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sang, tout en sauvegardant les droits légitimes que Paris a conquis :
4o L'Assemblée nationale, dont le rôle est terminé, doit se dissoudre ;
90 La Commune se dissoudra également ; £
30 L'armée dite régulière quittera Paris, et devra s’en éloigner d’au moins 25 kilomètres ;
%o Il sera nommé un pouvoir intérimaire composé des délégués des villes de 50,000 habitants. Ce pouvoir choisira parmi ses membres un gouvernement provisoire, qui aura la mission de faire procéder aux élections d’une Constituante et de la Commune de Paris ;
50 Il ne sera exercé de représailles ni contre les membres de l’Assemblée, ni contre les membres de la Commune, pour tous les faits postérieurs au 26 mars.
Voilà les seules conditions acceptables.
Que tout le sang versé dans une lutte fratricide retombe
sur la tête de ceux qui les repousseraient.
OQnant à nous, comme par le passé, nous remplirons notre devoir jusqu’au bout.
4 prairial an 79.
Les membres du Comité central, Mortau, Piar, B. LACORRE, GEOFFROY, GOUHIER, PRU+ DHOMME, GAUDIER, FABRE, THIERSONNIER, BONNEFOY, Lacorp, Tournois, PBAROUD, ROUSSEAU, LAROQUE, MARÉCHAL, BISSON, OuZELOT, BRIN, MARCEAU, LÉVÈQUE, CHOUTEAU, AVOINE fils, NAVARRE, HUSSON, LAGARDE, AUDOYNAUX, HANSER, SOUDRY, LAVALLETTE, CHATEAU, VALATS, PaTRIS, MOUGERET, MILLET, BOULLENGER, >ouiT, GRÊLIER, DREVET. |
Cette affiche passa complètement Imaperçue. Les endroits où elle était placardée, c'était le Paris de Ia
Commune, dans les quartiers dont elle était encore maitresse, et quand les soldats enlevaient une barricade, ils avaient autre chose à faire qu’à lire les placards. Derrière eux, le public les lacérait. |
Ces propositions, d’ailleurs, étaient absurdes et insensées.
Qui donc à pu croire qu’elles arrêteraient une armée triomphante et un pouvoir légal?
Dernière affiche. — No 398.
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
Liberté, Egalité, Fraternité.
COMMUNE DE PARIS
Ordre.
Faire détruire immédiatement tonte maison des fenêtres de laquelle on aura tiré sur la garde nationale, et passer par les armes tous ses habitants, s’ils ne livrent et exécutent eux-mêmes les auteurs de ce crime.
4 prairial an 79 (24 mai, 9 heures du soir).
La commission de la querre.
I n’y eut pas de numéro 399, — La Communé,.
suivie de tous ses comités, de salut publie ou autres, avait fini de légiférer. En comptant le dernier jour de la
lutte, l'insurrection à gouverné pendant soixante-douze |
jours, ce qui fait en moyenne cinq affiches et demie
sl NP
" À que la population était obligée de lire, d'apprendre
et de retenir par vingt-quatre heures.
Plus de la moitié de Paris est repris, mais partout l'incendie (1).
Le masque est jeté!
Les citoyens mettent le feu à la ville; les frères se montrent sous leur vrai jour : tout brûle! Sous le prétexte de défendre les barricades où d’en surveiller les alentours, les fédérés entrent dans les maisons, pillent, brülent, volent; ce qui échappe aux hommes n'est pas épargné par les femmes, par les pétroleuses. La Révolution de 93 donna naissance aux fricoteuses, dont le nom est resté historique; 71, pendant de 93, a eu ses pélroleuses.
De chaque coin de la ville, d’épais nuages de fumée s'élèvent, et de longues langues de feu léchent les monuments et les maisons qu’elles dévorent.
Paris! Paris!!!
En attendant les vrais pompiers, ceux qui accourront de partout ; les pompiers en blouse de Nanterre, dont on ne rira plus, et ceux en habit de Londres; en attendant ces soldats du dévoûment civique, dont quelques-uns resteront malheureusement au champ d'honneur; en attendant les hommes dévoués auxquels Paris en flammes n'aura pas fait un inutile appel, de faux pompiers parcourent Paris,
(1) Voir à l'Appendice la liste des monuments brülés, ainsi que des principales maisons particulières ou magasins importants.
al;
2 306 — | lançant des jets de feu et des tonneaux de pétrole sur les maisons désignées aux vengeances socialistes. ls ranhnent les brasiers à moitié éteints et augmentent la destruction.
Tandis que le feu est partout, on fusille dans toutes les rues, on se bat à chaque barricade. Les maisons que l’on à prises sont fouillées, la garde nationale est désarmée. Les poursuites contre quiconque a porté les armes se font avec une rapidité qui pourrait nuire à l'examen des cas, et l’on se demande avec épouvante si, dans ces jugements sommaires, dans ces exécutions précipitées, quelque honnête homme, quelque innocent ne paie pas la faute commise par d’autres.
La guerre est un fléau, et, comme tel, ne-compte pas ses coups, ne choisit pas ses victimes, et, dans
ces grands courants contraires — le courant vainqueur et le courant vaincu — on se demande où
s'arrête le premier, quand commence le second. |
Nous serons sobres et presque muets sur les prétendues exécutions de certains membres de la Commune et du Comité central, certains que nous sommes que la vérité n’est pas prête à sortir de ce fouillis de fusillades et d’arrestations auquel Paris est ou a été en proie; cependant, nous reproduirons le récit de l'exécution de Millière, qui a paru dans les jour-. naux, sous la garantie de M. H. de Montaut, le des-. sinateur de talent :
Millière a été arrèlé, jeudi malin, dans le palais du Luxembourg. On l’a trouvé caché dans les lieux. Millière a opposé une résistance des plus vives, car il a déchargé sur les soldats six coups de révolver.
