‹ Paris sous la commune--Chapitre 25 sur 65 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

26 mars.

16 avril.

Premier

Deuxième

j Troisième

Pas de résultat.

Sixième

Septième

1 Huitième

Pas d'élus.

1 Neuvième

Douzième

Treizième

Pas d'élus.

Seizième

Dix-septième.. .

Dix-huitième. . .

i Dix-neuvième. .

1 Vingtième

La différence est sensible ! Mettons que les trois arrondissements dans lesquels il n'y eut pas d'élus forment l'appoint pour donner au total du 16 avril un chiffre de 60,000 votants.

De 60,000 à 440,000, c'est 80,000 de moins.

Rien n'est brutal comme un chiffre, ni plus instructif aussi.

Que sont devenus ces 80,000 électeurs? — Ils ont quitté Paris ; ils sont allés bien loin, regrettant leurs premiers votes.

Sur ces 80,000, il faut aussi faire la part du... feu! de ceux qui sont morts devant Paris, dans ces quinze jours de combats.

Chez tous les membres du gouvernement du 4 septembre, des perquisitions sont faites.

L'explication s'en trouve dans cette décision de la Commune :

Considérant qu'il est important de connaître les agissements de la dictature du 4 septembre, et en particulier les actes qui ont amené la capitulation de Paris ;

Considérant, d'autre part, qu'à la suite de la révolution du 18 mars, une quantité de papiers, dépêches, etc., sont tombés entre les mains du peuple ;

Une commission d'enquête est instituée, ayant pour but le chercher tous les éléments pour établir la part de resoonsabilité qui incombe à chacun de ceux qui ont participé lux actes du gouvernement du 4 septembre.

Le citoyen Casimir Bonis est nommé président de cette ommission d'enquête ; il est chargé d'organiser cette com-

mission, et imite a procéder au plus tôt a la pùblicaiion des pièces les plus importantes. '^ '■' - f n*

Paris, le U avril 1871. :

M. Casimir Bouis. rédacteur chez Jules Vallès, veut une bonne récolte pour. . . ses papiers du 4 septembre.

Non seulement les églises et les domiciles privés sont envahis par les gardes nationaux, mais encore les maisons inviolables par excellence : les ambas-

La légation belge a été envahie arbitraireinent par des marins avinés et des soldats du 218^ bataillon. VOfficiel publie la note suivante :

Des faits graves se sont produits dans le S^ arrondissement.

Un certain nombre de gardes nationaux appartenant au 248® bataillon a osé envahir, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 56, l'hôtel delà légation de Belgique, et violer effrontément, avec les droits sacrés de l'hospitalité due par la France à tous les étrangers, les immunités diplomatiques respectées par tous les peuples civihsés.

Une enquête immédiate a été ouverte : quelques-uns des coupables sont arrêtés ; les autres ne tarderont pa{> a l'être.

Ils seront traduits immédiatement en conseil de guerre.

A la séance de la Côntimune, il fut t[uestiôn'de ce fait, et BenoisI Malon demanda que Fon blâmât ia

municipalité du 8*" arrondissement, qui n'avait rien empêché ni rien prévu, ^<^l^,,,^.^,,^^,,

M. Jules Âllix, le ridicule propagateur des escargots sympathiques/ se défendit de son mieux. L'état mental de ce membre de la Commune commence à 'donner des inquiétudes.

^ 'Tout ceci n'est rien à côté de ce qui va suivre.

On lisait dans Paris-Libre la dépêche suivante : ^^»/r«'.j ■'■niiiiiï

'Vrorino ^inm ,/iJKiioipj^^^ à guerre. Uu/iiû aîOf

Dombrowski m'apprend que des paysans cachés dans les maisons nous ont tué plusieurs hommes. ^'•''' Paysans pris et fusillés séance tenante.

.ih^hn^r,. uîj yjiajil HenRY.

Est-ce que la ^uesure (le rinfamie n'est pas comble? — • Des étrangers, des coureurs d'aventures, >' profitent de discordes civiles pour se mêler d'affaires

Iqùi ïïe^^tëâ^regaitlent pas/^ë& ^fusillent dés Frartçais ^ômmé'dès chietts!^^^^

C'est hontep! et je ne sais (jui il faut le jilùsjiccuser de ceux qui obéissen| à Dombrowski oude ceux I x^q^uite commandent. ^rtihAmrn? ^i^À'TDr

N'est-ce rien que la vie d'un paysan, et tout ce qui est rural doit-il donc être tué par la Commune? — Allons! c'est triste à dire, mais ce ne sont en général que des gens peu scrupuleuN^ qui font de tristes 1 besogne^, et les Polonais pouvaient nous éviter (l'a-

voir à les haïr autant que nous les avons aimés ; car c'est une nuée de Polonais qui attisent la guerre. — Les Wrobleski, les Okolowitz, les Dombrovs^ski ! — Il faudra nettoyer la France de ces étrangers qui n'ont adopté notre patrie que pour en vivre ou pour la déchirer.

VOfficiel a démenti cette dépêche, mais le journal le Paris-Libre^ qui l'avait publiée d'après une source officielle, a refusé de démentir ce qui malheureusement était trop réel.

Nous sommes arrivés à un moment où la répétition des mêmes événements amènerait forcément des redites ; or, même dans ce qui est de l'histoire, la variété est un attrait. Nous adopterons donc une forme moins rédigée, qui donnera, par sa sécheresse même, comme un aperçu plus réel de la situation.

Pour ceux qui sont dans Paris, ce qui se passe leur donne la fièvre : une fièvre qui va sans cesse en augmentant.

Trois lignes suffisent pour un fait, car dans le grand duel de Versailles et de Paris, on est au plus fort du combat.

Des deux côtés, pendant la dernière quinzaine d'avril, on croyait également à la victoire; mais dans les

premiers jours du mois de mai, en même temps que la prise du fort d'Issy, l'esprit de la Commune change; surviennent les complications : c'était la fièvre; voici le délire. Les convulsions de ce pouvoir à son agonie sont plus intéressantes que lorsqu'il se portait bien, ou qu'il en avait l'air.

La Commune se sentant malade, ne voudra pourtant pas succomber à la sueur de sang qui ratîaiblit et la tue ; c'est alors qu'il nous faudra de la place pour raconter ses derniers moments, recueillir ses derniers décrets et rapporter, avec son testament, l'histoire de ses derniers crimes.

Joui'née du 17 avriL

Rapports militaires. — Deux drapeaux ^ pris à Neuilly sur les Yersaillais^ sont portés à l'Hôtel-de- Ville.

Quel glorieux triomphe! l'un de ces étendards était un drapeau d'ambulance; l'autre celui d'un yacht américain, qu'un naturel des États-Unis avait arboré Il sa maison!

Prise du château de Bécon par les Versaillais. C'est le premier fait de guerre où l'avantage fut bien constaté en faveur de l'assiégeant.

Marine, — Le citoyen Lalappy, remplissant les fonc-

— lestions frairiiral... presque Suisse, publie l'ordre suivant pour le service des six canonnières de la Commune :

Les citoyens commandants devront être à bord à sept heures du matin ; ils ne quitteront le bord qu'à six heures du soir, après que le commandant chargé de la garde de de nuit sera de retour de son dîner.

