L. BOURSIER, COLLET, CHARDON, ROUX, P. HENRY
NoTE B (p. 173).
La police sous la Commune.
Suppression du BIEN PUBLIC et de l'OPINION NATIONALE,
C'est M. Pilotell, dessinateur caricaturiste, homme de lettres, qui est venu hier soir procéder, au nom de la Commüne, à la saisie du Bien public et de Opinion nationu'e.
Mais déjà la plupart des exemplai. :s tirés avaient été emportés par les marchands, et M. Pilotell du. e contenter de quatre ou cinq cents numéros.
Toutefois, la saisie du Bien public ne s'est pas seulément faite à l'imprimerie .: on a été chez les vendeurs, dans les kiosques ; on à arrêté les crieurs. Le butin n’a pas été grand: l'éveil avait été donné, et tout ce monde qui vit de la presse etait sur ses gardes.
Les agents ont mis en œuvre, sans plus de succès, un procédé fort ingénieux : chacun d'eux prend une petite fille à qui il donne 1 fr. ou 4 fr. 50, et la conduit devant le kiosque; l'enfant demande le journal pour son papa ; la marchande, sans défiance, tire un numéro; l'agent survient et saisit tous les autres.
Le zèle de ces agents les a même emportés à des façons tout à fait. impériales. L'un d'eux, sur le boulevard Montmartre, s’est avisé d’arracher le Bien publie à un passant. Mais la foule s'est amassée, et comme l'individu était en bourgeois, on l’a conduit au poste de la rue Drouot, où il a dû exhiber une commission d'agent, H continuait le métier dont il avait l'habitude sous l'Empire.