D^ ROUSSELLE
Avf restations . — Le.,, peuple fait tellement bonne gar dp, qu'un lieutenant de la garde nationale, le citoyen Barrois, arrête aux Tuileries M. Schœlcher., Lji^ Copmune ne l'a gardé dans ses prisons qu'un JQj:|j;^,.^ur les instancea cle^ ^a L^gue d'u^^ républicaine.
il Le même jour, étaient arrêtés M. Glais-Bizoin^ re-
(! lâché aussi le lendemain, sous la condition de ne I point quitter Paris et de se présenter de temps en temps à r Hùtel-çle-yUle ; M. Andréoli, rédacteur en chef de
V Observateur ; deux bonnes de M. Paul Fouclier au lieu de ce dernier, qu'on n'a pas trouvé; M. Clievriaux, proviseur du lycée de Vanves, ex-censeur au lycée Bonaparte, et gouverneur de l'Hôtel-de-Ville au 31 octobre 1870; enfin, M. Beaussire, professeur de philosophie au lycée de Charlemagne, coupable d'un écrit historique dans la Revîie des Deux-Mondes.
Un complot. — La Commune a découvert un nouveau complot ; c'est du moins ce qu'annoncent le Vengeur, le Rappel, le Mot d'Ordre et V Officiel:
Quarante-six gendarmes, déguisés eri gardes nationaux, sont découverts et arrêtés à la caserne des Minimes; des brassards tricolores devant servir de signe de ralliement sont saisis dans plusieurs magasins, et trois individus sont arrêtés dans le 8^ arrondissement, comme soupçonnés d'être les fauteurs d'un mouvement contre la Commune. Ces gendarmes, on l'a su depuis, étaient seulement au nombre de huit à dix, qui venaient porter à leurs femmes quelques vivres et de l'argent.
Visites domiciliaires. — Une perquisition est faite dans les bureaux de la Société générale, rue de Provence, 54. Les soellés sont apposés sur les caisses, et un poste est étabh en permanence dans l'établissement.
Dans le 9<^ arrondissement, des perquisitions sont
faites pour rechercher les réfractaires. Tout T arrondissement est cerné. On ne passe pas sans montrer aux sévères factionnaires qui gardent les issues que Ton est bon patriote, c'est-à-dire serviteur de la Commune.
Pendant que rien ne sort, on fouille dans les maisons, et tous ceux que l'on trouve ne paraissant pas avoir moins de dix-neuf ans ou plus de quarante sont internés dans l'église Notre-Dame-de-Lorette, transformée pour la circonstance en prison mihtaire.
Contradiction. — Une dépêche de la Commune s'exprime ainsi, en parlant du village d'Issy :
Le combat continue.
Nos pertes ne sont pas bien grandes.
Nous conservons nos positions.
Tandis que le colonel Brunel adresse aux membres de rilôtel-de-Ville la lettre suivante :
Citoyens,
Les troupes cantonnées au village d'Issy ont quitté hier leurs positions pendant que je me trouvais à Paris, appelé par le ministre de la guerre. Ces troupes sont rentrées à Paris.
Comme ce fait se rallie à une succession de causes qui se tiennent et sur lesquelles il est bon que le public soit
édifié, je demande à être mis en état d'arrestation et qu'une enquête soit commencée.
Recevez, citoyens, mes sentiments dévoués.
Brunel.
13 mai 1871.
De même que Rossel, Brunel se retire en demandant une cellule.
Bulletin militaire, — Les fédérés perdent le couvent des Oiseaux, à Issy, et évacuent le lycée de Vanves, ce que la Commune, dans ses dépêches, traduit par un succès pour elle et un échec pour les Versaillais.