Le matin, le branle-bas se fera à cinq heures et demie ; à six heures, déjeûner; à six heures et demie, propreté du navire; à huit heures, on hissera les couleurs; à neuf heures, branle-bas de combat et inspection ; de dix heures à midi, travaux journaliers ; à midi, dîner. De deux heures à quatre heures, exercices divers ; s'assurer que les armes sont en bon état; à cinq heures, souper; à six heures, le commandant règle le service.

Commune. — La Commune décide qu'un de ses membres ne pourra être chef de légion; puis elle publie l'arrêté suivant, rendu par la commission executive :

Arï. 1*^'^'. — Les armes des bataillons dissous seront immédiatement restituées aux mairies.

Art. 2. — Seront pareillement restituées aux mairies les armes des émigrés, des réfractaires jugés comme tels par le conseil de discipline.

Art. 3. — Les municipalités devront faire faire des perquisitions méthodiques par rues et par maisons, afin d'assurer dans le plus bref délai la rentrée de toutes ces armes.

Art. 4. — Toutes fausses déclarations faites par les conciero'es entraîneront leur arrestation immédiate.

, Aiilre (lécisioii, ; la place d'ilalie prendra le nom de place DuYal,^eJl.. souvenir du général de la Commune.

'n-- -■ ''/-'-^ ■ - " ''''•■' ^ ■ nCmT ^nartiale^ ^'S'ap^ujant tîUr une vérité digne

;ée M. de la Palisse : ^^^^^^-'?- - -r

« En présence de l' inipossibilité de traduire devant les conseils de qiierre de légion QUI N'EXISTENT PAS ,.PC0RE » .,, ,,..,, :. • ■ -

La commissipp-e^^écutive institue une cour martiale qui siégera tous les jours, à rhôtel des conseils "de guerre, rue du Cherche-Midi, Cette cour se compose dès personnages suivants :

Le colonel Rossel, chef d'état-major delà gûeri^è;

Le colonel Henry, chef d'état-major de la place;

Le colonel Razoua, commandant de l'École militau'e ;

Le lieutenant-colonel Collet, sous-chel' d'état-major du commandant supérieur Eudes;

Le colonel Chardon, commandant militaire de la préfecture de pohce ;

te lieutenant Boursier, memhre du Comité centraL

Barricade, — Deux cents ouvriers construisent une barricade place rie la Concorde, au coin de la rue Saint-Florentin.

An^'6to</o?i6'. ---.|L'abbé Orse, vicaire de Plaisance, <'st arrêté dans la nuit, ainsi qu'un des vicaires de

Saint-Bernard, à La Chapelle. Cette église et celle de Saint-Ferdinand, des Ternes, sont fermées. Les frères tenant l'école du Marché-Saint-Martin, rue Montgolfier, sont chassés de leur école.

Journée du 18 avril.

Guerre. — Tout va bien, comme toujours.

Cour martiale (1). —Elle débute par l'affaire d'un sieur Girot, chef du 1¥ bataillon, accusé d'avoir relusé de se rendre à la porte Maillot pour combattre. Il se défend en disant que s'il n'a pas conduit ses hommes où on le lui ordonnait, c'est qu'ils étaient exténués de fatigue et de faim.

La Cour prononce l'arrêt de mort, auquel le condamné répond par un ironique : « Merci, citoyens. )>

Communications offici...euses. — L'Officiel rassure Paris sur la probabilité d'un investissement prochain. Des marchés passés avec la Commune assurent aux Parisiens des vivres pour bien des jours encore.

Les parcS;, jardins et autres lieux publics de pro* menade sont remis à la disposition des promeneurs.

Bruit. — Le bruit avait couru que M. Ch. Lullier

avait reçu le commandement de la flottille.

(l) A la fin de ce livre, aux documents essentiels, on trouvera le curieux arrêt réglant la procédure et les peines devant la cour martiale (note A),

— Allons donc ! répond la Commune ^ est-ce qu'on peut donner un commandement à l'homme par la faute duquel, de son propre aveu, le Mont-Valérien est entre les mains de l'ennemi?

Lullier a protesté.

Décret communal sur les échéances :

Art. 1^^'. — Le remboursement des dettes de toute nature souscrites jusqu'à ce jour et portant échéance, billets à ordre, mandats, lettres de change, factures réglées, dettes concordataires, etc., sera effectué dans un délai de trois années à partir du 15 juillet prochain, et sans que ces dettes portent intérêt.

Art. 2. — Le total des sommes dues sera divisé en douze coupures égales, payables par trimestre, à partir de la même date.

Art. 3. — Les porteurs des créances ci- dessus énoncées pourront, en conservant les titres primitifs, poursuivre le remboursement desdites créances par voie de mandats, traites ou lettres de change mentionnant la nature de la dette et de la garantie, conformément à l'article 2.

Art. 4. — Les poursuites, en cas de non-acceptation ou de non-paiement, s'exerceront seulement sur la coupure qui y donnera lieu.

Art. 5. — Tout débiteur qui, profitant des délais accordés par le présent décret, aura, pendant ces délais, détourné, aliéné ou anéanti son actif en fraude des droits de son créancier, sera considéré, s'il est commerçant, comme coupable de banqueroute frauduleuse, et , s'il n'est pas rommerçont, comme coupable d'escroquerie. Il pourra être

poursuivi comivie lel, soit par sou créaucier, soit par le ministère public. (n)JdSî cîfôfo ■ 'tmmy

C'est k peine si l'on y lit quelque attention, quoique la Commune ait employé ^rand temps à élaborer cette loi. '^^ ^''^^ ""'^^^^'^^ ■''^'"

A côté de la sentence, l'exécuteur; à côté "des échéances, les huissiers. Le délégué à la justice, M® Protot, devant la fermeture volontaire de quelques études dlmissiers, juge nécessaire la création d'offices nouveaux, et les candidats peuvent se présenter sans la délibération d'arfomfteifttf du tribunal

Travcmx forcés, — MM. Lebaudy frèrésV <^pfôi^ tant une grande raffinerie de sucre à La Villelte, ont stispendu leur fabrication. La Commune leur 'demande des explications; ils ont répondu : (( Nos ôiivriers sont de la garde nationale. » Cette réponse n'a pas "sufti aux autorités communales : (( Si vous ne faites pas travailler, ont-elles dit à MM. Lebaudy, nous trouverons un moyen de continuer les travaux sans vous. )) m ^^\- ^^^i^n» '^»^^nl >^y.

L'attaque de la propriété privée se réglementera sous le nom de revendication sociale. L'outil doit être à l'ouvrier, disent certains doctrinaires; et quand Touvrier n'a pas su gagner cet outil, il le^py^nd : c'eît là leur logique sociale! ; -^cv

Mes tires arbitraires. — ÂiTestation de M. Polo, directeur de YËclipse, par le citoyen Pilotell, ex-dessinateur et ex-employé de M. Polo. — Mise de main sur l'encaisse.

Suppression des journaux le iSo/r, la Cloche, YOpinion nationale et le Bien public (1).

Malgré la défense de la Commune, V Opinion natioyiale et le Bien public paraissent.

Journée du 19 avril.

