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NoTE G (p. 173).
Liste des prêtres et des religicux arrêtés à Paris du fer au 20 avril 1871.
La liste que nous publious a été faite d’après les renseignements que nous avons pu nous procurer; elle est exacte, mais incomplète.
1er avril. — M. Blondeau, curé de Notre-Dame de Plaisance.
2 avril. — M. Crozes, aumônier de la prison de la Roquette.
3 avril. — Le R. P. Ducoudray, jésuite, recteur de l'école Sainte- Geneviève. — Les RR. PP. Clair, Chauveau Tailhan, de Régnon, - Biot, Guilhermy, jésuites. — Les RR. PP. Dominicains présents au couvent de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, gardés à domicile.
. 4 avril. — My' Darboy, archevêque de Paris. — Myr Sura, grandvicaire, archidiacre. — M. Lagarde, grand-vicaire, archidiacre. — M. Jourdan, grand-vicaire, arehidiacre. — M. Petit, secrétaire-céréral de l'Archevéché. — MN ‘elgé et Schapfer, secrétaires.
5 avril. — M. Deguerry, curé SAS Madeleine. — M, Moléon, curé de Saint-Séverin. — Le R. F Jlivaint, supérieur de la maison des Jésuites, rue de Sèvres; le P. Caubert, économe.
G avril. — M. Jcard, supérieur du séminaire Saint-Sulpice. — MM. Roussel et Hogan, directeurs. — M. Simon, curé de Saint-Eustache. — M. Regnault, vicaire.
7 avril. — M. Bertaux, curé de Saint-Pierre de Montmartre, — M. Oimer, vicaire, et les autres vicaires faits prisonniers au presbytère.
8 avril. — Le R. P. Bousquet, supérieur de la congrégation de Picpus ; onze pères et un frére,
9 avril. — M. Bayle, vicaire général, promoteur diocésain.
10 avril. — M. Miquel, premier vicaire de Saint-Philippe-du- Roule. |
11 avril. — Le F. Calixte, premier assistant des frères de la doctrine chrétienne. — M. Sabathiér. premier vicaire de Notre- -Dame-
de-Lorette.
13 avril. — M. Lartigue, curé de Saint-Leu, et tous les vicaires de Ja paroisse. — M. Bécourt, curé de Notre- Damb: de-Bonne-Nouvelle.
“Fans ie
4% avril. — M. Millaut, curé de ROUE — M. Chartrain, : second vicaire. — M. Corrier, prêtre habitué.
45 avril. — Un vicaire de Saint- Bernard-la-Chapelle. Ce |
46 avril. — M. de Geslain, curé de Saint-Médard. — M, Rossi gnol, premier vicaire, et plusieurs autres vicaires. — MM. Dumas, Normand, Cazaux et de Marcy, vicaires de Saint-Vincent-de-Paul. — M. Orse, premier vicaire de Notre-Dame-de-Plaisance, — Un « vicaire de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. — M. sue professeur au sé- | minaire Saint-Sulpice. à
49 avril. — Expulsion de chez elles des sœurs de Saint-Vincent- w de-Paul. |
20 avril, — MM. Perny et Mouillon, prêtres des Missions étransères,
11 faut ajouter les supérieurs, directeurs et professeurs du séminaire d'Issy, retenus prisonniers dans leur maison ; sept séminaristes * du séminaire de Saint-Sulpice, écroués à la Conciergerie; plusieurs Pères jésuites gardés dans leurs maisons des Moulineaux et de Vaugirard ; un bon nombre de prêtres arrêtés individuellement dans la # rue, ce qui porte à deux cents au moins le nombre des prêtres et des $ religieux arrêtés en l’espace de vingt jours. Sur ce nombre,-les uns ; ont été relâchés; les autres, en grande majorité, sont actuellement incarcérés dans les prisons de la Conciergerie, de Mazas et de la M Santé,
NoTE D (p. 176).
Déclaration au peuple français.
Dans le conflit douloureux et terrible qui impose une fois encore … à Paris les horreurs du siége et du bombardement, qui fait couler le sang français, qui fait périr nos frères, nos femmes, nos enfants L. écrasés sous les obus et la mitraille, il est nécessaire que Lopi- à nion publique ne soit pas divisée, que la conscience nationale new soit point troublée. RS.
Ï1 faut que Paris et le pays tout entier sachent quelle est Ia nature, : la raison, le but de la révolution qui s’accomplit. Il faut enfin que 4 la ne nide des deuils, des souffrances et des malheurs dont
nous sommes les victimes retombe sur ceux qui. après avoir trahi ;
‘la France ét livré Paris à l'étranger, poursuivent avec une aveugle et cruelle obstination la ruine de la capitale, afin d’enterrer, dans le désastre de la République et de la liberté, le double témoignage de leur trahison et de leur crime.
