tenta un coup hardi et s’empara de ce point si important, dont la prise de possession était le signe évident de la défaite des fédérés.

En contemplant les ruines de Paris, en songeant aux événements qui viennent de s’accomplir, on se demande si réellement le mot civilisation n’est pas dénué de sens, et ne représente pas plutôt un rêve qu’une réalité !

Sur tous les tons on a dit que la France marchait à la tête de la civilisation moderne, et voilà le résultat !

Oui, nous avons trouvé l'électricité, la vapeur et tant d’autres choses ; mais il faut croire que l’homme est toujours le même, et que depuis Caïn rien n’est. changé en lui, sino l'enveloppe et l'apparence.

Le 26, reparurent plusieurs journaux victimes de

la Commune : le Paris-Journal, la Liberté, le Bien

public et le Siècle.

Seulement à ce moment, on a des détails authentiques sur le sort des otages détenus à la Conciergerie, à la Préfecture de police, et transférés à Mazas et surtout à la Roquette.

l'assassinat de M. Gustave Chaudey fut le premier connu. Îl remontait au mardi 23 mai, et avait eu lieu à Sainte-Pélagie : Raoul Rigault commandait le peloton d'exécution.

Après Chaudey, on sut à n’en pas douter que Mgr Darboy et le vénérable curé Deguerry avaient subi le même sort, mais seulement le lendemain mercredi. Ces exécutions, dans lesquelles furent compris M. le: président Bonjean, furent faites sous la direction de- Ferré, délégué à la sûreté générale.

On à cité un détail horrible :

En revenant de l'exécution, l'un des assassins dit à un de ses camarades, en parlant de M. Bonjean :

— Tiens, ce vieux, as-tu vu comme il s’est relevé ? il à fallu qu'on l’achève ! |

Le chef d'état-major du maréchal Mac-Mahon publie un rapport dont nous extravons ces détails :

État des personnes notables fusillées par la Commune

le mercredi 24 mai au soir, et renseignements sur leur exécution :

Msr Darboy, archevèque de Paris ; MM. Bonjean, prési-

RAR ne, 7 7

< — 313 — dent de chambre à la cour de cassation ; l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine; Ducoudray, père jésuite ; Clerc, père jésuite ; Allard, père jésuite.

Total : six victimes fusillées le mercredi soir, 24 mai.

Dans la nuit de vendredi à samedi, du 26 au 27 mai, quelques autres personnes ont encore été fusillées. Ce sont :

MM. Bengy, père jésuite ; Caubert, père jésuite ; Ollivaint, père jésuite ; Petit, secrétaire de l’archevèque ; Gard, séminariste ; Polanchin, prètre ; Seigneuray, séminariste ; Houillon, missionnaire ; Perny, missionnaire ; Sabathier, vicaire de Notre-Dame-de-Lorette ; Jecker, Américain, (Une autre dépêche l'appelle le banquier Jacquer.)

L'abbé Surat, grand vicaire de Paris, avait réussi à s'échapper, mais en traversant une barricade, un obus lui enleva la tète,

Les six premiers nolables ont été fusillés dans la prison, et leurs corps transportés a l’ancienne mairie du 20e arrondissement. Les seize autres, avec un groupe de trente-huit gendarmes, ont élé conduits au Père-Lachaise, dans la nuit, sous un prétexte de transfèrement, et fusillés.

Quatre autres, dont les noms sont inconnus, ont été fusiliés samedi. [ls faisaient partie de la liste comprenant vingt noms.

Il y à donc un total connu de soivante-quatre victimes.

Dans la journée de samedi, les prisonniers restant allaient être fusillés par la Commune, lorsque, à Pins- Ugation du gardien Pinet, de l’ancien personnel conservé par la Commune, ils se sont révoltés.

À cinq heures du soir, samedi 27, la Commune, prise définitivement de panique, s’est enfuie.

En résumé, 1l reste encore en ce moment à la pri- SON :

lo Cept militaires sortant des hôpitaux, etc., qui ont refusé de participer aux prises d'armes décrétées par la Commune ;

20 Quinze ART AT ES N

3° Cinquante-quatre sergents de ville, qui sont ainsi presque miraculeusement rendus à la liberté.

Les incendies contintent à la, Villette ; les impor-.

Lants magasins généraux flumbent, et de sinistres lueurs embrasent le ciel : l’horrible chose !

Le cœur est serré rien qu'en écrivant ces désas tres ! Qu'on Juge de ceux qui ont vu ces événements d'assez près pour pouvoir se vanter d’avoir fait la chaine à tous les incendies importants !

Nous avons quelque peu parlé de cette superbe Ligue d'Union républicaine à laquelle M. Bonvalet consacrait les loisirs que lui avait faits sa cuisine renommée au boulevard du Temple. Cette ligue a publié depuis un rapport, une communication au Siècle, datée du 26 ma, où elle cherche à prouver qu’elle à rendu les plus grands services, elle qui, sous l’égide de la Commune, dictait orgueilleusement des lois et menacait de sa colère le gouvernement légal réfugié à Versalles :

Si l’Assembléé restait sourde aux instances de la Ligue, et refusait de reconnaître les droits de la capitale, Paris se léverait tout entier pour les défendre.

LS La 0e» CU ES

Voir ce rapport aux documents (lettre S), duquel il résulte que cette ligue était sans force, ses mempres sans décision, et ses hommes inflûents plus près de la Commune que du gouvernement légal.

Aussi, quand M. Bonvalet a voulurentrer à la mairie du 3 arrondissement, a-t-il rencontré une opposition qui la forcé à se retirer au plus vite. Il en a été d’ailleurs de même de M. Tirard, le principal désorganisateur de la résistance au 23 mars.

Le 27 mai, la défense des derniers fédérés était concentrée dans Belleville même, et le 28 tout était terminé. |

On n'évalue pas à moins de dix à douze mille le nombre des fédérés tués sur leurs barricades. Les prisonniers sont excessivement nombreux. Ils ont été en grande parte dirigés sur Versailles ou sur le camp de Satory, d’où ils sont transférés dans les prisons de l'État. Le nombre des femmes arrêtées est relavement considérable : beaucoup, prises les armes à la main, assassinant de préférence les officiers, empoisonnant les soldats et mettant le feu dans Paris, ont été passées par les armes.

Le fort de Vincennes, qui était resté entre les mains des insurgés, s’est rendu à discrétion le lundi 29, à trois heures de l'après-midi. La garnison de Vincennes prisonnière était de quatre cents hommes. On y à trouvé quinze fonctionnaires de la Commune. Un commissaire de police cogstata leur identité.

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