Décrets commnnaUiV. — La Commune décrète que les arrêts et jugements seront rendus au nom du peuple, et que les officiers de police et les gardes nationaux seront chargés de leur exécution.

Menus faits. — Une nouvelle perquisition a lieu chez M. Chaudey.

Des gardes nationaux du 123^ bataillon expulsent de leur couvent les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, rue Saint-Bernard (2).

Un délégué de la Commune se présente à F hôtel des Invalides, requiert la vaisselle plate et les couverts d'argent, et les fait transporter à l'hôtel de la Monnaie. La Commune, de cette façon, se trouve avoir

(1) Voir à la note B de curieux détails relatifs à la suppression de ces journaux.

('2) Voir à la note C la liste des prêtres arrêtés du 1er au 20 avril.

tout à coup dans sa caisse une centaine de mille francs de plus. 11 est vrai qu'en compensasion, le caissier de la mairie de Montrouge s'est sauvé avec sa caisse contenant 60,000 fr.

Les ateliers de la maison Cail lancent une nouvelle canonnière : la Voltigeuse.

Cour martiale, — Moins sévère que la veille, la cour martiale acquitte les prévenus qu'elle avait à juger : les citoyens Retterer (Jacques), vingt-huit ans, ingénieur civil, et Chautard, quarante-huit ans, gérant d'une société de plombiers, accusés d'avoir soustrait le timbre — non pas de l'Etat — mais du comité d'artillerie, ce qui avait amené du retard dans des envois de munitions, etc.

Commune. — A la séance d'aujourd'hui : discussion du rapport de la commission des élections, concluant à ne pas tenir compte du huitième des électeurs. Le citoyen Régère trouve cette loi du huitième ridicule ; beaucoup de ses cohégues sont sans doute de cet avis, puisque les conclusions du rapport sont adoptées par 26 voix contre 13,

Ont voté pour : les citoyens Alix, Amoureux, Ant. Arnaud, Babick, Billioray, Blanchet, Ghampy, E. Clément, Delescluze, Demay, Dereure, Franckel, Gambon, Paschal Grousset, Jourde, Ledroit, Martelet, Malon, Melliet, Protot, ^ Ranvier, Régère, Fc^oul Rigault, Urbain, Vaillant, Varlin. '^

Ont voté contre ; les citoyens Arthur Arnould, Avrial, Beslay, Clémence, V. Clément, Géresme, Langevin, Lefrançais, Miot, Rastoul, Vallès, Verdure, Vermorel.

Générosités communales. — Une décision prise par le directeur de l'assistance publique dit que les hôpitaux et hospices auront, à Tavenir, une salle de lecture où les convalescents, les blessés, les vieillards, trouveront les feuilles démocratiques qui défendent la République et propagent les institutions sociales de l'avenir.

Cette mesure a pour but d'annihiler les influences malsaines des écrivains et des livres réunis dans les bibhothèques officielles, et destinés à dégrader les âmes et à refouler toutes les aspirations patriotiques.

Les rédacteurs de journaux se sont associés à cette pensée et se sont empressés de promettre l'envoi gratuit à ces salles de lecture.

Le citoyen Treillard a trouvé le moyen de chasser les miasmes des hôpitaux, en mettant des journaux ( omme le Cri du peuple et le Père Duchêne dans toutes les salles : Vallès et Vermesch passés à l'état de désinferlnnt !

Journée du 20 avril.

Guerre, — Les fédérés font prisonniers soixante-neuf onneanx de jambon, de fromaçte et de lard. Leurs

affaires vont tellement bien, que Dombrowski demanda' un renfort de deux mille hommes.

La Commime a parlé. — Poussée à bout par ceux qui la soutiennent comme par ceux qui la combattent, la Commune se décide entin à dire ce qu'elle veut et ce qu'elle prétend faire. Elle ne s'adresse pas à Paris seulement, comme on pouvait le croire, mais au peuple ^français en général, et dévoile ainsi son but : changer la révolution communale en révolution sociale. On s'en doutait bien un peu; aussi cette profession de foi (1) ne surprend-elle personne, et ne parvient-elle qu'à faire hausser les épaules aux gens sensés, qui comprennent qu'il faut d'autres hommes que ceux qui régissent la Commune pour opérer le changement gouvernemental et social qu'ils^. se proposent. ^Vi;.^j,,„.

La Conumme en séance. — Le jacobin Delescluze trouvant que l'autorité communale se noie dans les commissions, sous-commissions, délégations, etc., etc., qu'elle a nommées, propose de confier le pouvoir exécutif aux délégués réunis des neuf commissions, lesquels formeront la dixième : la commission executive. Ces délégués rendront compte à la Commune, en comité secret, des mesures qu'ils auront arrêtées.

(1) Lire à la note D la Béclaratron au peuple françah

Cette proposition est adoptée, et Toji passe aux voix Sont nommé?

Guerre.. Cluserkt, par 42 voix sur 53 volants.

Finances. Jourde, •— ^3 ■— —

Subsistances .... .\ . . Viard, — 30 — —

Relations extérieures. GRomsEt, — :27 — —

Enseignement Vaillant, — 27 •— —

Justine. Protoï, — i7 — —

Sûreté générale. R. PiIGAULt, — 29 — —

Travail et échange... Franckel. Services publics ândrieu.

. ' Ce ministé'r'e '/l'un nouveau genre ne fera pas merveille.

Trrfp 'de /wHfcé:i'~-^Gl*ande colère du général Clusoret, qui trouve qu'on consomme beaucoup trop de projectiles dans les forts : celui de Yanves en a consommé à lui seul seize mille ! Aussi, le délégué à la i^uerre prévient-il les commandants qu'il ne leur délivrera de munitions qu'en raison du norahrc de coups alloués à chaque fort.

Ce nombre, quel est-il? Mystère qui ne se dévoilera jamais.

Léffi'on belge. — Jusqu'aux Belges qui s'en mêlent! Que ne restent-ils chez eux à absorber leur faro, plulot que de se mêler — avec les Polonais et autres — lie ce qui ne les regarde pas.

Journée du 21 avril.

Visites domiciliaires, - — Perquisitions chez M. Paul (le Richemont, ex-sénateur, administrateur du chemin de fer d'Orléans, rue d'Amsterdam, 82; chez M. de Mentque, ex-sénateur, rue d'Amsterdam, 84. Envahissement, par le 208® bataillon, des bâtiments servant d'exploitation à la Compagnie parisienne du gaz^ pour opérer la saisie des fonds qu'on pourrait y trouver. Le lendemain, soit honte, soit remords, la Commune — qui s'était rendue coupable de vol à main armée, crime prévu par les articles 381 et 385 du Code pénal — restitua à \'à Compagnie parisienne \'è'^,^{){){v.

La Commune en ballons, - — Plusieurs aérostats, construits sous le gouvernement ' du ^ septembre, étaient restés inactifs dans divers magasins. La Commune veut les utiliser soit pour le transport des dépêches, soit pour les observations militaires, et décrète la création d'une compagnie d'aérostiers civils et militaires. Ce projet, malgré sa destination, est tombé dans l'eau. On n'a usé que de ballons libres.

La Commune dans le pétrin, — Sur la demande d'une partie de la corporation des ouvriers boulangers, le travail de nuit est supprimé.