Il était tête nue, pâle, effaré. Deux hommes le soutepaient par le bras; on le conduisit chez le général de Cissey, où il répondit avec assez de fermetéjaux questions qui lui furent posées.
. En sortant, il avait retrouvé du calme.
Il fut dirigé vers le Panthéon. Quand il arriva sur la place, il était soutenu par un capitaine revêtu d’un caban.
En gravissant les marches du péristyle, cet officier lui fit remarquer des traces de balles; c'était là que, l’avantveille, il avait fait fusiller trente gardes nationaux qui refusaient de défendre les barricades.
Puis il gravit le reste des marches, et, arrivé sous le péristyle, comme il se tenait debout, faisant face aux soldats, un officier l’obligea à se retourner le visage vers la porte de l’église, en tournant le dos à la troupe ; mais, par ordre, sans doute, d’un officier supérieur, on lui fit reprendre sa position première, en le forçant à se mettre à genoux.
Millière découvrit sa poitrine, et, levant en l’air le bras droit, cria à haute voix : « Vive la République! Vive le peuple! Vive l'humanité! Vive... »
Une décharge de chassepots lui coupa la parole ; il tomba inclinant sur le côté gauche.
Sa chemise était percée de balles à l'endroit du cœur, où apparaissait une large tache de sang. Une seule balle l'avait frappé à l'œil droit. Un officier s’approcha, se baissa sur le cadavre, et lui appliquant son révolver dans l'oreille, | fit feu Un sergent franchit à son tour les degrés et Jui lächa le coup de grâce dans la tête; le crâne éclata
— 368 — sin de en plusieurs morceaux, et Millière fut FOR défiguré.
Dans la journée du. 95 on prit le fort de Montrouge.
La redoute des Hautes-Bruyéres est surmontée du drapeau tricolore.
Les insurgés se concentrent à la barrière d'Italie. Leurs pertes sont considérables.
Le drapeau tricolore flotte à Notre-Dame.
Les insurgés sont constamment acculés dans les quartiers de Belleville et de Charonne.
On les chasse de chaque position.
À partir de ce moment nous ne voyons plus rien. La troupe, en s’avançant, empêche le public de tra-
verser ses lignes. Il faut se contenter d'interroger les
officiers et d’attendre le passage des prisonniers. Les récits les plus bizarres circulent et se propagent.
L'armée avancé toujours.
Ce même jour, une affiche fait connaître qu'à parlir de midi, la mairie du 7e arrondissement fonctionnera légalement; elle est signée Greymin.
Les incendies du Conseil d’État et de la Caisse des dépôts et consignations ont occasionné une véritable pluie de papiers brûlés sur lesquels on distingue parfaitement des comptes et des chiffres.
Ces papiers tombent à de grandes distances, même hors Paris,
Un seul journal est en vente sur les boulevards mornes et désolés: c’est la Constitution qui reparait.
Le sort des otages enfermés dans la Conciergerie, à Mazas, préoccupe tous ceux qui s'intéressent aux personnes emprisonnées.
Qu'est devenu Mgr Darboy”? le curé Deguerrv ? Gustave Chaudey? le président Bonjean? et cent autres moins connus, mais tout aussi intéressants?
Hélas! on ne devait lPapprendre que trop tôt : — ASSASSÈNES |
À ce sujet, notre ami Henri Delaage, qui à suivi au point de vue anecdotique et pllosophique les phases des drames partiels de la Commune, nous communique le détail authentique suivant :
Dans la nuit du dimanche 21 mar, Protot, Ferré et Rigault, venaient de passer la soirée au théâtre des Délassements-Comiques, — ce qui leur arrivait fréquemment — et, attablés dans le café du théâtre, ils venaient de commander un fin souper pour six. Trois des figurantes, dans les Contes des Fées, dé M. François Oswald, devaient les rejoindre après s'être déshabillées. En les attendant, les membres de là Commune faisaient la liste des otages qui devarent être fusillés le lendemain matin et jours suivants.
Les événements de la nuit changèrent leur projet, mais la liste servit néanmoins. Il était curieux de faire connaitre quand, où et comment elle avait été dressée.
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Pour Pédification de nos lecteurs, nous rapporte- « rons aussi la plaisanterie que le général Eudes s'était permise dans ses écuries — car il avait des écuries —"
où se trouvaient trois chevaux. Au-dessous des bocks, on lisait :
\ | - 1er CHEVAL. | de CHEVAL. ot CHEVAL.
THIERS due FAVRE | DUCROT
LA L TOR poussif, mord.
N'est-ce pas que cela est galant ? et cette appréciation chevaline d'hommes d'État n'est-elle pas spirtluelle, de bon goût, et l'indice d’un esprit fin et distingué ?
La résistance des derniers troncons de l’armée communale augmentait forcément l’acharnement dés com-
battants qui, dans leur exaspération d’être vaincus,
auraient, s'ils en eussent eu le pouvoir, fait sauter la France entière.
Ces égoïstes matérialistes ne voyaient qu'eux. Queleur
importaient les innocents et les inoffensifs? À la dernière heure tout le monde dut les servir, les étrangers comme les autres. En vain leur montraiton des papiers en règle, des passeports timbrés, siœnés et visés; la bonne plaisanterie, pour eux, ces sens hors la loi!
Pour que tout Paris porte la trace de leur colère, ils avaient installé sur les buttes Chaumont et sur la
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