La Commune a le devoir d'affirmer et de déterminer les aspirations et les vœux de la population de Paris; de préciser le caractère du mouvement du 18 mars, incompris, inconnu et calomnié par les hommes politiques qui siégent à Versailles.
Cette fois encore, Paris travaille et souffre pour la France entière, dont il prépare, par ses combats et ses sacrifices, la régénération “intellectuelle, morale, administrative et économique, la gloire et la prospérité,
… Que demande-t-il ?
La reconnaissance et la consolidation de la République, seule forme de gouvernement compatible avec les droits du peuple et le développement régulier et libre de la société ;
L'autonomie absolue de la Commune étendue à toutes les localités de la France, et assurant à chacune l'intégralité de ses droits, et à tout Pinces le plein exercice de ses facultés et de ses aptitudes, €<omme-homme, citoyen et travailleur.
. L’autonomie Ne la Commune n'aura pour limites que le droit d'autonomie égal pour toutes les autres communes adhérentes au contrat, dont l'association doit assurer l’unité française.
… Les droits inhérents à la Commune sont :
Le vote du budget communal, recettes et dépenses ; la fixation et la répartition de l’impôt; la direction des services locaux; l’organiation de sa magistrature, de la police intérieure et de l’enseignement; l'administration des biens appartenant à la Commune ;
Le choix par l'élection ou le concours, avec la responsabilité, et le droit permanent de contrôle et de révocation des magistrats ou fonctionnaires communaux de tous ordres ;
La: garantié absolue de la liberté individuelle, de la liberté de conscience et la liberté du travail ;
L'intervention permanente des citoyens dans les affaires communales par la libre manifestation de leurs idées ; la libre défense de leurs intérêts ; garanties données à ces manifestations par la Commune, seulé chargée de surveiller et d'assurer le libre et juste exerice du droit de réunion et de publicité ; ka L'organisation dela défense urbaine et de la garde nationale, qui élit ses chefs et veille seule an maintien de l’ordre dans la cité.
et
Paris ne veut rien de plus à titre de garanties locales, à conditions bien entendu, de retrouver dans la grande administration centrale, délégation aés communes fédérées, la réalisation et la da des mêmes principes.
Mais, à la faveur de son autonomie, et profitant de sa liberté d’action, Paris se réserve d'opérer comme il l’entendra, chez lui, les réformes administratives et économiques que réclamé sa population ; de créer des institutions propres à développer et propager linstruc-
tion, la production, l'échange et le crédit; à universaliser le pouvoir
et la propriété, suivant les nécessités du moment, le vœu des intéressés et les données fournies par l'expérience,
Nos ennemis se trompent ou trompent le pays quand ils accusent Paris de vouloir imposer sa volonté ou sa suprématie au reste de la nation, et de prétendre à une dictature qui serait un véritable attentat contre l'indépendance et la souveraineté des autres communes.
Ils se trompent ou trompent le pays quand ils accusent Paris de poursuivre la destruction de l'unité française, constituée par la Révolution, aux acclamations de nos pères, accourus à la fête de la fédération de tous les points de la vieille France. 7
L'unité, telle qu’elle nous a été imposée jusqu'à ce jour par PEmpire, la monarchie et le parlementarisme, n’est que la centralisation despotique, inintelligente, arbitraire ou onéreuse.
L'unité politique, telle que la veut Paris, c’est l'association volontaire de toutes les initiatives locales, le concours spontané et libre de toutes les énergies individuelles en vue d’un but commun, le bienêtre, la liberté et la sécurité de tous.
La révolution communale, commencée par l'initiative populaire du 48 mars, inaugure une ère nouvelle de politique expérimentale, positive et scientifique.
C'est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du milita-
risme, du fonctionnarisme, de l'exploitation, de l’agiotage, des mo:
nopoles, des priviléges, auxquels le prolétariat doit son servage, la patrie ses malheurs et ses désastres. |
Que cette chère et grande patrie, trompée par les mensonges ets
les calomnies, se rassure donc!
La lutte engagée entre Paris et Versailles est de celles qui ne” peuvent se terminer par des compromis illusoires : l’issue n'en sau=<
rait être doutense. La victoire, poursuivie avec une indomptable énergie par la garde nationale, restera à l'idée et au droit. Nous en appelons à la France!
Avertie que Paris en armes possède autant de calme que de bravoure; qu'il soutient l’ordre avec autant d'énergie que d'enthousiasme ; qu'il ne s’est armé que par dévoüment pour la liberté et la gloire de tous, que la France fasse cesser ce sanglant conflit!