Encore une mesure inexécutable. Mais la Commune décrète et ne s'inquiète pas du reste. . ^

La Commune en séance, — Grande discussion à propos de V Officiel. Le citoyen Rastoul demande qu'il soit envoyé gratuit à tous ceux qui ont voté. Ce serait une bien délicate attention ; mais comme elle est impraticable, on passe. Plusieurs membres demandent qu'on mette cette publication à cinq centimes.

La Commune adopte, et ce n'est que le 14 mai suivant qu'un arrêté du Comité de salut public fit exécuter la mesure prise par la Commune ce jour-ci.

Démission de F. Pyat, qui a saisi les nominations illégales des nouveaux membres pour s'en faire une porte de sortie; mais cette démission, considérée comme une désertion, n'est pas acceptée.

Les électeurs du 10^ arrondissement lui écrivent pour le sommer de rester à son poste, et la lettre qui le décide est signée vm groupe de citoyennes!

Galanterie et prudence est la devise du citoyen yat.

Adjonction aux délégués-ministres de commissions jour contrôler et surveiller leurs opérations. Cette )reuve de confiance doit bien flatter la nouvelle comnission executive.

Journée du 22 avril.

La Commune et la médecine, — -La Connu une avait lié les étudiants en médecine de nommer dix délé-

gués. Les étmliaiils se réunissent dans rampliithéàtre de l'école, au nombre de deux cents, sous la présidence de Paul Reclus, et le résultat de leur discussion est qu il n'enverront pas de délégués à la Conn mune, ne voulant pas la reconnaître comme assemblée politique.

Cour ïriartiale. — Condamnation aux travaux forcés à perpétuité de deux capitaines du 105^ bataillon, pour refus de marcher à Tennemi. C'est un cas qui se présente assez souvent dans la garde nationale communale.

La Commune en séanee. — Les citoyens Vermorel et Régère se prennent de querelle au sujet de F. Pyal.

Le premier Taccuse, le second le défend. Tous les deux ont néanmoins entrepris une mauvaise cause, car si Vermorel use de haine, Réizère atténue avec trop de simplicité la conduite pleine de roueries de son ami Pyat.

Journée du 23 avril.

Guerre. — Les canons des fédérés rendent coup pour coup aux canons des Versaillais, et rien n'est changé dans la situation militaire des deux armées. — Tous les jours on se tue du monde des deux côtés.

La Commune eu minee, — La première (juestion

(lébatluc, est la destitution du sieur Pilotell comme directeur des Beaux -Arts et commissaire de police. Le citoyen Arthur Arnould demande que cette destitution soit publiée à V Officiel (1) , (( car il ne faut pas, dit-il, qu'on nous accuse d'être des voleurs. » La seconde question discutée est que chaque membre de la Commune pourra visiter les prisons et tous les établissements publics et militaires. Comme on le voit, les hommes qui ont Forgueil de croire tenir dans leurs mains les destinées de Paris et de la France ne peuvent pas mieux gaspiller leur temps.

Journée du 24 avril.

Bulletin militaire, — a Un bataillon de ligne met bas les armes à Asniéres, pour venir rejoindre les fédérés; mais avant qu'ils n'aient pu tomber dans les bras les uns des autres, six cents gendarmes se sont interposés. Aux forts du sud, un escadron de chasseurs s'est présenté, pour se rendre ; mais les fédérés, ne comprenant pas leur intention, tirent; les chasseurs se sauvent, étonnés de cette réception moins que fraternelle. »

Ce sont ces bourdes que Ton raconte aux défenseurs de Paris qui les croient.

Le général La Céciha visite la ligne de bastions de

(1) Voir à la noie E.

IcL Muette au Point-du-Jour, et revient enclianté de son inspection.

Décret commimaL -— Décidément, M^ Protot veut entièrement réformer la basoche, et la Comnmne de l\aris décrète :

Art. i^^\ — Les huissiers, notaires, commissaires-priseiirs et greffiers de tribunaux quelconques, qui seront nommés à Paris à partir de ce jour, recevront un traitement fixe. Ils pourront être dispensés de fournir un cautionnement.

Art. 2. — Ils verseront tous les mois, entre les mains du délégué aux finances, les sommes par eux perçues pour les actes de leur compétence.

Art. 3. — Le délégué à la justice est chargé de Texécution du présent décret.

Les myslh'cs de Saint-Laurenl. — Des laits nrystèrieux sont révélés au public par un article du Cri du Peuple :

On apprenait que des faits étranges se passaient dans l'église Saint-Laui'ent. Un officier d'état-major reçut la mission de s'y rendre et de les vérifier exactement.

A son entrée dans l'église, il vit différents souterrains ouverts, et grand fut son étonnement quand il aperçut un espace de plus de vingt mètres cubes remplis d'ossements humains.

Plus loin, quelques squelettes, remontant à une date plus récente, furent trouvés; après une minutieuse perquisition, on remarqua que ces squelettes appartenaient au

sexe féminin. Un cFeux surtout avait encore une chevelure abondante d'un blond cendré.

On se souvient qu'il y a environ dix années, une histoire de séquestration de personnes pesa sur le curé de Saint- Laurent; un homme oublié et endormi dans l'église avait été réveillé par des gémissements.

L'affaire, rapportée dans la presse, souleva rindi,L>'nation générale; des rumeurs circulèrent, mais le parti clérical, aidé par les écrivains du trône et de l'autel, soudoya des médecins, qui firent passer le spectateur de cette scène pour un halluciné.

Il y a là un mystère qu'il faudra éclaircir, une série de crimes qu'il faudra dévoiler pour l'édification des timorés et la confusion des hypocrites et des gens de mauvaise foi, qui blâment la mesure relative à la fermeture des églises.

JjC drapeau rouge à la Bourse, — Ce monument, élevé dans un des arrondissements les plus réactionnaires, c'est-à-dire des plus hostiles à la Commune, avait jusqu'à ce jour été préservé de Fornement torchon radieux (Victor Hugo) — adopté par ce gouvernement; puis la Commune prit possession de la mairie et procéda au désarmement des bataillons (le cet arrondissement qui n'avaient pas encore voulu lui donner leur adhésion.

\lmce et Lorraine. — Pour ne pas qu'on en ignore, le délégué à la guerre fait publier l'avis suivant :

Les Alsaciens et Lorrains aciiiellement dans Paris pe pourront êlre contraints au service de la Qarde nationale. Ils auront a produire la preuve de leur origine.

Le délégué à la guerre espère que le bon sens populaire le di^?pensera: d'entrer dans de plus amples détails sur les motifs de cette mesure.

: iLe bon sens populaire sait qu'Alsaciens et Lorrains ne sont malheureusement plus Français, et combien de Français voudraient être pour quelques jours Alsaciens et Lorrains !

Cette note fut imposée par les Prussiens, mirn

Bon gré ma/ r/ré. —^^^Soramation est faite par des gardes nationaux armés aux commis en nouveautés de la maison des Trois-Quartiers de quitter Taune pour prendre le chassepot.

Pareille expédition aurait eu lieu aux cerclas le Jockey et ITInion.