Clvh de la Révolution. — Ce cluh, situé dans l'église wSaint-Bernard, rue AfFre (18^ arrondissement), dans sa dernière séance vote les résolutions suivantes :
lo Suppression de la magistrature qui a précédé , et anéantissement des codes ;
2» Suppression des cultes , arrestation immédiate des prêtres, comme complices des monarchiens, cause de la guerre actuelle ; la vente de leurs biens, meubles et immeubles, ainsi que ceux des fuyards et des traîtres qui ont soutenu les misérables de Versailles, le tout au profit des défenseurs du droit ;
3» Retrait du décret sur le Mont-de-Piété, son remplacement ainsi qu'il suit : les objets déposés au Mont-de- Piété seront rendus gratuitement ; y auront seuls droit les défenseurs de la cité, ainsi que les citoyennes, mères, filles,|
-iir.iti
é'dèiirsj épouses et femmes des citoyens morts pour la défense de Paris, qui justifieront de leurs droits.
4*^ Tout porteur d'une reconnaissance achetée sera passible de l'amende oa de l'emprisonnement, et verra sa reconnaissance saisie.
5« Suppression des maisons de tolérance.
'é» L'es travaux et entreprises pour la Commune devront être donnés aux difle rentes corporations ouvrières.
7« Exécution cVun otage sérieux toutes les vingtquatre heures^ jusqu'à la mise en liberté et V arrivée à Paris (kl citoyen Blanquiy no^mné membre de la Corn-
Si on laissait faire ces gens là, où mèneraient-ils la nation ?
La Bibliothèque nationale, — M. Benjamin Gastineau n'y va pas de main morte. Sur ses indications, le membre de la Commune délégué à l'enseignement, Vaillant, taille, coupe et rogne:
Vu les avertissements qui à plusieurs reprises ont paru dans le Journal officiel.
Sont considérés comme démissionnaires, pour cause d'absence, les fonctionnaires et employés de la Bibliothèque nationale dont les noms svivent :
Aumoitte, d'Auriac, Belliflfent, Bertal, Bréhant, Chabouillet, Chéron, Claude, Cortambert pèi^e, Cortambert (Richard), Courajod, Depping, Franck, Julien (Stanislas), Klein, Lacabane, Lavoix tîls, Marchai, Noël (J.), Paris (Paulin), Roussaux, Soury, Thierry-Poux et Zottenberg.
Il faut joindre ù ces noms ceux contenus dans l'arrêté suivant :
Vu les avertissements qui ont paru au Journal officiel^ Sont considérés comme démissionnaires, pour cause
d'absence, les fonctionnaires et employés de la Bibliothèque
Mazarine dont les noms suivent :
De Sacy, Philarète Chasles, Jules Sandeau, Moreau, Da-
remberg, Cocheris, L. Larchey.
Journée du 14 mai.
La Commune et sa police, — Le membre du Comité de salut public, Billioray, reconnaissant Futilité de la police, crée dans chaque mairie un commissaire central ; et les municipalités sont invitées à proposer au délégué à la sûreté générale les citoyens de leur arrondissement qui^ à leur connaissance^ seraient aptes à remplir les fonctions de commissaire de police.
Licenciement de la flotte, — Les Yersaillais, avec le fort d'Issy, la batterie de l'île Saint-Germain et une batterie de mortiers, dirigèrent leurs coups avec tant de précision sur les canonnières, que bientôt l'une d'elles, YEstoc, sombra. Les autres se retirèrent, et les marins qui s'étaient embarqués sont licenciés, après avoir été portés à l'ordre du jour, et envoyés aux remparts.
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Fort de Vanves. — Pendant que les troupes nationales réduisent d'un côté au silence la flotte de la Commune, de l'autre elles prennent le fort de Vanves.
Mais si V Officiel a annoncé le premier fait dans une note élogieuse, il se garde bien de parler du second, car le numéro du 15 porte en tête de ses rapports militaires, à la date du 14 mai :
\an\es.
Journée calme ; positions les mêmes.
Ce sont les mensonges du Journal officiel de la Commune qui sont toujours les mêmes.
Les citoyennes volontaires, — Sans doute , le 12® arrondissement ne compte pas beaucoup d'hommes dévoués à la Commune et dévorés du désir de s'enrôler sous le drapeau de la guerre civile ; mais il remplace ces défaillants par des bras moins mâles, mais plus énergiques. Qu'on en juge :
Aux gardes nationaux de la i2^ légion.
