‹ Paris sous la commune--Chapitre 30 sur 65 · SÉDENTAIRES · texte numérisé non relu

SÉDENTAIRES

Officiers

Troupes

Ainsi, cil rassemblant les cliiiïres de' Mi-^Mayér', c'est donc de 0,507 officiers et 162,651 hommes que se compose reffectif paye des bataillons, car tous ceux qui recevaient leur solde n'étaient pas des rommunalistes enragés.

11 y avait beaucoup de gens gujj maiiipant^d vragc, faisaient la guerre à trente sous par jour, comme on fait un travail désagréable et mal payé, quand on a faim et que le chômage est grand, j

La loij?ur les hommes. .de 4lix«neuf à quarante ans avait moins pour but une levée considérable que rincorporation générale des Parisiens dans l'armée communale.

Si on empêchait la fuite des réfractaires, c'était moins pour augmenter l'effectif que pour mettre toutes les personnes sans ressources à la disposition du Comité central, en les forçant, pour pouvoir manger et circuler librement, à endosser le costume des bons citoyens . M

Si tout le monde était resté dans Paris, on aurait pu résister, former des centres d'action; mais les premiers partis — et ils furent nombreux — laissèrent les autres à la merci des plus forts, contre qui toute résistance à main armée était inutile et fatale à ses auteurs. '^^^'^^ (

La Commune, subissant les doctrines du Comité central à cet égard, légiféra tant et plus pour forcer les réfractaires à prendre du service; la carte de civisme était le moyen extrême pour s'emparer des derniers récalcitrants.

Il ne ftmdrait pas croire que les chiffres ci -dessus — cr hommes présents et en activité — soient ceux de l'armée coml)attante. On a fait marcher la sédentaire-

en plusieurs cas; mais par contre des compagnies de marche ont refusé de sortir.

Ce n'est que dans le 18^ arrondissement (Montmartre) que tous les gardes étaient volontairement de marche.

Quelques cliiffres en passant. Nous n'en sommes pas très-épris des chiffres; mais ils rentrent trop dans notre cadre pour que nous les négligions.

Donc, d'après les chiffres les moins élevés de Felfectif de M. Mayer, il y avait 162,651 hommes, recevant 1 fr. 50 par jour ; cela faisait donc 243,976 fr. 50

De plus, chaque femme, mariée ou non, recevait une indemnité de 75 cent, par jour, et chaque enfant 25. Pour faire une moyenne équitahle, je ne compte que la moitié des gardes avec un enfant; c'est donc la moitié de 162,651 a multiplier par 1 fr.^ soit 81,325 50

Viennent maintenant les officiers au nombre de 6,507. En les comptant l'un dans l'autre à 5 fr. par jour, c'est bien le chiffre minimum.

C'est ce que reçoit un sous-lieutenant en activité (un capitaine reçoit

A reporter 325,302

Uejjnrl ;;^:),30:>

7 IV. 50, el il y a autant de capitaines que de sous-lieutenants et de lieutenants), et en non activité 2 fr.

Var ces motifs, prenons le chiflre (le 5 fr. plutôt au-dessous de la

vérité. 32,535

Le rapport de M. Mayer accuse ;î,821 hommes dans les hôpitaux, locevant 50 centimes. Je mets la moyenne des malades à 3,000 hom-

I mes, soit. 1,500

Il y a maintenant les états-majors de tous les généraux, le grand étatmajor de ha place. Cela va bien, par jour, i\ 2,500

,iùi somme. . . . 361,837 fr. )>

MuUiphez par quarante et un jours, du 20 mars (je ne pas le 18) au 30 avril, et vous avez un total de 14,835,317 Ir.

l^e crédit dépensé a été, dans la même période, de 20,056,573 Ir. 15 c.

Oi\ je le demande à tout honuue sensé, est-il possible que le service de la guerre ait, pendant ces quarante et un jours, alimenté les magasins de la ma- .nutention des vivres, passé des marchés de ravitaillement, de poudre, fait confectionner et ])ay('' des elfels

'habilleinoiit et d'équijiemeiU, de manière h réliabiller à neuf— du képi aux chaussures — la plupart des bataillons de la garde nationale, avec la somme de 5,221,256 fr. 15 c?

Et les chevaux? Je ne parle pas de leur, achat, mais de leur nourriture. La guerre en accuse environ cinq cents à sa disposition; mais pour les transports, les services actifs et administratifs, il en faut au moins cinq mille. C'est encore, à 2 fr. par jour, 10,000 fr., multiplié par 41, qui font une dépense de 410,000 fr.

On a dû dépenser plus qu'on n'avoue, et l'on avait certainement moins d'hommes sous les armes que M. Mayer cherche à le faire croire. C'est ma conviction; et si je n'apporte pas h son appui une preuve irréfutable, il ressort des chiffres auxquels je viens de me livrer des présomptions très-fortes.

Si l'on m'objectait les provisions trouvées dans les magasins et les arsenaux, je renverrais les incrédules aux livres de l'intendance militaire du 18 mars. Il y avait pas mal, c'est vrai ; mais on a beaucoup acheté aussi.

Et je dirai que dans les dépenses journalières je n'ai pas compté les hautes paies données aux artilleurs de la Commune et à quelques autres corps priviligiés. Et les déserteurs ou prisonniers de Versailles cantonnés à la caserne du Chàteau-d'Eau? Oui les nourrissait? Ils étaient bien deux mille au moins. Et la marine, dont je n'ai pas parlé, qui a tant fait d^ 1)rnit et si peu

— tvs ~

j de besogne? — Et les ouvriers terrassiers emplo^és^ aux barricades avec clés fortes paies de 3 fr. 75 par

lour?

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