La Commune en séance. -— Le citoyen lligault, fort peu content du vote d'hier qui permet aux membres de la Commune de visiter les prisons, donne sa démission de délégué à la sûreté générale.

Grande discussion au sujet du secret auquel ,on soumet les prisonniers. Les uns l'approuvent; les autres le désapprouvent comme une chose immorale. Mais le secret est conservé, et le citoyen Cournet est élu par 35 voix sur 55, en remplacement du citoyen

liigault, conservé cependant conmic membre de la commission de sûreté générale.

Cour mar//a/^^. ,7--.,EUe avait échappé aux contrôles et sous-contrôles de la Commune, dont le système de défiance fait prévoir la discorde prochaine; mais on répare le temps perdu, et la Commune nomme une commission de révision composée des citoyens Clément, Dereure, Longuet, Meillet et Vallès, chargée de statuer sur les jugements prononcés par la cour martiale.

' . Journée du 25 avril.

SîisjmislM' d'nrmn^y^^^\'Vne suspension d'armes pour que le village de Neuilly puisse être évacué est consentie entre Paris et Versailles, pour aujourd'hui, de neuf heures du matin à cinq heures du soir. C'est le seul délai qu'on ait pu obtenir des belligérants (1).

La Commune réquisitionne tous les appartements vacants pour les mettre à la disposition des habitants des quartiers l)ombardés.

Lés Cliamps-Elysées et l'avenue de la Grande-Armée sont encombrés de voitures chargées de meu-

bles,' (le charriots traînant des sœurs de charité et

(1) Voir à la )ioto FlcRContlitions dn In. snsponsion fVnrmGS.

(les petites Jilles avec leurs coucliettes, de cominissionnaires avec des malles, de femmes avec un paquet d'effets à la main (1).

Entre eux, — Deux membres de la Commune, MM. Vermorel et Félix Pyat, s'invectivent de la belle façon, l'un dans le Cri du Peuple, et l'autre dans le Vengeur,

Et comme toujours, la galerie s'amuse des champions.

Les Prussiens se fâchent. — Au bruit qui s'était répandu de l'évacuation des forts du nord et de l'est par l'armée allemande après le paiement d'un demi- -^i milliard, le commandant du château de Vincennes fait armer les remparts de cette forteresse. Mais les Prussiens sont là et invitent la Commune à observer strictement la convention du 28 janvier.

La Commune obéit.

Législation, — Protot. — M^ Protot, toujours pressé p'ar le démon de la réforme , fait une loi basée sur trois principes :

Le jugement par les pairs ;

L'élection des magistrats;

La liberté de la défense (2).

(1) Voir à la note G le récit d'une visite à Neuilly.

(2) Voir à la note H\e décret in extenso.

D'après cette loi, le président ne résume pas les débals, ce qui d'habitude lui donne un faux air de; ministère public, et les citations de témoins seront sans frais pour les accusés.

Cmir martiale. — La commission de révision casse le jugement rendu par cette cour le 22, contre des officiers du 105^ bataillon, ce qui amène la démission du président Rossel et la disparition de ce tribunal, qu'on avait redouté beaucoup plus qu'il ne le méritait.

La Commune et le Mont-de-Piété. — La Commune s'est imaginée de retirer gratuitement pour les déposants tous les objets mobiliers, d'habillement et de travail engagés jusqu'à la somme de 50 fr. Ce projet n'ayant pas été envisagé au point de vue de la pratique et de la raison, la discussion est renvoyée après plus ample examen.

Clémence de la Commune. — La Commune, en raison des antécédents de pure démocratie du condamné, commue la peine capitale prononcée contre j le citoyen Girot, par la cour martiale, en dix ans de prison.

Cela lui aura, comme à tant d'autres, servi d'être démocrate.

Journée du 26 avril.

'Dire ' 'et ' fcvifè ' sont deilxl ' ^— ta déclaration ti& la Comiïùwàe^ M pëxi^le français d^i':^^ droits îrilléd rents à la Commune sont : là' garantie absolue de' (('^^la liberté individuelle; de la liberté de conscience ' r^ët dé la liberté dû travail;'» et la mairie dû 17^ àr-^ rondissement foit afficher un arrêté signé pai" quatre^ des signataires de la dédaraiion.àan^ lequel il est déclaré que « tous les citoyenè âgés de dix-neuf à qua- (( rante ans qui ne se seront pas présentés dans les (( quarante - huit heures seront considérés comme (( rélractaires, recherchés et livrée à la côûr niar-' r'ïîaïe?^)) nnunmw

Où est la liberté individuelle?

^''La €onimunc et la franc-maçonnerk: --^^ poussé la franc-maçonnerie à se mêler au conflit élevê^ entre Paris et Versailles? Qui lui a suggéré l'idée dé* se poser en médiatrice entre les deux camps? Sâné^ doûle,^des insinuations de quelques membres de la Commune, francs-marons eux-mêmes, qui, par leitractive propagande, ont réussi à se faire des partisans^ parmi les adeptes des loges de Paris, dans l'espoir que cet exemple serait suivi par la franc-maçonnerie entière. Le plan était certainement habile ; mais la Commune n'en a pas retiré le résultat qu'elle en'

espérait, et rintervention des francs-maçons dans ses affaires ne leur a fait fa,ire ni un pas en avant, ni un pas en arrière.

A quatre heures, une dcputation franc-maronnique se présentç à rHôtel-de- Ville. Elle vient déclarer aux membres de la Commune qu'ayant épuisé, auprès de, Versailles, tous les moyens de conciliation, la I franc-maçonnerie avait résolu de planter ses baninjère^; sur ^les .remparts de Paris, et que si une seule balle les touchait, les F.*. M.*, marcheraient d'un même élan contre l'ennemi commun.

^rC'était certes beaucoup s'avancer, et une pareille déclaration, que nous ne voulons pas supposer avoir été consentiq d'avance entre les francs-maçons et les communaux, devait produire sur ceux-ci et sur Paris un grand effet. ?'>lbirbr/ibr;

Le citoyen Jules Vallès, membre de la Commune, dans;un élan d'enthousiasme, donne son écharpe au

\-. Térifocq, l'orateur de la députation, qui lui as-

ure que cet emblème restera dans les archives de la

ranc-maçonnerie.

Après s'être congratulés mutuellement,' les francsimaçons et les, communaux se quittèrent enchantés les;-

uns des autres, et croyant fermement que leur entente

^a faire cesser la guerre civile.

Arbitrairçir.pTr Le général de Martimprey, gouveruuir cjes Invalides, presque impotent, est.arrcté.

Journée du 27 avril.

Hospitalité communale, —- Sans doute pour compenser le scandaleux envahissement de la légation belge, dont les coupables n'ont jamais été punis ni même recherchés, le citoyen Paschal Grousset. délégué aux relations extérieures, ce qui, dans le moment ac^r tuel, est un titre pour rire, rappelle dans une note a \ Officiel que : À

Les personnes et les biens des citoyens étrangers sont sous la garantie du droit des neutres et de l'hospitalité proverbiale de la France.

En conséquence, aucuns objets mobiliers, voitures, chevaux, etc., aucun appartement inscrit au nom d'un citoyen étranger, jouissant des immunités attachées au titre sacré d'hôte de la République, ne peiiverd et ne doivent être sujets à Téquisition.