Un grand exemple vous est donné : des citoyennes, des femmes héroïques^ pénétrées de la sainteté de notre cause, ont demandé des armes au Comité de salut public pour défendre, comme nous tous, la Commune et la République.
Ce noble sentiment ranimera, je l'espère, le courage de certains hommes.
Le colonel commandant la 12© légion, heureux et fier
d'avoir à enregislrei? un pareil dévo A ment, a pris îb déci-l sion suivante : j
La i^^ compagnie des citoyennes volontaires ^er3iïxnmé4 diatement organisée et armée. \
Ces citoyennes marcheront à Fennemi avec la légion. Eli afin de stimuler Tamour-propre .de. quelques lâches, Icj colonel arrête : rfO'tr.vo'Mh n! y .^^lu*
1^ Tous les réfractaires seront désarmés publiquement, devant le front de leur bataillon, par les citoyennes volon taires ;
2** Après avoir été désarmés, ces hommes, indignes d( servir la République, seront conduits en prison par les citoyennes qui les auront désarmés.
La première exécution de ce genre aura lieu prochaine inent, avenue Daumesnil.*''^^^^**' '1
Vive la Commune ! Vive la République !
Le colonel commandant la i2^ légion,
Jules IVIONTELS.
Journée du 15 mai.
Les travaux de destruction avancent; la maison d M. Thiors est dévastée peu a peu; on travaille à s démolition avec continuité et lambinerie, comme s prenant plaisir à la chose, on voulût la faire dure longtemps.
La colonne Vendôme devait être jetée à bas ai jourd'hui. Une foule de badauds attendait cette chu< pour y applaudir, comme elle applaudit à toutes h chutes; mais la fête est renvoyée à demain.
- tri —
Il y a quelques jours, on réquisitionnait le pétrole et les huiles minérales; aujourd'hui, cela continue, mais ce sont d'autres produits :
Tous les détenteurs de soufre, phosphore et produits de cette nature sont tenus d'en faire la déclaration, sous trois jours, à la délégation scientifique, 78, rue de Varennes.
Le membre de la Commune, chef de la délégation scientifique,
Parizel.
Parodie de 93. — La Commune, depuis le complot qu'elle croit avoir découvert, voit des traîtres partout. Pour les reconnaître, elle édicté un arrêté qui rappelle les cartes de civisme qu'on délivrait sous la Terreur.
C'est le Comité de salut publie qui a publié ce décret dont voici la teneur :
Art. i^^, — Tout citoyen devra être muni d'une carte d'identité contenant ses nom, prénoms, profession, âge et domicile, ses numéros de légion, de bataillon et de com- \n pagnie, ainsi que son signalement.
Art. 2. — Tout citoyen trouvé non porteur de sa carie sera arrêté, et son arrestation maintenue jusqu'à ce qu'il ait établi régulièrement son identité.
Art. 3. — Cette carte sera délivrée par les soins des commissaires de police, sur pièces justificatives, en présence de deux témoins qui attesteroni, par leur signature, bien connaître le demandeur. Elle sera ensuite visée par la municipalité compétente.
Art. -4. — Toute fraude reconnue sera rigoureusement réprimée.
Art. 5. — L'exhibition de la carte d'identité pourra être requise par tout garde national.
Art. 6. — Le délégué à la sûreté générale, ainsi que les municipalités, sont chargés de l'exécution du présent arrêté dans le plus bref délai.
Hôtel-de-Ville, le 24 floréal an 79.
Le Comité de salut public.
Soit que les commissaires de police fussent introuvables, soit que la Commune reconnût qu'un fédère ne pouvait être à la fois au feu et à retirer sa carte d'identité, il ne fut pas donné suite a cette mesure.
Nominations. — Le citoyen Louis Redon est nommé directeur de l'hôpital Beaujon, en remplacement du sieur Montesson, qui a déserté son poste, (Officiel.)