C'est à la France à désarmer Versailles par la manifestation solennelle de son irrésistible volonté. |
Appelée à bénéficier de nos conquêtes, qu'elle se déclare solidaire de nos efforts ; qu'elle soit notre alliée dans ce combat qui ne peut finir que par le triomphe de l’idée communale ou par la ruine de Paris !
Quant à nous, citoyens de Paris, nous avons la mission d'accomplir la révolution moderne, la plus large et la plus féconde de toutes celles qui ônt illuminé l'histoire.
Nous avons le devoir de lutter et de vaincre!
Paris, le 19 avril 1871.
La Commune de Paris.
Cette pièce a été rédigée par M. Pierre Denis, collaborateur au journal le Vengeur et au Cri du Peuple.
NoTE E (p. 181).
Destitution de M. Pilotell,
Le public s'est ému de certaines irrégularités qui auraient accompagné l'arrestation du sieur Polo.
Ce citoyen, arrêté en vertu d'un mandat régulier, sur présomptions graves de relations avec Versailles, à été mis en liberté, après instruction, pour insuffisance de preuves.
La mise en disponibilité du citoyen Pilotell a été motivée par des négligences de formes qui n'entachent en rien l'honorabilité de ce citoyen.
Le déléqué à la commission de sûreté générule, Raoul RIGAULT.
; Note E' (p. 185). IF CA (A
La suspension d'armes,
(Affiche rouge placardée dans Paris.)
SUSPENSION D’ARMES POUR L'ÉVACUATION DE NEUILLY PAR LES NON- COMBATTANTS , LE MARDI 25 AVRIL 1871, DE NEUF HEURES DU MATIN A CINQ HEURES DU SOIR.
Un armistice, en faveur de Neuilly, pour le mardi 25 avril 4871, de neuf heures du matin à cinq heures du soir, est consenti te les conditions suivantes :
Les troupes de Versailles et de Paris conserveront 1eQ positions respectives.
D'avance et en temps utile, les populations de Neuilly seroi it informées qu’il y aura une suspension d'armes pendant laquelle elles pourront abandonner le terrain de la lutte commune, pour aller résider où bon leur semblera, sans toutefois passer par le pont de Neuilly et l’intérieur des lignes des troupes de Versailles.
Les personnes résidant dans lesdites lignes, et qui ne seraient pas
admises à entrer dans Paris, se dirigeront vers Saint-Ouen et Saint- Denis. La route leur sera rendue Prancse par la cessation du feu
sur toute la ligne, depuis Neuilly jusqu’à Saint-Ouen.
I est entendu que, pendant l'armistice, aucun mouvement de troupes ne se fera, soit du côté de Paris, soit du côté de Versailles.
Si, par impossible, il en était autrement, si des mouvements ou reconnaissances se produisaient, la retraite serait battue par les troupes de Versailles, et réciproquement à Paris.
Les citoyens Loiseau-Pinson et Armand Adam, présents sur la limite occupée par les troupes de Versailles et de Paris, et qui y resteront pendant tout le temps de l'armistice, seraient dans ce, cas prévenus que tout mouvement d’émigration est suspendu et. que les hostilités vont recommencer, Je
Les citoyens Bonvalet et Hippolyte Stupuy, présents sur la même limite occupée par les troupes de Paris et de Versailles, et qui se-
Se MOSS ront venus de Paris, seraient à leur tour immédiatement prévenus par les citoyens Loiseau-Pinson et Adam.
Ces conditions sont approuvées et acceptées par le général commandant le premier corps d'armée et la Commune de Paris.
2% avril 1871, Les délégués près l’armée de Paris :
J. BONVALET, ex-maire du 3 arrondissement ; H, STUPUY, homme de lettres.
Les délégués près l'armée de Versailles :
Armand ADAM; LOISEAU-PINSON, ex-adjoint au % arrondissement.
De son côté, la Commune faisait afficher les deux plaards que voici :
Une suspension d'armes de quelques heures a été convenue pour iermettre à la malheureuse population de Neuilly de venir chercher ans Paris un abri contre le bombardement sauvage qu'elle subit epuis vingt-deux jours.
Le feu cessera aujourd'hui mardi, 25 avril, à neuf heures du ratin.
“IL sera repris aujourd’hui, à cinq heures de l'après-midi. Paris, 25 avril 1871.
La commission exécutive :
Jules ANDRIEU, CLUSERET, FRANCKEL, JOURDE,
Paschal Grousser, ProrTor, Raoul RIGAULT, ! VAILLANT, VIARD.