Nominations. — Raoul Rigault est nommé procureur de la Commune.

Le citoyen Voncken (Adolphe), avocat près la cour • d'appel de Paris, est nommé président chargé des référés, des conciliations en matière de séparations d^' corps et des légalisations de signatures.

Rajïports militaires. - D'après V Officiel : Issy. — Feu violent.

Clamart. ■ — Pas de pertes.

Montroiige. — Peu de dégrits.

Xeuilly. — l?rise d'une barricade.

J^orte Maillot. — Un Wessé.

Asnières. — Feu violent; bonne contenance. Clichy. — Le bastion 42 démonte une batterie enijiçmie.

Assassinat d'un réfractaire. — Un ouvrier peintre en bâtiments, rue de Rennes, IM^^est fusillé par quatre gardes nationaux qui venaient le forcer à marcber.

Par contre, VOffLciel raconte :

Ce matin, à la Belle-Épine, quarante hommes du 185^ ba* aillon ont été menacés d'être enveloppés par deux compagnies de cavaliers versaillais. La plus grande partie des fé* iérés a pu se replier ; quatre gardes seulement, plus avancés [ué les autres, n'ont pu suivre le mouvement. Se voyant :ernés, ils ont, sur l'injonction de l'officier commandant une des compagnies, mis bas les armes, et aussitôt, sur un >igne' de l'officier, ils ont été fusillés. L'un d'eux a pu^ liourant, regagner les lignes.

La Comniune et les religieux. — On a pu voir de Ifuclle fanion la Connnune traitait tout ce qui avait un aractère religieux, catholique, ce qui ne rempéche )as de publier cette note impudente et fausse:

Les frères et les sœurs des écoles chrétiennes ont abanonné leur poste.

Nous espérons que cette lacune sera bientôt comblée, et que cliacun reconnaîtra que jamais occasion plus solennelle ne nous a été offerte d'inaugurer définitivement l'instruction laïque, gratuite et obligatoire.

L'ignorance et l'injustice font place désormais à la lumière et au droit.

Vive la Commune ! Vive la République [v '^^ ^^ ^ «• -;

Les maires suburbains. — ^Les maires aes localités environnant Paris sont venus faire une démarche en faveur d'une conciliation quelconque, car ils savent bien, ces braves campagnards, que ce sont leurs localités qui supporteront le plus fort de la lutte. ,; Résultat nul.

Le général Bréa devant la Commune. —Le citoyen Léo Meillet propose le décret suivant :

La Commune de Paris,

Considérant que l'église Bréa, située à Paris, 76, avenue d'ItaLe(i3^ arrondissement), estime insulte ^permanente aux vaincus de Juin et aux hommes qui sont tombés pour la cause du peuple,

Décrète :

Art. 1ci\ — L'église Bréa sera démohe.

Art. 2. — L'emplacement de l'église s'appellera place de Juin.

Art. 3. — La municipalilé du 13c arrondissement est chargée de l'exéculion du présent décret.

Le ciloyoïi Vcsiiiier, croyant juste de s'occuper de la victime en même temps que du bourreau, présente ramendcment suivant :

La Cormmune déclare, en outre, qu'elle amnistie le citoyen Nourri, détenu depuis vin^t-deux ans à Cayenne, à la suite de rexécution du TRAITRE Bréa. La Commune le fera mettre en liberté LE PLUS TOT POSSIBLE.

Ce projet de décret, combattu par Arthur Arnould et J.-B. Clément, mais appuyé par le citoyen Joliannard, mis aux voix, est adopté.

La Commune, consultée également sur Tamendement de Yésinier, décide sa prise en considération.

(Extrait de V Officiel du 28 avril 1871.)

Cet hommage , pubhquement et solennellement rendu à l'assassinat, souleva de toutes parts un mouvement de profond dégoût.

Nourri, Tassassin, transfiguré en sainte victime!

Le général Bréa, représenté sous les traits d'un bourreau !

CeS'-décrets, n'était-ce pas comme la légitimation d'assassinats plus récents, les généraux Lecomte et Clément Thomas?

Mais ce qu'il y eut de pénible pour celte Commune qui glorifiait l'assassin et condamnait la victime, c'est

que la mère de rsourri vint à l'Hùtel-de-Ville réplameiv.son fils : on lui donna une pension. !•'

Journée du 28 avril.

Deux millions), S. Y. P.? — Le plus joli coup de filet qu'ait opéré la Commune, c'est sa réclamation, auprès des cinq grandes compagnies de chemins de 1er, des impôts arriérés dus à l'État par ces compagnies.

Cette somme était répartie de la manière suivante :

La compagnie du Nord 303,000 fr.

La compagnie de l'Ouest. ... 275,000

La compagnie de FEst 354,000

La compagnie de Lyon 692,000

La compagnie d'Orléans .... 376,000

Total 2,000 fiOO'niu:w

Et encore j la Commune leur a-t-elle fait une boni* fication en raison des pertes qu'elles ont subies pendant la guerre avec l'Allemagne,

On n'est pas plus raisonnable !

Deux jours après la promulgation de cet arrêté/ la compagnie du Nord apportait, à la Commune les 803,000 fr. pour sa quote-part.

Comme on a dû se frotter les mains à l'Hôtel-de- Ville !

' Anxsïàtions! — !^, Lamontagne, notaire, rue Thérèse, 5, est arrêté/accuse d'être le notaire de M. le maréclial Mac-Mahon; M. Le Flem, professeur de littérature, rue de la Faisandene,^4v t^st emprisonné sous l'accusation d'avoir fait des signaux au Mont- Valérien ; rue Mansart, au n« ^7, un appartement loué" par le maréchal Razaine est dévahsé par dés lifardes nationaux.

Pauvres pêcheurs ! — La pêche, même à la ligne llottante, est interdite dans Paris.

La Commune, dans sa prévoyance, n'oublie rien.,

Défense in teneur e. — Une barricade se construit sous l'Arc-de-Triomphe de l'Étoile ; les fédérés enlèvent leur batterie du Trocadero, qu'ils auraient aussi bien fait de ne pas élever, puisqu'elle ne leur a été d'aucune utilité.

La Commune en séance. — Le citoyen Comliet, dit le peintre d'Ornans, veut que le délégué aux relations extérieures adresse un manifeste aux puissances européennes pour réclamer la reconnaissance des fédérés comme bellicférants. A cette aberration, le citoyen Paschal Groussot répond majestueusement : c( Qui oserait nous contester la qualité de <<; belligérants? L'Europe est fixée maintenant, et H quoiqu'il soit peu décent de la faire intervenir « dans nos luttes intestines, elle sait que si le carac-

(( tére de belligérants pouvait ^éti^^^fôffiéë ^îï^^^l^Vifi^^^^' a deux partrsy ée n'est pas â cëlm' d^ 'iH-tbriimù (ci^uî'est celui^^de-la loyàum-^^^'^^'^^' ^'^^^^^' ^^'"'-^ ^-'- >^La^e<jmmune 'a bien rfécr^ét6^\ïiii3 iB^^fteil dl^Htril est supprimé pour les boulangers. Màis^cl^^iérÉer et exéeuter sont deux, et le travail de nuit continue toujours. Atis^i; graves débats à cé^sujel^il semble qu'il s'agisse d'une importante question politique, et le citoyen Yermorel qui, sans doute, préfère le pain rassis au pain tendre, s'écrie qu'il ^e'rait injuste de laisser une classe intéï^ésf?à:nte de travailleurs seji^n^e de * \^ ' ëdc^iété ' au bénéiice^ âé Ycitisfocraïi& %i ^i^eàtré} ' Dé vrini: cette suprênie^ ritis6ri/''qiiî ïtiif^^ohge^ aiiP Béotiens, là Commune imain tient éôti ^lëcr^t, qui àurâ^ effet îi partir* du 2 mai, et le ventrii vefra ses arîstô^^ craïes cbatiés comme ils tè niérîtërttl ' nu.^

'Les marchmidk de vin pei^sëiMié^} ^^Orhr^ àWfûkYchauds de vin habitant Levallois, Clichy et Saiiit-Ouen^,S de fermer leurs établissements à partir de deux heures?'