Le citoyen Joseph Rieder est nommé directeur de l'hôpital ci-devant appelé Sainte-Eugénie, et qui portera désormais le nom iV hôpital des Enfants du Peuple. (Officiel.)
Sus ^aux journaux. — Suppression du Siècle, de la Discussion y du National, du Corsaire^ du Journal de Paris.
Beaucoup cV appelés , peu de venus. — Chaussée du Maine, Eudes et Piazza, relâchés par la Commune,
passent une revue; 8,000 hommes étaient convoqués : 2,000 hommes sont à peine présents.
Et la Commune proclamera le lendemain que tout Paris est pour elle.
Souricières nouveau modèle. — La Commune avait de trop bonne grâce autorisé les agences postales pour ne pas retirer quelque bénéfice de sa complaisance. Elle trouva que ces agences pouvaient, sans s'en douter, être d'excellentes souricières à suspects.
M. Paul Foucher envoyait sa correspondance à Y Indépendance belge par l'agence Gosselin, rue Saint- Honoré ; la Commune surprend ce détail , arrête le porteur de la lettre de M. Foucher, lettre dont elle s'empare, arrête une gouvernante qui vient demander des nouvelles du porteur, et va chez M. Foucher pour l'arrêter lui-même; mais il avait été prévenu et avait quitté Paris.
Les artilleurs fédérés. — Les batteries établies à Montmartre ouvrent leur feu; mais leur tir est si mal dirigé, que les obus vont tomber sur les fédérés, à CUchy. Cette maladresse coûte vingt-sept hommes à la garde nationale.
Division au sein de la Commxine. — L'opposition qui s'était formée au sein de la Commune, à propos de la nomination d'un Comité de salut public, s'était
icivoillée ciu rciiouvoUenientjde.ce ComiJ.é,5( et,^y^ijL^),ri^ une consistance délînitive à la discusi^ion j:|e$^,^^ou-^ voirs illimités que riIotel-de-Ville lui conférail:^.,:^,,
Deux partis naquirent de cet état de choses : la droite et la gauche^ la majorité et \^ minorité.
Celle-cij qui veut respecter les votes de la première, mais qui tient cependant à ponstater qu'elle ne les partage pas, fait publier par le Cm du Peuple nue déclaration dans laquelle elle explique les motifs de sa dissidence, et annonce qu'elle se retire dans ses arrondissements respectifs (1). frnoi.
L'intention de la minorité était, avant de livrer cette sorte de manifeste ii la publicité, d'en donner lecture à l'assemblée communale du 15 mai. L'absence de presque tous les membres de la majorité empêcha l'ouverture de cette séance. Et, pour ne pas que l'opinion publique se méprenne sur le sens de cette division, les membres composant cette minorité se sont servis de la feuille de Jules Vallès.
Il faut dire que l'on s'est fort peu ému de cette) division, qui, au milieu de toutes celles qui s'étaient déjà produites , n'avait aucune importance commep] aucune signiiication. 1
En conmientant les bulletins militaires de Versailles, qui annonçaient chaque jour la déhvrance prochaine, les discussions intestines de l'Hôtel-de-Ville passaient*
(1) Voir à la note 0 la déclaration de la minorité de la Commune/'
lie
inapeiviies/m'à%rë la réclame que leur faisait le Cn da Peuple y dont le rédacteur en clief appartenait à la minorité.
Arrestation. — Le colonel Masson, chef d'état-major du ministre de la guerre, est arrêté en vertu d'un mandat signé Ferré, délégué à la sûreté générale.
Motif non expliqué.
Journée du 16 mai.
Appel in extremis. — La Commune commence à sentir une vague inquiétude s'emparer d'elle. Elle n'a plus confiance dans ses seules forces ; avant de sombrer, elle s'accroche avec le courage du désespoir à sa dernière illusion : l'aide de la province.
Paschal Grousset, délégué aux relations extérieures, adresse un appel aux grandes viUes de France, pour qu'elles volent au secours de Paris.
C'est le premier cri de détresse de la Commune, qui ne rencontrera aucun écho, ni dans Paris, ni au dehors.