Faute de se conformer à cet ordre, f autorité mili*^ taire se verrait dans l'obhgation de-^éw rigoùreiise^^f nient. uAhiAL 3i H>q ni niî\irA'

Jotlrnée du 29 ^^rtn. ^^^^ ^

Manifestation franC'rmiçonmqiie,-^ tasmagorie révolutionnaire à laquelle Paris assisté'

dejj)ui,^,d|éjà quarantQ-trais jours, ;CçLLe maaiifeslation n'e^t pas, Tundes, épisodes le moins eui:ieux(j).

Ces trois mille francs-maçons revêtus, de leurs insjgnps, marchant gravement, bannières au vent, et aj^lant .frpidjOment, courageusement, planter leurs bannières sur^des remparts que, tout le jour, des obus et (Jfîs balles rpitraillent, présentent un spectacle, imposant; aussi, la foule qui accourt ,çur leur passage les acclamç-l-elle par, les cris de : « ^[Ive la République!.)); auxquels se mêlent quelques « Vive la Commune! > Chacun, a confiance dans ces hommes qui^\:qnt exposer leur vie pour essayer d'épargner celle de, leurs semblables, et on souscrit à l'espoir que la fin ^e, 1?|| cpçç est prochaine. Vaine espérance, canle^ bannié:^'(^s çiç^^fraïiçs-maçons ont été, par Versailles, traitées comme. le,, drapeau, rouge de l'insurrection, et il ne pouvait en être autrement.

,^j;viyiç^ ijjla porte Maillot, ils se divisent en deux groupes dont l'un, le principal, formé de quarante francs-maçons environ, s'avance par la route qui fait face au Mont-Valérien, marche jusqu'aux remparts et plaOite les bannières de cRii^Kimètres en cent mètres jusqu'à la porte Maillot.

Trois délégués seulement ont permission de passer les lignes versaillaises, 011 ils sont reçus parle

(1) Voira la note 7 le récit publié par VOf/icicl s\xr l'arrivée à rUôteî-do'-'Vlire^de la rnanîféVthtion, ot sur son (léprtt'^pour la porto Maillai., • ' .îl^^ipi.i '/rrj;4*-i>i''^>'

i»éaéral Leclere,'ï|W-lcs cuiidiiit au gêiïéral Monlau^ (Ion (F.-.). Deux de ces délégués partent pour Versailles; le troisième revient à Paris, porteur de la planche suivante: ';*^^-^^^ ^-^î? noîtinA

^^ ■* - ' ^ - Gourbevoie, 29 avril 1871.

MMv=.-F.'., -iiHfM'.

M, le lieutenant-général nous envoie auprès de M. le chef du pouvoir exécutif, à Versailles. Jusqu'à ce que notre mission soit remplie, et jusqu'à notre retour, vous voudrez bien prévenir les citoyens membres de la Commune que l'autorité militaire entend qu'aucuns travaux ne soient exécutés du côté de Paris, comme aussi qu'on fasse bien attention de ne point ouvrir le feu, parce que, de son côté, elle ferait immédiatement tirer à son tour.

Les parlementaires délégués^

FABREGU5TTE, TÉRIFOCQ,, LeYAGQUE.

6'oM^/'é?-|}«/'/û'.~r Pendant ce temps, la lutte est fortement engagée entre Issy, Vanves et Montrouge pour les fédérés, et Meudon et Châtillon pour les Versaillais; de chaque côté, les morts et les blessés augmentent. C'est le seul résultat obtenu de part et d'autre.

Réformes, - L'intendance générale est supprimée ; mais comme la Commune a beaucoup d'amis à satisfaire, cette intendance sera remplacée par :

Un payeur général pour le service de la solde, un directeur de la Manutention pour le service des vivres, un directeur de Vhnbillenient, un dîrecfcerir du cmn-

— un) —

peaitîiUy un directeur des lits militaires, un directeur /desi hôpitaux, un directeur des approvisionnements- Un inspecteur général veillera à la prompte exécution des ordres.

Et fidèle à son système de défiance, la Commune nomme en plus une commission de contrôle.

Comme jusqu'à présent, sans doute, le système de la défense allait comme il voulait, sans règle comme sans ordre, le délégué à la guerre répartit les forces de la Commune en divisions et subdivisions, sous le commandenient des deux Polonais.^.gèiiéraux Dombrowski et Wrobleski . ' ^. :- . .

Frère contre frèr^.^irû::,^ On arrête un jeune homme de vingt-six ans ; on Tentraîne au fort d'Issy, malgré ses supplications pour aller auparavant prévenir et embrasser sa mère, et surtout malgré ses réclamations*, 'sbti frère étant actuellement soldat dans Tarméé dé A-ersailles.

Les sauvages sont moins féroces.

Neuilly n'avait pas encore assez souffert! Le maii^e a reçu l'avis suivant :

I PLACE DE NEUILLY. Neuillv, 20 avril 1R71.

État-Major. onARTiER général.

An citoyen maire de Neuilly.

Citoyen , Veuillez avoir robli2:eance (Vannoncer aux habitants do

votmr«jomniuue^ft'évaOite(i??'NeudiUy ^làns -les vîngt-qtoti'ë heures. ; ^ .lio^aoo hî'hI nO /nj*îi;q

^j^emllez en même temps les , prévenir que^,fetite par eux de se conformer à cette prescription, je rnpveri^aif^^^

d'employer les moyens .de rigueur. , , ,

■.!. ^.^ ■ >fit^iofHri ni) iiiojvob .^ivi .^o'i rA\i\]) Jmn

, Le gênerai en chef,

- î ^ BOMBROWSKI. . ^

olloon n\ivyi oa f)lj îu> uni yi-

Journée du 30 avril.

/v(3 fort cVIssy, — Entin, un pas en avant est fait par les défenseurs du droit. Le fort d'Issy, bombaMé à outrance les jours précédentsy est évacué par ^ liés fe^^ dérés.; Ceux-ci avaient essayé la veille de ^fortifier un peu à l'abri de^ CD qtii restait du reuipart^dé oètte^ft^ï^-î teresse; ils avaient plaeé une énorme pièce dé marine entre les deux casernes. Mais ces ouvrages ne purent tenir sous les feux croisés des batteries de"^ Châtillon, Meudon, Fleury et Glamart, auxquels ré- > pondaient en vain le Point-du-;fdur et les bastions (îo^ Vaugirard. ^^b njàb i

Après un combat de deux beurcs, les fédérés se replienfc^seai^^désordre, laissant un grand nombre^^de morts; le 161^ bataillon, de Ménilmontant, est éèrasé. Cependant, les- Versaillais n'occupent encore que les Moulineaux. Le feu continue, mais avec lenteur. Le ' commandant du fort disparaît; lôs fédérés sans diëf^ se désespèrent. Quelques officiers essaient de preridrep le commandement : ils ne sont pas écoutés; Iles aUer-

— mi: -

catioiîvS s'élèveBt : fies ^ias* veulent rester, les autres partir. On tient conseil, et il est décidé que les trois céïits fôdéréé qtii occupent Ib ■ fbrt rentreront dans PàÂ^/' (!è qùr lut %ÏÈ: Quelques entctés' — l'entete^^' ment, dans ces cas, devient de Théroïsme! — ^ restent néanmoins à leur poste, décidés à mourir plutôt que de fuir ou de se rendre. Mais, par on ne sait quelle cause, les Yersaillais u'^Qccupent pas. encore le fort d'Issy abandonné par sa garnison.

Armt^Mon :d(^ GI/mcrM'yr^ï)e\)\m le combat de: \Vi?seml)ourgj , le$ Français n'ont pas pu subir un éckee.Sjans xrierii la; trahison. Les fiklérés ayant quitté leur poste a Js$y(,;a}eiitrent clans Paris eni disant :

.rrm N.ous sommes trahis ! nous sommes trahis!

.»(4 >six lieures du soir, ,1e délégué a la guerre, le général Cluseret, est arrêté, accusé de connivence avec Versailles, ^^t-.eimprisonné à Mazas, dans la même cellule occupée^ par Bergeret/ir/^m^me^ ainsi que nous Tavons déjà dit.

B(ml(M.dola-om franc-maçonniquc. —

A dix heures du matin, les francs-maçons sont réunis dans la salle Dourlans, boulevard de Wagram, pour enlejulrcile rapport des deux délégués revenus de Versailles^^Ge -rapport est loin d^i présenter les conclusions que tout; le monde en espérait: M. Thiers a déclaré aux délégués qu'il n'avait rien à ajouter àilairéponsc

qu il avait déjà laite à la précédente délégation francmaçonnique. Donc, la lutte va recommencer plus ardente que jamais. Aussi, à cinq heures du soir, Paris est épouvanté par l'horrible canonnade qu'il entend : ca-^ nous, chassepots, mitrailleuses font vibrer l'air de leurs mortelles détonations. Jamais les Versaillais n'ont mis plus d'acharnement dans Tattaque ; jamais les fédérés n'ont mis plus de rage dans la défense. A neuf heures, le combat est à son apogée, et les habitants, terrifiés par le bruit du bombardement, contemplent avec stupeur le ciel teint d'une sinistre lueur rougeatre. Des obus versaillais ont mis le feu en différents endroits : aux Ternes, rue des Acacias, derrière la rue de. Presbourg, dans une carrosserie et à la barrière, de.f l'Etoile. Vers minuit, le calme se fait un peu; fédérés et VersaiUais s'arrêtent fatigués, et, comme de coutume, chacun est au même point qu'avant le combat.

Grand meetinfj. — Après la manifestation francmaçonnique, celle de Y Alliance répnblicaine des déjjartements, qui a convié à un grand meeting les citoyens des départements actuellement à Paris. A deux heures, trois mille personnes sont rassemblées dans la cour carrée dil Louvre (pavillon de Sully). Vue estrade ornée de draperies rouges est placée au milieu de la cour, destinée aux membres du bureau de ï Alliance républicaine. Après la lecture du manifeste de la ligue départementale, et quelques discours dans

lesquels on eiilencl les mots de Liberté, République, Ôonimiine^ M. Millièrè !* président , donne connaissance d* un document par lequel V Alliance réjmbli' caine adhère à la Commune. L'on décide ensuite que cette résolution sera portée immédiatement à l'Hôtelde-Yillë! Le cortège se met en marche, drapeaux rouges en tête; les manifestants avaient le nom de leurs départements soit à leur casquette, soit au bout d'un parapluie (il pleuvait), et vont, en cet équipage,

porter à la Commune le résultat, préparé dUivanee, \ \ ' V'Vi ' ,. -To'> jnMiH^Hnîin^ f^^ . '^

de la délibération.

Fédération artistique. — Après la fédération des

^artistes peintres, graveurs, dessinateurs, inventée par

le citoyen G. Courbet, qui s'est nommé à la majorité

absolue président dès artistes, vient la fédération des

nrtistes des théâtres et des concerts, dont le but est

île donner des représentations au bénéfice des blessés,

\(aives et orphelins de la garde nationale. Six cents

)(irsonnes font partie de ce bataillon qui sert la cause

le la charité, tout en offrant un refuge contre les com-

»agnies de marche à ceux qui préfèrent le commerce

les muses aux drames de la tranchée et du champ de

t.itaille.

La Commune dans le sel.

Le délégué au ministère de l'agriculture et du commerce lonne avis aux hoidangers qu'il tient à leur disposition, ac.

prix de vingt francs les cent /ri/of/nonmes, le sel néçes&aire à leur fabrication.

Le délégué au commerce et à ragrlcuUure,

VlARD.

La Commune dans V mtbai'rcisV—LQ^ aiï'aires intérieures n'ont jamais bien marché; mais ce qui est plus grave; les affaires militaires prennent une tournure tout à fait désavantageuse à ses intérêts.

11 faut vaincre ou mourir! C'est ralternative de toutes les rébellions et de toutes les insurrections. La Commune, qui a perdu l'espoir de vaincre/ en est à se convaincre que ses jours sont comptés, et que la défense de Paris ne saura pas être assez efficac^ pour la préserver d'une défaite totale AT'^rATî^TI'? wk

Chez les plus enragés défenseurs de la capitale, ifl y a de la lassitude.

La province, indifférente au mouvement parisien, l'abandonne et se désintéresse de lui.

La Commune, décidée a voir des traîtres partout, entraînée par elle-même, ira jusqu'au bout, emprisonnant, exécutant ses serviteurs en lesquels elle. aura mis toute sa conliancc.

Un échec devient un crime.

Les membres de la Commune sont trop compromis pour quitter la partie qu'ils ont jouée et qu'ils sont en train de perdre.

Pas de concihations ! Ils n'en peuvent vouloir. Trop de sanii' est versé !

^\ifi§ incapables, des fous, des ambitieux sans talent, des inconnus sans mérite, par-ci par-là quelques gens intelligents, voilà ce qu'a révélé pendant deux mois d'un pouvoir discrétionnaire l'assemblage des membres çlu Conseil communal.

L'ambition se comprend quand à coté d'elle on a l'inébranlable volonté de marclier devant soi; mais quand des révolutionnaires insultent aux principes dont ils sp dirent les défenseurs, leurs amis euxmêmes le|^ prennent en pitié, et ils ne récoltent par- '" tout que le mépris public.

rit

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